Des élèves policiers en plein footing ont attristé une mère et sa fille

Ce genres de faits ne doivent absolument pas se produire, en principe en Côte d'Ivoire , mais hélas.

Les faits


La triste scène s'est produite ce samedi 19 mai 2018 à 7h.

En effet, des élèves policiers en plein footing matinal dans les environs du 30 arrondissement à Attoban, se sont rués sur les galettes et les jus que vendaient une mère et de sa fille. Ils ont tout pris, tout cassé et sans rien payer.
La mère et sa fille sont bouleversées par cette scène crée par ceux qui sont censés les protéger et non les dépouiller. Elles sont tous deux illettrées .

 

 

 

 

 

 

 

La tension est montée d'un cran ce vendredi midi aux abords d'un établissement bancaire du Plateau à Abidjan.

 

Des militaires ayant accepté la proposition de départ anticipée à la retraite ont manifesté leur colère après avoir tenté en vain de récupérer l'argent promis au niveau de l'agence du siège d'Ecobank.

 

Si les raisons de cette impossibilité pour eux de retirer leur argent ne sont à cette heure connues, le CCDO a lui été appelé en urgence pour établir un périmètre de sécurité et a été demandé au personnel de la banque de ne point bouger en attendant le retour au calme.

 

 

 

KOACI 

Interrogée par un confrère sur le procès du président Laurent #Gbagbo, madame la procureur répond en ces termes: “ Ce procès est un procès politique, la justice fait son travail. Il n’est pas encore condamné. A tout moment, il peut avoir un dénouement heureux”

 

Ma question: Si c’est un procès politique, pourquoi c’est la Cour pénale internationale qui s’occupe de ce dossier???

 

Affaire à suivre

 

Schéma #Rezopanacom #Moacinter

C’est sans surprise que ADO a vu Henri Konan Bédié le Président du PDCI, parapher le document du parti unifié dénommé Rassemblement des Houphouëtistes pour la Paix et la Démocratie (RHDP).

Alassane Ouattara a en effet, réussi à faire plier « N’zuéba » le frappant là ou ça fait mal ; la menace des intérêts financiers directs de la famille de l’ancien Président, ainsi qu’une purge au sein de l’Administration et du secteur privé de tous les cadres PDCI taxés de « Bédiéistes ».

Sous la pression constante des cadres de son parti qui ne veulent pas subir le même sort que les « Soroïstes » et le cercle familial qui ne s’est pas encore remis de l’épisode douloureux du 24 décembre 1999, « le Prince » de Daoukro a fini par céder.

 

 Surtout que le vieux parti est en proie actuellement des soubresauts internes qui peuvent conduire à une grave crise avec une opposition entre deux tendances : l’une proche du pouvoir et l’autre fidèle au PDCI.

 

Le Président Bédié avait commencé à s’émanciper de son principal allié de circonstance dans la coalition du RHDP, après les sondages qui lui créditaient plus de trente pour-cent (30%) d’intentions de vote à la prochaine élection Présidentielle de 2020.

 

Source: Echos-confidentiels

L’information est tombé ce matin. Depuis plusieurs jours et en cette saison pluvieuse, le régime actuel avait demandé aux gendarmes ayant élu domicile au camp d’agban de quitter les lieux afin de le réhabiliter. Cependant, la question que nous nous posons, est de savoir si le gouvernement a prévu un autre site pour permettre à ces familles d’être à l’abri.

Nombreuses sont les familles qui, en ce moment sont dans la tourmente car le régime actuel compte passer à l’acte en les déguerpissant. 

Aussi faut il le souligne certaines familles ne savent où loger vu que le temps qui leur a été accordé afin de quitter les lieux est très court. 

N’est ce pas une machination de ce régime afin de rechercher une cache d’arme quelque part sur ce site??? 

Ou, n’est ce pas un moyen pour chasser définitivement les gendarmes qui ne seraient pas nordistes???

Avec la politique de rattrapage mis en place par ce régime, il faudrait s’attendre à tout.

