Entre le chef de l’Etat ivoirien et le président de l’Assemblée nationale, l’heure de vérité approche : chacun devra abattre ses dernières cartes et sortir de l’ambiguïté.

Par Thomas Hofnung (chroniqueur Le Monde Afrique)

LE MONDE

Depuis cette nuit de septembre 2002, où un groupe de putschistes tenta, sans succès, de renverser le pouvoir de Laurent Gbagbo à Abidjan, la question n’a jamais cessé de brûler les lèvres de nombreux Ivoiriens, et de les diviser tout autant : Alassane Dramane Ouattara (ADO) était-il de mèche, cette fameuse nuit, avec les hommes dirigés par Guillaume Soro ? Autrement dit, les rebelles faisaient-ils le « sale boulot » pour « ADO », écarté de la course présidentielle en 2002 pour cause de « défaut d’ivoirité » ?

Nombreux sont ceux qui, sur les bords de la lagune Ebrié, sont persuadés de l’existence, depuis le début, d’un deal caché entre ces deux personnalités. Pourtant, la relation entre deux hommes si différents, et que seule une même soif de pouvoir rapproche, est bien plus complexe que cela. A bien des égards, elle s’apparente à un théâtre d’ombres dont l’épilogue approche, comme tend à le prouver à l’arrestation récente d’un proche de Guillaume Soro. Souleymane Kamaraté Koné, son chef de protocole à l’Assemblée nationale, est accusé par la justice ivoirienne d’avoir dissimulé six tonnes d’armement à son domicile de Bouaké et d’en avoir obligeamment fourni une partie à des mutins, il y a quelques mois.
L’impétrant

Rien n’est simple, en vérité, dans cette histoire ivoirienne. Rappelons, pour commencer, qu’à la surprise générale, en mars 2007, Guillaume Soro signait les accords de Ouagadougou avec Laurent Gbagbo, avant de devenir son premier ministre. Le « meilleur » qu’il eût sous son autorité, dit même un jour l’ancien président, avec son sens consommé de l’humour mâtiné de perfidie.
A l’issue de la présidentielle tant attendue de la fin 2010, on se souvient que Guillaume Soro choisit son camp : il remit sa démission de premier ministre à Laurent Gbagbo, avant d’être immédiatement nommé… premier ministre par Alassane Ouattara. Et si Laurent Gbagbo avait gagné le scrutin à la régulière, quel choix Guillaume Soro, un animal politique à sang froid, aurait-il fait ? Peut-être bien que l’impétrant serait toujours à la tête du gouvernement.

Durant la crise post-électorale, les rôles furent bien répartis entre les deux hommes : à Alassane, le gouvernail politique, les tractations avec la communauté internationale pour tenter de débloquer la situation. A Guillaume, l’action concrète pour s’extirper de la « cage dorée » de l’hôtel du Golf, où se terraient Ouattara et ses partisans, et pour bouter Gbagbo hors de la résidence présidentielle de Cocody où il s’était retranché. La force, « c’est Guillaume qui gère », disait alors un proche d’ADO. A la tête de ses « com zones » (chefs rebelles), il parvint à ses fins, mais avec l’aide providentielle des forces françaises et de l’ONU à Abidjan pour capturer le président sortant et mettre ainsi fin à la pire crise qu’avait connue le pays en un demi-siècle d’indépendance.
Pas du sérail

En vertu de ses bons et loyaux services, Guillaume Soro attendait, après la réforme constitutionnelle de 2016 un poste de vice-président, pour mieux se positionner comme le dauphin putatif d’ADO. Il attend toujours. Et commence sérieusement à s’impatienter. Mais Guillaume Soro le sait : aux yeux des caciques du Rassemblement des républicains qui brûlent d’ambition de succéder au président actuel, il n’est qu’un accident de l’Histoire, qu’ils voudraient bien archiver définitivement. Soro n’est pas du sérail ni issu d’une vieille famille de l’aristocratie du nord du pays. Bref, il n’est pas du même monde.

Le pouvoir, Soro doit aller le chercher « avec les dents », et en se salissant les mains. Ses hommes sont responsables de nombreuses exactions et, à ce titre passibles de poursuites devant la Cour pénale internationale (CPI). Au fond, il n’est guère surprenant qu’il ait gardé des stocks d’armements sous le boisseau, à Bouaké ou à Korhogo. La peur qu’on inspire, c’est aussi une arme politique.
Après des années de clair-obscur, l’heure de vérité, donc, approche entre Alassane Ouattara et Guillaume Soro. Il faudra bien que chacun abatte ses cartes, et sorte de l’ambiguïté, forcément à ses dépens. Et l’on verra alors que la complicité supposée entre les deux hommes n’était peut-être que duplicité.

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Deux ans après, le coup d’État manqué au Burkina recèle toujours sa part de mystère. Notamment sur l’implication présumée de certaines personnalités politiques et militaires ivoiriennes.

 

Le coup d’État manqué au Burkina Faso n’a pas encore révélé tous ses mystères. Durant cette semaine de septembre 2015 qui a fait vaciller leur pays, les Burkinabè s’interrogeaient déjà sur le possible soutien extérieur dont auraient pu bénéficier les putschistes. Leurs soupçons se sont vite dirigés vers la Côte d’Ivoire, terre d’exil du président déchu Blaise Compaoré. Les liens des anciens dignitaires du régime de ce dernier avec Abidjan ne sont un secret pour personne. Aujourd’hui, ces craintes sont loin d’avoir été dissipées.