 

Affaire à suivre

 

Schéma

 

Dans un entretien téléphonique d’une dizaine de minutes avec Nayanka Bell, le jeudi 17 mai 2018, la chanteuse ivoirienne qui a été condamnée 3 ans de prison ferme assortie d’une amende de 160 millions F Cfa dans une affaire de litige foncier se dit « déçue du verdict ». Elle compte faire appel de cette décision.

La justice ivoirienne vous a condamnée, le mercredi 16 mai 2018, à 3 ans de prison ferme dans l’affaire du litige foncier vous opposant depuis plusieurs années à des villageois d’Ano à Agboville, pouvons-nous avoir beaucoup plus de détails sur ce verdict ?

Je crois bien que c’est le verdict. Je ne peux malheureusement pas vous donner davantage de détails sur le verdict parce que je ne fais pas attention à tout ça. Pour moi, il était impossible qu’on puisse me condamner sur mes propres terres.

Quels sont donc vos premiers mots au sortir d’un tel jugement ?

Depuis le début de cette affaire, les avocats généraux ont dit qu’ils n’avaient aucun élément de preuve dans leur dossier et qu’il était vide. Ils m’ont donc dit qu’au constat des faits, je n’ai pas commis de délit. Et du fait que l’affaire soit envoyée au pénal et qu’il n’y avait pas de preuves de leur dire, les terres m’appartenaient. Et comme la loi dans ce cas me permet de jouir de mes terres dont je suis propriétaire depuis 1997 sur lesquelles j’ai planté, il faut bien qu’on me dise où sont mes plantations. Avec le verdict rendu me condamnant, il revient à dire que mes terres étaient à eux.

Etes-vous déçue de la justice ivoirienne ?

Je suis déçue, non pas de la justice ivoirienne mais déçue du verdict et de la décision du juge.

Comptez-vous faire appel de la décision ?

Bien sûr, c’est obligatoire. Je vais faire appel parce qu’il s’agit de mes terres, de mes plantations qui ont été dévastées. J’ai des justificatifs pourtant que ces terres m’appartiennent. Quand j’ai eu mon accident, des personnes m’ont contrainte à leur payer des millions en 2007 pour des actes qu’ils avaient eux-mêmes commis. Aujourd’hui, ce sont les mêmes personnes qui reviennent pour me condamner.

Vous avez été condamnée à 03 ans de prison ferme et vous vous retrouvez en ce moment chez vous à la maison, comment ça se fait ?

Je ne sais pas pourquoi. Ce sont des questions qui relèvent de la compétence de mon avocat, je ne maîtrise vraiment pas trop ces détails.

Si après votre appel, vous n’êtes pas acquittée, seriez-vous prête à vous rendre à la justice ivoirienne pour purger votre peine ?

Pourquoi vous voulez que je vous réponde à cette question ? Je vous ai dit que ces questions ne relèvent pas de ma compétence. Je suis chanteuse et propriétaire terrienne point. J’ai des droits dans ce pays, je paie mes impôts, les gens qui m’ont accusé de destruction, j’ai des procès verbaux qui montrent que ce sont eux qui ont dévasté mes terres. Pour moi, ça s’arrête là. Que la loi soit lue. Maintenant, qui est compétent pour m’arrêter, je pense qu’il appartient à l’État seul de pouvoir le faire. Je ne voudrais pas qu’on interprète mes propos pour donner l’impression que je suis une hautaine qui agressent les gens. La justice doit faire son travail et dire le droit. C’est tout ce que je demande aux juges de Côte d’Ivoire. Que le droit soit dit. C’est moi qui paie les impôts de ces terres, j’y ai un droit de jouissance. Alors, comment peut-on me condamner sur ce qui m’appartient ?

Jusqu’où êtes-vous prête à aller avec ce litige foncier ?

Je suis déçue du verdict du juge parce que je ne m’y attendais pas. Je ne savais pas qu’on pouvait condamner quelqu’un qui paie ses impôts au détriment de quidams et de gens qui ont fait du vandalisme sur mes terres. On a réclamé des preuves aux plaignants, on n’a jamais rien vu depuis. Je n’abandonnerai pas mes terres. Mon père fût le propriétaire de ces terres jusqu’à ce qu’il mette tout à mon nom et au nom de ma famille. Si aujourd’hui, ces gens pensent pouvoir m’arracher mes terres en utilisant la justice dans du faux, alors ils se trompent parce qu’il va falloir me passer sur mon corps avant d’y arriver. En tout cas, avant de m’arracher mes terres, qu’ils me tuent d’abord. Ce qui me déçoit, c’est que la justice ne fait pas loi.

Philip KLA

11 avril 2011. Ce jour-là, en Côte d’Ivoire tombe le régime du président #Laurent_Gbagbo arrêté par les soldats fidèles à l’ancien chef rebelle #Guillaume_Soro. Sept ans après, l’ex-dirigeant ivoirien est gardé en détention à la Cour pénale internationale (CPI) à la Haye au Pays-Bas. Les hommes de son régime sont eux, certains gardés en prison à Abidjan et d’autres vivent en exil dans les pays de la sous-région ouest-africaine et en Europe. #Junior_Taboudou est l’un d’eux. Ancien membre de la galaxie patriotique, il fut membre du cabinet politique de l’ancien ministre d’Etat, ministre de la Défense nationale #Moïse_Lida Kouassi. Acteur et témoin de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire, l’homme politique répond pour la première fois à des questions sur la guerre qui a eu lieu dans son pays. Et c’est au micro de Banouto.

 

Vivant dans des pays de la sous-région ouest-africaine depuis la chute du régime Gbagbo, c’est à Cotonou que Junior Taboudou accepte de nous accorder l’interview. Et ce, le 11 avril 2018, jour du 7ème anniversaire de chute du régime Gbagbo. « C’est un jour douloureux, mais de renaissance pour moi », confie-t-il le visage un peu triste mais l’air confiant. Il est peu plus de 16 heures à Cotonou quand il reçoit l’équipe de Banouto dans un restaurant non loin de la plage de Fidjrossè. Le soleil qui dicte depuis plusieurs semaines sa loi à la population, prend encore son temps pour aller se coucher comme un chameau de course du Nord-Niger qui a épuisé ses réserves d’eau en pleine compétition. Vêtu d’un pantalon jeans bleu et un sous-vêtement blanc couvert par une tenue traditionnelle de l’Ouest de la Côte d’Ivoire de couleur orange, l’homme qui se fait appeler « Digne renaissance Afrique » a la tête entièrement rasée. La barbe coiffée en forme de couronne, il a demandé à la tenancière du restau qu’il semble connaître de couper la musique pour ne pas nous déranger. « On va discuter, donc laissez-nous », a-t-il souhaité. Mais avant qu’il ne soit disposé à entendre la première question, Junior Tadoubou a tenu à faire une précision. « C’est la première fois que j’accorde une interview sur les tristes événements qui se sont déroulés en Côte d’Ivoire pendant la crise postélectorale », a-t-il souligné indiquant qu’il n’avait auparavant accédé à aucune requête dans ce sens. C’est donc une première pour celui qui se présente comme le « fils politique du ministre d’Etat Moïse Lida Kouassi ». Interview.

 

Banouto: Le 11 avril 2011, le président Laurent Gbagbo aujourd’hui détenu à la Cour pénale internationale tombait, et avec lui son régime. 7 ans après, quel sentiment vous anime ?

 

Junior Taboudou: 7 ans après, c’est un sentiment de choc, un sentiment de dégoût qui m’anime. Parce qu’il fallait être en Côte d’Ivoire pour voir de visu, la souffrance des Ivoiriens aux mains nues face aux chars et avions de guerre français. C’était un véritable massacre des populations civiles.

 

Comment comprendre que pour le règlement d’une crise postélectorale, on a préféré en lieu et place du recomptage des voix avec toutes les grandes puissances internationales tel que proposé par le président Laurent Gbagbo, la guerre.

 

Cela, encore que le président Laurent Gbagbo n’avait aucune obligation de faire cette proposition d’autant qu’il a été déclaré vainqueur des élections par le conseil constitutionnel, instance habilitée au regard de la Constitution ivoirienne à proclamer les résultats définitifs.

 

Le président de la commission électorale indépendante (CEI), Youssouf Bakayoko qui a déclaré Alassane Ouattara vainqueur, lui, au regard de la loi était forclos.