 

Le 8 octobre, le site d’information français Mediapart a en effet publié des extraits de l’ordonnance du juge d’instruction François Yaméogo, chargé de l’enquête au tribunal militaire de Ouagadougou. On y apprend notamment que le général Gilbert Diendéré a affirmé, lors de sa déposition, avoir reçu de l’argent et du matériel de maintien de l’ordre de la part de Vagondo Diomandé, le chef d’état-major particulier du président ivoirien Alassane Dramane Ouattara (ADO). Avec ces nouvelles déclarations, la question se pose : le plus haut niveau de l’État ivoirien a-t-il apporté son soutien politique et opérationnel aux putschistes burkinabè ?

 

Crise de 2015

Retour sur les faits. Le 19 septembre 2015, Ouagadougou est quadrillée depuis trois jours par les militaires du Régiment de sécurité présidentielle (RSP). L’ancienne garde prétorienne de Blaise Compaoré a pris le pouvoir par la force et installé son patron historique, le général Gilbert Diendéré, à la tête de l’autoproclamé Conseil national pour la démocratie (CND).

 

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Comme il le confie à certains de ses interlocuteurs, la situation est « un peu compliquée » pour Diendéré. Il se sent isolé et doit motiver ses hommes. Il ordonne alors à un hélicoptère MI-17 de l’armée de l’air d’effectuer un discret aller-retour à la frontière ivoirienne. À son bord : un équipage de quatre militaires qui ignorent tout de leur mission et le capitaine Gaston Ouédraogo, le chef du service administratif et financier du RSP.

 

L’appareil se pose à 500 km de la capitale burkinabè, à Niangoloko. Sur place, des gendarmes sécurisent la zone, tandis que deux 4×4 ivoiriens font leur apparition. Ils transportent des caisses de grenades lacrymogènes et une valise d’argent. L’hélicoptère redécolle rapidement après avoir récupéré sa précieuse cargaison. Retour au palais de Kosyam. « Les caisses de grenades lacrymogènes et la valise ont été chargées dans le 4×4 d’un officier du RSP, raconte un militaire présent ce jour-là. Le capitaine Ouédraogo est monté dedans, puis il a filé directement à l’état-major particulier de la présidence [les bureaux de Diendéré], situé à quelques centaines de mètres. »

 

Proches de l’ancien président Blaise Compaoré

Au juge Yaméogo, Diendéré assure que de l’argent a été donné à deux responsables politiques pro-Compaoré : Léonce Koné, vice-président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), et Hermann Yaméogo, le patron de l’Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD). À leur tour interrogés par le magistrat, ces deux hommes auraient reconnu avoir reçu la somme de 50 millions de F CFA (environ 76 000 euros) « d’une puissance étrangère ». Contacté par JA, Koné reconnaît avoir perçu de l’argent, « mais pas de l’étranger ».

 

C’est « totalement faux », confirme-t-il. En outre, Diendéré a dit au juge d’instruction avoir reçu 84 millions de F CFA après en avoir fait la demande au général Diomandé, destinés selon lui aux militaires du RSP. Au sein du régiment putschiste, très peu semblaient informés de l’existence de cette « aide », encore moins qu’elle serait venue de Côte d’Ivoire. « Nous n’avons jamais vu la couleur de cet argent, assure un ex-officier du RSP sous le couvert de l’anonymat. Nous avons même dû donner de notre poche pour aider certains soldats, car les banques étaient fermées. » Plusieurs sources évoquent pourtant des sommes allant jusqu’à 500 millions de F CFA.

 

Le discret  Diomandé

Évoluant dans l’ombre de leurs patrons respectifs depuis des années, Diendéré et Diomandé se connaissent bien. Très discret, voire effacé, ce dernier est l’un des militaires les plus proches d’ADO. Lorsque Ouattara était Premier ministre, de 1990 à 1993, il était son aide de camp. Écarté des premières sphères du pouvoir dès l’arrivée d’Henri Konan Bédié à la présidence, il est rappelé par le général Robert Gueï au lendemain du coup d’État de 1999.

 

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Mais ses origines ouest-ivoiriennes –  il vient de la région de Man, comme Gueï – ne le protègent pas de la défiance qui s’abat rapidement sur les pro-Ouattara. Interpellé à la suite du prétendu « complot du cheval blanc », en 2000, il est torturé avant d’être relâché. Lorsque la rébellion contre Laurent Gbagbo s’installe dans le nord du pays, en 2002, Diomandé reste à Abidjan. À l’arrivée des Forces nouvelles dans la capitale économique, en 2011, il apporte son aide, en partageant notamment son expertise militaire avec Guillaume Soro lors des derniers combats.

 

De nombreuses sources diplomatiques et sécuritaires écartent la possibilité d’une initiative personnelle de Diomandé

Sitôt installé à la présidence, ADO le nomme commandant du Groupement de sécurité du président de la République (GSPR) avant d’en faire, fin 2013, son chef d’état-major particulier. Le général devient à la fois conseiller et exécutant du président. « Il ne prend aucune initiative et répond aux ordres », explique un proche du pouvoir. Diendéré assure ne pas savoir si les fonds destinés aux putschistes burkinabè provenaient directement de Ouattara, mais de nombreuses sources diplomatiques et sécuritaires écartent la possibilité d’une initiative personnelle de Diomandé. « S’il a agi, c’est qu’ADO ou son frère [Téné Birahima Ouattara] le lui a demandé », dit un diplomate.

 

« Coup de pouce » ivoirien ?

Ministre des Affaires présidentielles, Téné Birahima Ouattara, gère notamment les questions sécuritaires et une partie des fonds de la présidence. Cet homme, qui n’apprécie guère d’être dans la lumière, connaît bien le Burkina Faso et Gilbert Diendéré. « Du temps de Compaoré, il faisait régulièrement des missions officieuses à Ouaga. C’est un personnage extrêmement discret et précautionneux. Il dormait à l’hôtel Laïco et ne voulait ni escorte ni voiture officielle. Il voyait quelques personnalités puis repartait », raconte un ex-proche de Blaise Compaoré. Sollicitée, la présidence ivoirienne a refusé de commenter l’affaire. Mais, dans l’entourage du chef de l’État, on dément formellement ces accusations. « Le président n’est pas mêlé à cette histoire et il n’a permis à aucun de ses collaborateurs de s’impliquer », assure un proche.