 

La forclusion de la commission électorale dont vous parlez n’a-t-elle pas été provoquée par un proche du président Gbagbo ?

 

Je voudrais d’abord dit que, Damana Pickass puisque c’est de lui qu’il s’agit, n’était pas le représentant du président Laurent Gbagbo quoiqu’il soit l’un de ses bons fils politiques. Damana Adia Pickass était le représentant de l’Etat de Côte d’Ivoire à la Commission électorale indépendante à travers le ministère de l’Intérieur.

 

Concernant l’acte, il faut dire que ce n’était pas le président de la Commission électorale qui proclamait les résultats mais plutôt Yacouba Bamba, un des vice-présidents de la CEI et représentant du candidat Ouattara.

 

Ce dernier, alors que les autres commissaires discutaient sur des résultats qui posaient problème, le nombre de votants était plus élevé que celui des inscrits, s’est présenté devant les cameras des chaînes internationales uniquement pour présenter des résultats non consolidés.

 

C’est ainsi que Damana Pickass, informé, est intervenu pour lui demander d’arrêter. Mais face à l’opposition de Yacouba Bamba qui devait donner un alibi à la France de Sarkozy pour imposer à la Côte d’Ivoire Alassane Ouattara, il n’a eu d’autres choix que de lui arracher les documents qu’il avait.

 

Vous semblez disposé à parler d’histoire. Vous êtes aujourd’hui en exil politique. Comment est-ce que vous vous retrouvez dans cette position ?

 

Avant de répondre, je voudrais revenir sur l’avant 11 avril 2011 et partager un témoignage avec vous pour ne pas dire deux.

 

Le premier, c’est que le président Laurent Gbagbo, en 2010, n’a pas fait l’option de la guerre. C’est au nom de la paix, qu’il avait demandé le recomptage des voix sur la base des procès verbaux que chacun des candidats détenait. Mais il a buté sur un refus de la France et de Ouattara. Un drôle de comportement pour quelqu’un qui clamait partout qu’il est le vainqueur de la présidentielle.

 

Le deuxième témoignage que je veux partager avec vous, c’est que c’est la France de Sarkozy et ses alliés qui ont installé Ouattara à la tête de la Côte d’Ivoire.

 

Comment cela ?

 

Le 28 mars 2011, ce sont les soldats français qui décident de permettre aux soldats rebelles qui avaient occupé plus de 60% du territoire donc la zone Nord et centre, de descendre sur la zone sud qui était la zone gouvernementale. Ce sont les soldats français qui ont d’abord bombardé l’armée régulière pour faire progresser les rebelles sur les positions des Forces de défense et de sécurité.

 

Il est bon de vous rappeler qu’en novembre 2004, lors de ce qu’on a appelé la bataille des six jours, les soldats français avaient déjà détruit tous les avions de combat de l’Etat de Côte d’Ivoire. En mars 2011, ils sont libres dans les airs. Donc ils ont commencé à bombarder les forces régulières. Et quand les soldats, surpris par les bombardements, se replient sur Abidjan en vue d’une riposte bien organisée, les soldats rebelles passent tranquillement et c’est comme cela qu’ils ont foncé sur la zone gouvernementale jusqu’à Abidjan.

 

Et qu’est-ce qui se passe, une fois les soldats rebelles à Abidjan ?

 

Quand les soldats rebelles arrivent à Abidjan, une partie est occupée, précisément Abobo, par ce qu’on a appelé le commando invisible.

 

A Abidjan, je tiens à préciser que la bataille se déroule d’abord entre les forces armées régulières et les rebelles. Et très vite, l’armée régulière prend le dessus sur les soldats de la rébellion. C’est ainsi que l’armée française entre officiellement dans la bataille à travers ses bombardements qui débutent le 31 mars.

 

Ce 31 mars 2011, je vais à un meeting à Yopougon Adokoua, vers la zone du commissariat du 17ème arrondissement. J’y suis donc avec Jean-Jaurès Doué pour un grand meeting. Après l’intervention de Jean-Jaurès Doué qui est un grand analyste politique ivoirien, moi, je devais intervenir. Il était en pleine intervention quand je reçois un coup de fil et mon interlocuteur me dit exactement ceci : « Le sort de la Côte d’Ivoire est scellé, le sort de la galaxie patriotique est scellé, le sort du peuple de Côte d’Ivoire est scellé, le sort du président Laurent Gbagbo et de tous ses collaborateurs est scellé ».

 

De qui était l’appel ?

 

(Rire). Je ne vous dirai pas de qui était l’appel mais je puis vous garantir qu’il s’agit d’une source américaine très crédible. Plusieurs mois déjà avant la présidentielle de 2010, sur information de cette source, j’avais été le premier, toute modestie mise à part, à dire que Philippe Mangou, ex-chef d’Etat major du président Laurent Gbagbo, Edouard Karassaté, ex-commandant supérieur de la gendarmerie et bien d’autres officiers avaient trahi le régime. A l’époque, personne ne me croyait mais quelques années plus tard, mes révélations ont été confirmées.

 

Donc quand cette source m’a informé, j’étais inquiet non pas pour moi mais pour le chef de l’Etat et pour nos amis qui allaient mourir. Je lui demande ce qu’on peut faire et elle me dit que la seule solution, c’est de quitter la Côte d’Ivoire parce que l’impérialisme avait scellé le sort de la Côte d’Ivoire et que dans les trois heures qui suivraient nos échanges téléphonique, l’armée française allait frapper, non pas la nuit, ni au petit matin, mais en plein jour. Et effectivement, c’est vers 14 heures que les premières frappes de l’armée française ont été enregistrées. Les poudrières de l’armée ivoirienne ont été totalement détruites, la résidence du président a été réduite à néant, idem pour la RTI (Radio et Télévision Ivoirienne Ndlr).

 

Le meeting se passait entre 11 et 12 heures. J’ai aussitôt appelé le ministre d’Etat Moïse Lida Kouassi pour l’en informer et lui demander de sortir également du pays. Ce jour-là, j’ai coulé des larmes parce que le ministre d’Etat Lida Kouassi qui avait déjà l’information m’a dit: « Non, jeune. Toi, tu peux sortir du pays. Tu peux appeler certains de tes amis et vous irez hors du pays. Mais moi, je ne sortirai pas. Car quoique mes tentatives pour porter l’information au chef ont été vaines, je me dois d’être là tant que le président Laurent Gbagbo tient la barre. Il peut avoir besoin de moi, à tout instant. Je ne lui dirai pas que je suis déjà sorti du pays. Je dois être le dernier dans son entourage à l’abandonner. Je sais qu’il est dans une mission divine et nous autres nous devons l’aider à accomplir sa mission, advienne que pourra. Alors, bon vent. Jeunes, sortez pour continuer cette lutte sans faiblesse ». Voilà comment, du meeting, je sors du pays avec certains amis notamment Jean-Jaurès Doué et Stanislas Gnénéfé Nahounou dit Bafana.

 

Mais en sortant, nous avons constaté que les rebelles qui étaient déjà à Abidjan avaient commencé par massacrer tous les partisans du président Laurent Gbagbo.

 

Depuis le 31 mars 2011, vous êtes en exil. Comment est-ce que se passe cette vie loin de votre patrie ?

Aujourd’hui, en exil, c’est difficile. C’est difficile puisque, abandonner son peuple, ses parents, ses amis, son pays et être contraint à vivre chez l’autre, c’est compliqué. Mais nous estimons que c’est le prix du combat que nous avons choisi. Cela, encore que les peuples qui nous accueillent, nous permettent d’avoir la sécurité et la paix.

 

Il y a quelques années de cela, le chef de l’Etat Alassane Ouattara a appelé ses compatriotes à revenir au pays. Certains de vos camarades d’hier ont répondu à l’appel mais vous non. Pourquoi avoir décidé de rester en exil ?

 

Pour vous répondre, je vais paraphraser le président Thabo Mbeki. Il a été médiateur dans la crise ivoirienne. A ce titre, il a rencontré les présidents Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié. Et c’est lui qui a dit que M. Alassane Ouattara ne connait pas le sens et l’honneur de la parole donnée et qu’il sera toujours surpris de voir que ce monsieur puisse tenir parole.