 

S’ils ne dédouanent en rien Guillaume Soro, ces nouveaux éléments font en tout cas sourire son entourage. « Nous savions depuis le début que la présidence avait décidé de donner un coup de pouce à Diendéré », affirme Sindou Meïté, l’un de ses conseillers. Le président de l’Assemblée nationale – dont les relations avec Alassane Ouattara se sont fortement dégradées ces derniers temps – était jusqu’ici la seule personnalité ivoirienne directement suspectée par la justice burkinabè d’être mêlée au putsch.

 

En novembre 2015, il était directement mis en cause par la publication de deux conversations téléphoniques présumées qu’il aurait eues avec le général Diendéré et Djibrill Bassolé pendant le coup d’État à Ouaga, dans lesquelles il soutiendrait ouvertement les putschistes. Ces soupçons avaient été renforcés par la découverte de 400 gilets pare-balles et d’argent liquide lors d’une perquisition de la gendarmerie dans sa villa à Ouaga 2000, très peu de temps après l’échec du coup d’État.

 

Écoutes téléphoniques

Mais Soro n’a pas été le seul à décrocher son téléphone. Nombreuses ont été les personnalités ivoiriennes à appeler le général Diendéré, comme l’ont prouvé d’autres écoutes téléphoniques captées par les services de sécurité burkinabè. Dans l’une d’entre elles, un homme présenté comme le général Soumaïla Bakayoko, à l’époque chef d’état-major de l’armée ivoirienne, conseillait ainsi à Diendéré « de mener l’action » pour faire basculer le rapport des forces. « Monte un truc bien. Quoi que ce soit, je ne sais pas [sic] », dit-il à son homologue burkinabè, avec lequel il a tissé des liens pendant la rébellion ivoirienne, dont il a aussi été le chef d’état-major.

 

« Bakayoko s’y rendait tous les mois pour rencontrer Compaoré, Diendéré et Bassolé », prétend un militaire français

Pour Bakayoko et les rebelles nordistes, Ouagadougou était alors une base de repli. « Bakayoko s’y rendait tous les mois pour rencontrer Compaoré, Diendéré et Bassolé », rappelle un militaire français. « La collusion entre les ex-responsables du régime Compaoré et les anciens rebelles ivoiriens est évidente. Ils se tiennent tous les uns les autres », poursuit un diplomate occidental. Très proche du couple Diendéré, le lieutenant-colonel Koné Zakaria, ancien commandant de zone (comzone), s’est lui entretenu avec Fatou, l’épouse de Gilbert, dans les dernières heures du putsch. Les deux se donnent du « mon fils » et du « la vieille ». « Ne vous en faites pas, ici vous avez beaucoup de soutiens la vieille ! […] Que ce soit en hommes, que ce soit d’autres… On ne peut pas tout dire. Mais c’était ma première fois de voir le général Bakayoko couler une larme [sic] », assure alors Koné Zakaria.

 

Kaboré a mis de l’eau dans son vin

Plus de deux ans après les faits, ces nouveaux éléments sur le soutien supposé d’Abidjan aux putschistes burkinabè peuvent-ils semer le trouble dans des relations qui commençaient à s’apaiser entre la Côte d’Ivoire et le Burkina ? « Les deux pays n’ont pas d’autre choix que de s’entendre. L’affaire du putsch a jeté un froid, bien sûr, mais depuis tout cela s’est tassé », pense un diplomate occidental en poste à Abidjan. Pour un homme d’affaires ivoirien proche du président Roch Marc Christian Kaboré, il y a peu de risques que la tension monte. « Ça fait un moment que les Burkinabè savent ce qui s’est passé pendant le putsch avec certains Ivoiriens. Aujourd’hui, le silence de Ouaga montre bien que c’est de l’histoire ancienne », estime-t-il.

 

Un temps agacé par ce soutien, Kaboré a rapidement mis de l’eau dans son vin. Réputé pour son pragmatisme et son sens du consensus, le chef de l’État burkinabè a joué l’apaisement avec Abidjan. Il a ainsi enterré le mandat d’arrêt international qui visait Guillaume Soro, laissant à la justice ivoirienne le soin de traiter ce cas explosif – ce qu’elle n’a toujours pas fait. En privé, Kaboré ne cache pas sa lassitude face au dossier du putsch. Il aimerait pouvoir le solder dès que possible, car il estime qu’il monopolise trop l’attention de ses compatriotes, en plus de compliquer les relations avec ses voisins.

 

L’exil de Blaise Compaoré sur les bords de la lagune Ébrié n’arrange en rien la situation. Pendant longtemps, l’entourage de Kaboré était convaincu que l’ex-président complotait contre eux depuis Abidjan. Le chef de l’État burkinabè s’est jusqu’à présent montré patient. Reste à savoir jusqu’à quand.

 

À quand le procès ?

Initialement prévue le 6 octobre, l’audience de confirmation des charges contre les Burkinabè Gilbert Diendéré et 106 autres inculpés, civils ou militaires, impliqués dans l’affaire du putsch manqué de 2015, débutera le 22 octobre. Cette phase de mise en accusation durera trois semaines et doit confirmer ou infirmer les charges retenues (attentat à la sûreté de l’État, trahison, crimes contre l’humanité, etc.)