 

Oui, M. Ouattara a demandé aux Ivoiriens de rentrer au pays. Mais quels sont les actes qu’il a posés dans ce sens ? Les faits, c’est que nos amis qui ont eu un peu de chance sont torturés et gardés en prison. Les autres ont été massacrés.

 

Au domicile du président Laurent Gbagbo, les avions ont exterminé des milliers d’Ivoiriens. Parlez de trois mille morts, ce n’est pas juste. On a enregistré en Côte d’Ivoire, pour la seule crise postélectorale de 2010, plus de dix mille morts. Si on me dit que ce sont trois mille personnes qui ont été tuées à la résidence du président Laurent Gbagbo, je peux comprendre. Parce que les milliers d’Ivoiriens qui y étaient ont été massacrés par les bombardements français. Vous êtes journaliste, je vous laisse investiguer pour vérifier les chiffres que j’avance.

 

Les faits, c’est que les comptes sont encore gelés. Quand les comptes de quelqu’un sont encore gelés et que tu lui demandes de venir, la parole est vide ; quand nous avons des amis qui sont encore en prison et qui y sont torturés et qu’on nous demande de rentrer, vous voyez que la parole est vide, elle n’a aucun sens. Quand des ministres, des collaborateurs du président Laurent Gbagbo, son épouse, la première dame Simone Ehivet Gbagbo sont en prison, vous pouvez m’appeler pour me demander de rentrer et je vais y aller ?

 

Mais certains sont rentrés et vivent a priori tranquillement, l’ancien directeur du Port autonome d’Abidjan, Marcel Gossio par exemple…

 

Ceux qui ont répondu à l’appel comme vous le dites, ils sont dans quel camp aujourd’hui ? Ils sont rentrés et ont décidé de rentrer dans les rangs. Ce que nous ne pouvons pas faire parce que nous croyons en notre combat, en l’émancipation de notre peuple. Il est bon de vous rappeler aussi que le ministre Assoa Adou qui est rentré est aujourd’hui en prison.

 

Après la chute de son régime, le président Laurent Gbagbo, a été fait prisonnier en Côte d’Ivoire avant d’être transféré à la Cour pénale internationale où il est gardé depuis plusieurs années alors que l’accusation n’a pu prouver sa responsabilité dans les exactions. D’aucuns estiment que la CPI devrait laisser Laurent Gbagbo libre, et d’autres non. La cour se retrouve comme dans un « dilemme » pour emprunter les termes de Me Jean-Pierre Mignard, un des avocats de l’Etat ivoirien dans ce procès, le 10 avril dernier sur RFI. Pour vous, que devrait faire la Cour ?

 

Il faut le dire, ce procès est un désaveu pour la CPI. C’est un secret de polichinelle que le dossier est largement et suffisamment vide. Aucun des témoins de l’accusation n’a réussi à démontrer de façon irréfutable la culpabilité du président Laurent Gbagbo. Personne parmi la centaine de témoins n’a réussi à démontrer que Laurent Gbagbo a pensé un seul instant à massacrer les Nordistes, les partisans de monsieur Ouattara comme on a tenté de nous le faire croire. Au contraire, certains témoins pensent qu’il devrait recouvrer sa liberté et retourner en Côte d’Ivoire. C’est le cas aussi de nombreux Ivoiriens qui, vu la gestion chaotique du régime Ouattara, regrettent l’emprisonnement de Laurent Gbagbo et qui souhaitent de tous leurs vœux son retour à la tête du pays. Et ce n’est pas les services de renseignement des puissances de ce monde qui vous remettraient en cause ces informations.

 

Ce procès, je puis vous le dire, a réussi à montrer au monde entier, le bienfondé du combat du président Laurent Gbagbo et à mettre à nu le jeu trouble de l’impérialisme. Partout en Afrique aujourd’hui, la jeunesse se mobilise. Il y a également de nombreuses personnalités africaines qui sont prêtes à témoigner à la CPI en faveur du président Gbagbo.