 

La partie immergée des écoutes

Les différents enregistrements téléphoniques mettant en cause des responsables politiques et militaires ivoiriens dans le putsch manqué de septembre 2015 au Burkina Faso ont été captés par le système de surveillance mis en place sous le régime de transition par le Premier ministre Yacouba Isaac Zida et son ex-ministre de la Sécurité, Auguste Denise Barry. Alors que la situation était très instable à Ouaga, Gilbert Diendéré, ses proches et plusieurs militaires du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) avaient été placés sur écoute par les forces loyalistes qui se sont opposées au coup d’État. Cette surveillance téléphonique a rapidement révélé des contacts entre certains d’entre eux et des correspondants ivoiriens. « Quand nous écoutions, nous ne savions pas toujours qui était au bout du fil en Côte d’Ivoire », affirme un officier qui était au cœur de la contre-offensive loyaliste. Mais quelques interlocuteurs ont été facilement identifiés, comme Guillaume Soro ou le général Soumaïla Bakayoko. Plus d’une centaine de conversations auraient été enregistrées durant cette période, mais seules quelques-unes ont été divulguées par le premier cercle d’Isaac Zida et rendues publiques par différents médias ou via les réseaux sociaux.

 

Jeune Afrique

L’interdiction de la commercialisation et de la consommation du porc et des sous-produits dérivés ne concerne que la zone affectée de Ferkessédougou, a précisé jeudi soir à Abidjan, Dr Zoumana Méïté Anlyou, Directeur de cabinet du ministre ivoirien des ressources animales et halieutiques.

‘’Au début du mois de septembre 2017, des mortalités de porcs ont été constatées dans des élevages du Département de Ferkessédougou au Nord-Est de la Côte d’Ivoire’’, a expliqué Dr Méïté au cours d’un point de presse, relevant une ‘’mauvaise compréhension ou lecture’’ du communiqué relatif à la ‘’circulation du virus de la peste porcine africaine’’ publié la veille.

Les résultats des examens réalisés par le Laboratoire National d’Appui au Développement Agricole (LANADA) sur les porcs résiduels, se sont révélés positifs, confirmant ainsi la présence du virus de la peste porcine africaine, a-t-il ajouté.

Cette maladie affecte le capital animal des éleveurs, limite les possibilités d’intensification des élevages et opportunités d’accès aux marchés des animaux et des produits.

C’est pourquoi, a poursuivi le directeur de ce cabinet, ‘’ face à cette situation et en vue de circonscrire et d’éradiquer le virus responsable de cette maladie, des mesures urgentes suivantes sont prises’’.

Il s’agit de ‘’l’interdiction des mouvements, de la commercialisation et de la consommation publique des porcs et des sous-produits dérivés dans la zone affectée’’, du ‘’dépeuplement des élevages affectées ou à risque et abattages sanitaires des animaux sensibles’’ et de la destruction des carcasses et du matériel infecté’’.

La désinfection des porcheries, du matériel d’élevage et des lieux contaminés ainsi que la réactivation des groupements de défense sanitaire d’éleveurs de porcs sur toute l’étendue du territoire national figurent également sur la liste des mesures prises.

Une veille sanitaire a été également instituée sur toute l’étendue du territoire national, notamment dans les régions non touchées pour empêcher toute introduction malveillante dans celles-ci, des matières virulentes à partir des zones infectées et la mise en fonctionnement immédiate des postes de contrôle sanitaire.

Malheureusement, a regretté, Dr Zoumana Méïté Anlyou, ‘’cette information a été mal exploitée par certains organes de presse de la place faisant croire que le Gouvernement interdit la consommation et la vente de porcs en Côte d’Ivoire’’.

‘’Il n’en est rien. Nous tenons à vous rappeler que les mesures prises à travers le Communiqué de presse du 16 octobre 2017 relatif à la circulation du virus de la PPA ne concernent que les localités infectées dans le Département de Ferkessédougou’’ a ajouté le Directeur de cabinet, rappelant que cette même mesure a été appliquée en 2014 lorsque cette maladie est apparue dans le Département de San-Pedro (Sud-Ouest).

‘’Le Ministre des Ressources Animales et Halieutiques rassure donc les consommateurs et les acteurs de la filière que la consommation et la vente des porcs n’est pas interdite en Côte d’Ivoire en dehors du département de Ferkessédougou infecté par la maladie’’, a-t-il insisté, soulignant que la ‘’peste porcine africaine ne constitue pas une menace pour la santé de l’homme’’.

LS/APA

La procureure de la cour pénale internationale s’est exprimée, dans un entretien accordé au confrère ''Fraternité Matin'' du 17 octobre 2017, sur les accusations de complots révélés par Médiapart quant aux conditions de transfèrement de Laurent Gbagbo, à la Cpi.

 

Selon Fatou Bensouda, les allégations relayées par les médias n’atténuent en rien la gravité et la sévérité des accusations de crimes contre l’humanité auxquelles doit répondre Laurent Gbagbo eu égard au rôle qu’il a joué lors de la crise post-électorale 2010-2011. 

Ainsi poursuit-elle, la mission du bureau du procureur dans le cadre de l’enquête suivra son cours et ce dans le but de rendre justice aux victimes. « Le Bureau espère contribuer à faire jaillir la vérité au sujet des crimes et des actes de violence innommables commis après les élections en Côte d’ivoire, ainsi qu’à rendre une forme de justice aux milliers de victimes en cause » a-t-elle ajouté. 

Sans avoir de jugement sur l’exactitude de ces accusations, Bensouda reconnaît le statut de présumé innocent dont jouit l’accusé tant que sa culpabilité n’ai été établie. Il revient par conséquent à son bureau de convaincre les juges de la culpabilité de l’accusé. 

Elle a, par ailleurs, tenu à rassurer sur l’impartialité de la Cour contrairement à certaines appréhensions...

 

Autres Sources

 

 

Une campagne de désinformation sans précédent est orchestrée pour justifier l’intervention étrangère en Côte d’Ivoire et placer à la tête de ce pays, Alassane Ouattara, un larbin totalement dévoué aux intérêts des multinationales.