 

Actuellement, je vous informe qu’il y a des tractations qui ont lieu à la CPI. Et je pense que s’il avait accepté certains arrangements qui vont contre la souveraineté de la Côte d’Ivoire qu’on lui a proposés, le président Laurent Gbagbo serait déjà sorti de prison et retrouver son fauteuil.

 

Pour moi, ce qu’il y a à faire, c’est de reconnaître les faits et de rendre justice à Laurent Gbagbo: le libérer et le rétablir dans le fauteuil présidentiel.

 

En 2020, dans deux ans donc, les Ivoiriens seront appelés une nouvelle fois aux urnes pour désigner le président. Si éventuellement le président Laurent Gbagbo n’est toujours pas libre, que se passera-t-il au sein de son parti, le FPI, notamment l’aile qui lui est restée fidèle ? Boycottera-t-il une nouvelle fois la présidentielle ?

 

Il est bon de rappeler qu’après la présidentielle de 2015, les militants du FPI, au cours d’un congrès, ont décidé de remettre Laurent Gbagbo à la tête du parti. C’est lui le président mais le parti est dirigé par Abderrahmane Sangaré, « son frère jumeau » qui assure l’intérim. Le président Sangaré et tous les membres de la direction ont arrêté une feuille de route. En 2020, le FPI aura un candidat. Et pour ça, le parti a de nombreux cadres compétents. Je tiens également à souligner que Laurent Gbagbo n’est pas condamné et qu’il peut toujours conduire la destinée de la Côte d’Ivoire.

 

La mission du FPI aujourd’hui et celle de tous les Ivoiriens, c’est de créer les conditions pour qu’on ait une commission électorale crédible. Pour cela, il nous faut refonder et réformer la commission électorale comme l’a préconisé la Cour africaine des droits de l’Homme et des Peuples il y a quelques années. Cela, d’autant plus que le mandat de l’actuel président Youssouf Bakayoko est arrivé à terme depuis bien longtemps. Selon la loi électorale ivoirienne, le président de la commission électorale est nommé pour un mandat de six ans non renouvelable. Youssouf Bakayoko a été nommé par le président Laurent Gbagbo dans un souci de réconciliation, puis reconduit par Alassane Dramane Ouattara en toute violation de la loi. Nous devons donc travailler à installer une CEI vraie.

 

Je voudrais donc inviter les Ivoiriens à avoir foi en l’avenir. Car, le 11 avril 2011 a été un jour douloureux mais, sept ans après, je pense que nous passons de la douleur à l’espérance. Nous nous devons donc, et ce, plus que jamais d’être mobilisés car seul notre mobilisation pourra faire libérer le président Laurent Gbagbo qui n’est ni plus ni moins qu’un otage de l’impérialisme occidental, notamment français.

 

Digne Afrique Renaissance

« Vous avez dit sous-dévoloppement? »

A quoi reconnaît-on un pays développé, et un autre qui ne l’est pas ? A des critères précis. On connait l’essentiel de ces critères : le PIB, le PNB, la croissance (le catéchisme de notre cher et grand économiste Kablan Duncan !), le taux de chômage, le ratio hôpitaux, écoles et autres ERP/habitants (1), la compétitivité du tissu industriel, la fiabilité de la monnaie support de l’économie nationale, le niveau d’inventivité technologique, la puissance militaire, l’efficacité diplomatique, la production agricole, etc.

Sur tous ces points, les pays sous-développés affichent des insuffisances criantes, choquantes parfois quand ceux, dits développés, exposent des excédents, voire des excès.

Pour nous autres observateurs attentifs des misères de ce continent (particulièrement celles de notre pays la Côte d’Ivoire), on reconnait les pays sous-développés par d’autres constantes plus simples. Entre autres :

— la vétusté des canaux de communication, le manque d’imagination de la presse locale, notamment la télévision nationale, le journal progouvernemental. En règle générale, ils sont sous le contrôle de l’Etat (ce n’est pas une tare absolue) et servent des reportages aussi insipides que ridicules. La Rti continue ainsi d’abrutir son public par des reportages sur les voyages du chef d’Etat avec les mêmes plans filmiques de l’époque de Joseph Diomandé : le classique accueil du chef par l’équipe gouvernementale et des hauts chefs de l’administration (Dg, Pca, PAN), les mains qu’il sert, l’aurevoir du chef à partir de l’échelle de coupée, le décollage de l’avion… que la caméra suit, haut dans le ciel, jusqu’à ce qu’il disparaisse ! Nègreries, nègreries !