Ancien Dg adjoint du Fmi, ancien Premier ministre d’Houphouët-Boigny, en 1990, exécutant à ce titre du Plan d’ajustements structurels imposé par cette institution, plan qui a plongé, comme partout ailleurs, le peuple ivoirien dans une profonde détresse sociale, Alassane Ouattara est la marionnette nominée par les grandes puissances pour diriger la Côte d’Ivoire et veiller à ce que leurs juteuses affaires ne soient pas menacées par l’arrivée au pouvoir d’hommes incontrôlables. En dépit de leurs rivalités pour le contrôle du monde, les grandes puissances impérialistes française et américaine se sont entendues pour écarter Gbagbo coupable à leurs yeux de mener une politique nationale préjudiciable à leurs intérêts.

 

Après des années de tractations et de calculs savants les différentes forces en présence ont fini par accepter d’organiser une élection présidentielle dont le 2e tour s’est tenu le 28 novembre dernier. Ces puissances ont au préalable manœuvré de sorte à placer au sein d’une commission électorale qualifiée d’indépendante une majorité de représentants ayant pour mission de valider par tous les moyens une prétendue victoire de Ouattara. Au mépris de la Constitution ivoirienne qui prévoit que la proclamation des résultats électoraux est du ressort du Conseil constitutionnel, c’est donc cette commission qui a proclamé Ouattara vainqueur. Qu’importe qu’aucune preuve sérieuse n’ait été avancée pour certifier l’absence de fraude et la sincérité des chiffres donnés ! Les Usa, la France, suivis rapidement du Sg de l’Onu se sont dépêchés de proclamer qu’ils ne reconnaissaient que Ouattara comme nouveau chef d’Etat.

 

 

 La machine de propagande internationale s’est aussitôt mise en route pour accréditer l’idée que cette décision soi-disant conforme à la volonté du peuple ivoirien est celle de la «Communauté internationale». Ni la Chine, ni la Russie, ni l’Inde, ni de nombreux pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, qui forment ensemble les 3 quarts de la population du monde n’ont droit au chapitre. Bref, ne sont éligibles au statut de «communauté internationale», dont la parole vaut ordre exécutoire, que les Usa, la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, en somme la même poignée de puissances coloniales et impérialistes qui ont précipité par deux fois, les peuples dans une effroyable guerre mondiale pour faire main basse sur les marchés, les matières premières, le pétrole et le gaz.

 

Depuis la mise en route de leur machine de propagande et de mensonges, les agences de presse ne cessent de marteler les mêmes phrases stéréotypées que reprennent en boucle les télés, les radios et même les journaux algériens dans un réflexe aplaventriste devenu mécanique : «Ouattara est le président démocratiquement élu et reconnu par la communauté internationale après proclamation des résultats du scrutin par la Commission électorale indépendante». Quand le Conseil constitutionnel est évoqué, les agences de presse ajoutent systématiquement la mention «acquis à Gbagbo» pour enlever tout crédit aux résultats qu’il a officiellement proclamés.

 

Tout y est dit et Gbagbo doit quitter les lieux « avant la fin de la semaine » en vertu de l’ultimatum de Sarkozy. Ce dernier qui veut jouer le rôle de va-t-en guerre en chef contre les peuples ne lui pardonne pas d’avoir joué en 2002, les multinationales pétrolières américaines contre leurs rivales françaises. Un crime que d’avoir ouvert la chasse gardée des capitalistes français à d’autres ! Autre crime encore plus insupportable de Gbagbo : il a cette fois-ci osé ouvrir les routes qui mènent au pétrole du Golfe de Guinée aux grands ennemis que sont la Chine et la Russie ! Pour lui infliger la correction méritée, Sarkozy s’est décidé à faire aujourd’hui, cause commune avec les Usa. Ces derniers acceptent le marché tant ils sont d’accord pour mener les peuples à coup de drones et de missiles. Ils semblent d’autre part détenir des données qui les ont convaincus que Ouattara finira par échapper à l’emprise française et à basculer de leur côté.

 

Sarkozy qui a reçu l’an dernier Ouattara pour finaliser le plan de «débarquement» de Gbagbo et de reprise en main de la Côte d’Ivoire par son entremise est au contraire persuadé que la bourgeoisie compradore inféodée à l’impérialisme français constituera le meilleur rempart contre l’entrée des Usa sur les terres de la Françafrique. A condition cependant de commencer par nettoyer le terrain des «trublions» en obtenant dans l’immédiat l’éviction du Président ivoirien actuel quitte à l’envoyer, s’il persiste dans son nationalisme, dans une prison de La Haye pour «crimes contre l’humanité». Les services subversifs de l’impérialisme savent à perfection les provoquer comme ils l’ont montré en Yougoslavie au terme d’une série de manipulations de l’opinion internationale qui ont conduit à l’emprisonnement des dirigeants serbes opposés à la présence de l’Otan dans leur pays.

 

Par son intervention inhabituelle sur la scène internationale et la mise en garde préventive contre des crimes «anticipés», le président de la Cour pénale internationale n’aura fait que dévoiler un aspect de ce plan machiavélique étudié dans ses moindres détails. On aura saisi l’essentiel de l’enjeu des luttes en Côte d’Ivoire quand on a compris que le fond du problème réside dans les questions suivantes : qui va contrôler les ressources pétrolières découvertes au large de ce pays ? Quel est l’homme sur qui compter pour la perpétuation de rapports de domination et le maintien de la Côte d’Ivoire dans son état de néo-colonie, 50 ans après une indépendance formelle obtenue sans luttes ni sacrifices?

 

Au-delà de la Côte d’Ivoire, les néo-colonialistes ont surtout peur que l’exemple ivoirien fasse tache d’huile et que les peuples de la «Françafrique» se mettent l’un après l’autre à affirmer leur aspiration à une véritable indépendance en commençant par chasser les marionnettes de la grande bourgeoisie française. La référence «au respect du choix démocratique du peuple» est risible dans la bouche des dirigeants des puissances impérialistes qui ont couvert et soutenu sans état d’âme des dictatures cruelles dans le monde tant qu’elles font prospérer les affaires de leurs capitalistes. Dans tous les cas, même si Gbagbo a des liens étroits avec les socialistes français, lesquels n’ont brillé que par leur zèle à défendre le système néo-colonialiste, même si ses alliances passées laissent planer un petit doute sur les objectifs qu’il défend, la lutte qui s’engage entre les puissances impérialistes et la grande masse du peuple ivoirien, révoltée par l’arrogance des anciens colonisateurs et décidée à ne plus tolérer les rapports de domination et d’exploitation, cette lutte est en train de créer un mouvement d’ensemble qui dépasse les calculs mesquins des hommes politiques.

 

Ceux-ci n’auront servi en fin de compte qu’à jouer le rôle de détonateur dans une région devenue un enjeu stratégique dans la lutte pour le contrôle des ressources énergétiques africaines. L’impérialisme veut infliger une leçon aux peuples. Il veut couper court au processus libérateur ivoirien pour dissuader les autres peuples d’Afrique de prendre en main le contrôle de leurs ressources naturelles à un moment où la crise du capitalisme met aux abois la grande bourgeoisie.

 

Les peuples auront le dernier mot quelles que soient leurs éventuelles défaites temporaires dans la destruction d’un système impérialiste condamné par l’histoire. A supposer que Ouattara ait remporté de quelques voix les élections grâce au formidable appui financier et médiatique de l’impérialisme, la légitimité historique n’est pas de son côté. Elle n’est pas du côté des larbins des classes possédantes quand bien même une masse plus ou moins importante de gens trompées par la propagande des nantis et rivées à l’intérieur d’un horizon tribal et confessionnel borné leur accordent leurs suffrages. Elle est du côté du peuple qui secoue les chaînes de la domination impérialiste et des chefs qui dirigent son combat dans cette voie. Les grands bonds en avant des peuples vers le progrès ne se décident pas dans les urnes. En général, celles-ci ne font qu’entériner les processus d’émancipation déjà accomplis pour l’essentiel. Le devoir des forces de progrès est de soutenir la lutte des peuples pour leur libération nationale. De toute évidence, celle-ci ne fait que commencer en Côte d’Ivoire.

 

Kader Badreddine

 

Source: Alger Républicain du 23 décembre 2010

 

L’élargissement des enquêtes de la CPI à la période de 2002, au-delà des manigances de nageur en eaux troubles du procureur Ocampo, est une occasion pour exercer notre devoir de mémoire collectif. Notamment en ce qui concerne les populations de l’Ouest qui ont vécu les affres des crimes odieux commis par les hommes de Soro depuis 2002. Un rapport produit par la ministre des Droits de l’Homme le 12 décembre 2002, aujourd’hui présidente de la Commission nationale des droits de l’homme (son maintien par Ouattara indique qu’il approuve son travail passé) fait la lumière sur les atrocités des rebelles en moins de trois mois de conflit. Au nom de la lutte contre l’impunité, et pour faire droit aux victimes de Soro, nous publions ce rapport, à verser à la CPI.

Dans un rapport publié le 12 décembre 2002, au nom du Gouvernement Ivoirien, le Ministre Délégué aux Droits de l’Homme a fait un bilan partiel de la situation des Droits de l’Homme depuis l’agression barbare perpétrée contre la Côte d’Ivoire dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002. De nombreux témoignages concordants, recueillis auprès de témoins ou rapportés par la presse, ont permis de se rendre compte de plusieurs cas de violations graves des Droits de la Personne Humaine commises par les rebelles du MPCI (Mouvement Populaire de Côte d’Ivoire) dans le Nord et le Centre de la Côte d’Ivoire, à savoir :

 

• Les violations du droit à la vie (exécutions sommaires de populations civiles et militaires),

 

 

 • Les tortures et traitements cruels inhumains et dégradants (viols, tortures et mauvais traitements, administration de substances nuisibles à la santé),

 

• Les violations du droit au respect de la vie privée (violation de domiciles),

 

• Les violations du droit à la libre circulation,

 

• Le travail forcé ou obligatoire (enrôlement forcé de nombreuses personnes dont les mineurs),

 

• Les disparitions,

 

• Les violations du droit à la non discrimination,

 

• Les violations du droit à la sécurité,

 

• Les violations du droit à la reconnaissance de la personnalité juridique (destruction de l’Etat civil).

 

Alors que ce rapport était en préparation, deux autres mouvements armés, le MPIGO (Mouvement Populaire Ivoirien du Grand Ouest) et le MJP (Mouvement pour la Justice et la Paix), ont fait leur apparition dans l’Ouest du pays.

 

Le rapport du 12 décembre n’ayant pas pu prendre en compte la situation dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire, le Ministre Délégué aux Droits de l’Homme a rassemblé des témoignages et des informations pour éclairer l’opinion nationale et internationale sur la situation qui prévaut dans cette partie de la Côte d’Ivoire.

 

La rébellion armée MPIGO-MJP, outre ce qu’elle partage en commun avec la rébellion MPCI dans le Nord et le Centre de la Côte d’Ivoire, a des caractéristiques propres. En effet, à l’Ouest de la Côte d’Ivoire, c’est la version caricaturale des violations hideuses des Droits de l’Homme du MPCI. Ces rebelles n’ont cure des Droits de la Personne Humaine qu’ils violent sans cesse à tel point qu’un journal a écrit « qu’ils ont fait de la violation des droit de l’Homme, leur programme de gouvernement ». Parlant de la même situation, un témoin européen la décrit ainsi : « Là-bas, ce n’est plus la guerre civile, c’est une sorte de carnaval sanglant ».

 

Dans les villes de Man, Danané, Touleupleu, Bangolo, Bloléquin, Tabou, viols, meurtres et pillages sont devenus les loisirs des rebelles du MPIGO et du MJP appuyés par les mercenaires venus du Libéria et de la Sierra Léone !

 

Le Gouvernement français, par le porte-parole du Ministère des Affaires Etrangères, s’est en son temps dit « très préoccupé par la violation des Droits de l’Homme dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire»  (propos rapportés par l’AFP).

 

Les populations de l’Ouest vivent une horreur sans nom.

 

I – Caractéristiques communes de la rébellion Mpigo-Mjp avec la rébellion Mpci

 

Ces différentes branches de la rébellion ont en commun :

 

1 – Les exécutions sommaires de civils et d’agents des forces de défense et de sécurité

 

– A TOULEPLEU :

 

400 personnes tuées depuis le 30/11/2002 dont 142 corps identifiés.

 

– 97 tués à PEHE.

 

– 01 femme égorgée dans le village de Méo,

 

– 15 personnes tuées à Sahiby.

 

– A FACOBLY :

 

101 personnes tuées

 

– 47 personnes tuées dont le chef du village de Soumahié, des femmes y ont été égorgées.

 

– 01 femme égorgée dans le village de Méo.

 

– A KOUIBLY :

 

– Environ 15 personnes tuées dans le village de Douague.

 

– 01 gendarme et 01 instituteur tués.

 

– A DANANE :

 

-03 gendarmes assassinés à Dongouiné

 

– 02 douaniers  et le Commandant de brigade adjoint tués le 28/12/2002.

 

– A DUEKOUE :

 

– 261 personnes tuées 54 portées disparues selon l’association des Cadres WÊ.

 

– A BLOLEQUIN :

 

– 246 personnes tuées.

 

– A BANGOLO :

 

– 29 civils tués entre le 20 décembre 2002 et le 21 janvier 2003, témoignage rapporté par le comité départemental de gestion de la crise à Bangolo (Notre Voie du 21 janvier 2003),

 

Au total, 190 personnes tuées et 90 disparues selon les sources de l’Association des Cadres WÊ,

 

– A MAN : exécution de plusieurs civils dont le Directeur Régional de l’Education Nationale. Une liste de quelques victimes peut être consultée en annexe. Selon les sources de l’Association des Cadres WÊ, il y a environ 1.300 morts dont  896 ont été identifiés dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire.

 

2 – Les viols

 

Dans les villes et villages notamment à Danané et Tabou, les rebelles se livrent à des viols, même sur des mineurs. Ainsi à Facobly, plusieurs femmes enlevées dans le village de Gbadrou, ont été violées pendant plus d’une semaine. Les témoignages concordants sur les viols sont légions. (…)

 

3 – Enrôlement de prisonniers

 

Dans toutes les villes occupées, les prisons ont été ouvertes et des prisonniers enrôlés dans les rangs des rebelles, ce qui accroît l’insécurité dans toute la région. C’est particulièrement le cas à Danané, Toulepleu, Bangolo, Man.

 

4 – Tortures et traitements inhumains et dégradants

 

Un vieillard de plus de 105 ans est mort après avoir été détenu sans nourriture pendant sept (7) jours à Dena (sous-préfecture de PEHE). Les chefs de village sont  passés à tabac parce qu’accusés de complicité  avec les loyalistes. Plusieurs personnes battues et exposées nues au soleil pendant des heures. Des Prêtres ont même subi ce sort,  à Man et à Danané T. N° 3. Sévices sur une femme enceinte dont le bébé est mort après l’accouchement à Man. Le témoin N° 66, une femme décrit par exemple : « de mon lieu de cachette, j’aperçois la scène qui se passait. Ils ont déshabillé les hommes et les femmes en vue de chercher de l’argent».

 

5 – Pillages et destruction de biens

 

A Danané, Man, Bangolo, Toulepleu, Tabou, les rebelles se livrent à des pillages systématiques des domiciles aussi bien dans les villes que dans les villages. Ainsi, le domicile du Ministre BOMBET a été saccagé à Bangolo. Les cantines scolaires ont été pillées à Danané. Des plantations ont été incendiées à Bangolo, Toulepleu et Facobly privant ainsi, les paysans de leur seule source de revenu et de nourriture.

 

II – Caractéristiques spécifiques de la rébellion de l’Ouest

 

1 – Présence massive de mercenaires et étrangers libériens et sierra-leonais

 

La rébellion à l’Ouest, cela est désormais établi, est l’affaire des mercenaires venus du Libéria et de la Sierra Léone, deux (02) pays qui ont connu plusieurs années de guerre civile ; un reporter du journal français LE FIGARO écrit, à ce propos, dans le numéro du 21 janvier 2003 : «la route goudronnée ainsi que les pistes qui descendent de Man à Duekoué sont occupées par des hordes de combattants venus du Libéria e de la Sierra Léone, associés à des rebelles du MJP et Du MPIGO». Plusieurs témoignages concordants font état de la présence de nombreux soldats ne s’exprimant qu’en anglais. (Témoignages N° 42, 43, 62, 63).

 

2 – Développement du phénomène des enfants soldats

 

Dans le précédent rapport, le phénomène des enfants-soldats enrôlés de gré ou de force par les rebelles avait déjà été stigmatisé. A l’Ouest, ce phénomène semble s’être accentué : « les enfants-soldats sont rois à Man… Des enfants âgés de douze (12) ans foncent à travers les rues défoncées de la ville, au volant de MERCEDES dont ils ont arraché les portières pour mieux exhiber leur armement ». La plupart de ces enfants ont déjà à leur actif plusieurs années de combat au Libéria et en Sierra-Léone. T. N° 65.

 

3 – Des mercenaires incontrôlables

 

Les mercenaires recrutés par le MPIGO et le MJP, s’ils s’accordent avec leurs recruteurs pour  tuer, détruire et piller, ils échappent totalement aux contrôles de leurs « employeurs » à en croire le Lieutenant Samuel TOUNKARA du MJP qui reconnaît dans le même numéro du FIGARO «Le problème c’est qu’il nous est impossible de contrôler totalement ces Libériens»

 

4 – Les mercenaires se paient en butin de guerre

 

Dans toutes les villes, les rebelles font systématiquement main basse sur tous les biens des populations y compris les récoltes des champs. Ils obéissent ainsi à ce slogan rapporté par plusieurs journaux et  par plusieurs témoins « opération pay yourself » (paie-toi, toi-même sur la guerre). Ainsi, appareils électroménagers, véhicules, ustensiles de cuisines, etc., sont convoyés vers le Libéria à partir de Danané, Toulepleu, Bangolo, Blodéquin et Man.

 

5 – Profanation de tombes et de lieux sacrés

 

– Profanation de tombes et de forêts sacrées dont la tombe de feu Colonel OULAÏ.

 

– Des masques (objets sacrés de la région) ont été brûlés et des sites d’initiation saccagés.

 

6 – Travaux forcés et pillages de ressources naturelles

 

A I.T.Y., les rebelles ont contraint des ouvriers à extraire de l’or pour eux.

 

7 – Des mutilations d’otages

 

Un témoin interrogé dans les colonnes du journal Soir Info du 24 février, déclare ceci à propos des sévices faits sur les populations civiles à Toulepleu : « ceux qui ont été faits otages font l’objet de marquage distinctif qui consiste pour leurs ravisseurs soit à leur couper l’oreille, soit l’orteil ou tout simplement un doigt ». Face à ces atrocités sans nom et à la terreur semée dans la région, les paysans n’ont d’autres recours que de se réfugier dans les forêts.

 

8 – Une barbarie sans nom

 

Des villages sont incendiés (PEHE), des récoltes emportées, des plantations détruites, des personnes égorgées, des corps brûlés. Les villageois ne pouvant plus se rendre dans les champs sont exposés à la famine. Dans toutes les localités assiégées, l’administration n’existe plus, les écoles et les centres de santé sont fermés. La population court de  graves risques d’épidémie à cause des corps en décomposition dans les villages désertés et dans les forêts.

 

Dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire, la vie humaine n’a aucune valeur aux yeux des rebelles assoiffés de sang. A Bangolo, pour n’avoir pas pu payer la rançon de dix (10.000) mille francs CFA exigée, un paysan a été froidement abattu. Des personnes ont été exécutées à l’arme blanche (égorgées) et des corps brûlés notamment à Kouibly, Toulepleu. Après avoir égorgé leurs victimes, les rebelles en boivent le sang. Une rançon est parfois exigée pour la libération de ceux qui sont pris en otages. Ainsi, à Voumgbé (Facobly), les assaillants ont exigé bœufs, moutons et la somme de cent (100.000)  mille francs CFA pour la libération des personnes détenues, qu’ils avaient enterrées debout ayant la terre jusqu’au cou. Malgré le paiement de la rançon, ces personnes ont été exécutées par balles. (…)

 

L’heure est venue d’y mettre fin faute de quoi, la Communauté internationale pourrait être un jour accusée de non assistance à personne en danger. Avec l’espoir suscité par les Accords de Marcoussis, le Gouvernement ivoirien en comptant sur le concours de la Communauté internationale, espère avoir les moyens de rétablir l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire afin de pouvoir faire un bilan plus exhaustif des exactions commises par la rébellion armée depuis le 19 septembre 2002.

 

C’est pour ce faire  qu’une commission d’enquête internationale de l’ONU a été demandée depuis le 05 novembre 2002. Cette commission est vivement attendue.

 

Fait à Abidjan, le 25 février 2003

 

Pour le Gouvernement de la République de Côte d’Ivoire

 

Victorine WODIE

 

Ministre délégué aux Droits de l’Homme

 

Source: Le nouveau courrier

Les amateurs de la viande de porc en Côte d’Ivoire devront désormais s’en priver. Ce mercredi 18 octobre, le Gouvernement ivoirien a annoncé l'interdiction de la consommation et de la commercialisation de porcs sur toute l’étendue du territoire national. Pour cause, le virus de la peste porcine africaine a été découvert dans certaines fermes du pays.


La consommation et la vente de porcs interdites en Côte d’Ivoire : les raisons

Selon un communiqué du ministère ivoirien en charge des Ressources animales et halieutiques, rendu public le mercredi 18 octobre, la consommation et la commercialisation de porcs sont interdites dans le pays. 

Une décision qui fait suite à la découverte du virus de la peste porcine africaine dans le département de Ferkessédougou. Plusieurs bêtes y ont été retrouvées mortes.  

Le communiqué relève que ce virus affecte le capital animal des éleveurs. Les enquêtes indiquent que la mortalité est souvent proche de 100 % et concerne les porcs de tous les âges. 

Le gouvernement ivoirien a également interdit les mouvements de porcs et des sous-produits dérivés des localités touchées par la peste porcine. 

Selon l'Agence de presse africaine (APA), le ministère des Ressources animales préconise la désinfection des porcheries, du matériel d’élevage et des lieux contaminés, ainsi que la réactivation des organisations de défense sanitaire d’élevage de porcs sur toute l’étendue du territoire national. 

Source : Imatin.net 

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