— la bipolarité du tableau social : une élite possédant la presque totalité de la richesse nationale ; et les masses, dans un manque cruel qui achève de révolter le plus pacifique des agneaux de Dieu. Tout au plus, l’on y observera une classe moyenne peinant et grouillant entre mille et une combines pour sortir de cette vie de débrouillardise et rejoindre l’élite de riches, à l’issue d’un marathon fait souvent de viles compromissions et abdications ;

— la prospérité du fait religieux : prêtres, imams, pasteurs, églises, prophètes, mosquées, temples, synagogues et autres lieux de culte où la masse des désespérés, ces « naufragés de l’espoir » (Kaba Taïfour), ainsi que les élites décervelées, s’en vont, les premiers confier la résolution de leurs problèmes à un hypothétique faiseur de destin, les seconds, s’abandonner au délire mystique (une caractéristique du règne des Refondateurs) et dans la conviction qu’ils doivent leurs richesses (souvent mal acquises) à la volonté de ce même Dieu ;

— L’altération de ce que le philosophe ivoirien Adou Koffi appelle « la densité vitale » ;

— enfin, la récurrence des problèmes essentiels du pays.

Ces deux derniers points retiennent mon attention.

Régression sociale et récurrence des problèmes
Un sondage montrera aisément que les Ivoiriens, dans leur ensemble, vivent moins bien que sous le régime des « Refondateurs » dont l’on disait pourtant peu de bien en matière de justice sociale. Il était reconnu aussi que sous le régime de Konan Bédié, la paupérisation était devenue inacceptable. Cette image de l’Ivoirien qui ne peut s’offrir trois repas par jour, date de « l’ère Bédié. » L’expression « mort subite » pour désigner cet état de cruelle indigence date aussi du quinquennat 1994-1999 du successeur de Félix Houphouët-Boigny. Sous Laurent Gbagbo, l’on a encore dit que la majorité des Ivoiriens ne pouvait s’offrir trois repas par jour… comme s’il était même nécessaire que des adultes mangeassent trois fois par jour — quel appétit glouton !

Aujourd’hui, sous l’actuel régime, je lis et entends ce même discours. Ce qui revient à dire que, de 1994 à 2018, soit pendant 24 ans (le temps d’une génération), le problème est resté en l’état. Aucune solution à ce mal social de grande ampleur et décrié par tous les opposants auxquels l’histoire a pourtant et judicieusement offert l’occasion de parvenir au pouvoir, donc de régler la question. Rien et rien. Le mal est là. Serein comme le regard d’un voyou endurci, et imperturbable comme le visage d’un cadavre ! Aucun dirigeant n’aura donc satisfait à cette attente sociale cruciale, ni respecté cette promesse électorale.

Le tableau social ivoirien navre en matière d’injustices : emprisonnements arbitraires, détention de citoyens, sans jugements, prisons bondées, centres de santé devenus des mouroirs, des milliers d’Ivoiriens en exil, maintes violations des droit élémentaires de l’Homme ; et tout ceci, avec la complicité du silence de l’élite corrompue, et la participation, tout aussi silencieuse, de l’Institution judiciaire à ces offenses aux libertés citoyennes. Justice aux ordres. Justice sourde aux cris de protestations de quelques voies courageuses de la société civile. Tel est l’état de la justice ivoirienne et toutes ces choses mauvaises qu’hier, dans l’opposition, les dirigeants actuels avaient dénoncées, sans appel et sans concession !

Autre toile d’injustices spectaculaires et tout aussi navrantes : comme hier, les anciens riches ont disparu dès que perdu le pouvoir politique, pour laisser la place à une nouvelle élite de rapaces sociaux exhibant maints signes extérieurs de richesse révoltante : résidences princières construites en un tour d’opérations financières dextres, parc autos fournis plus que de raison, achat ou accaparement de centaines d’hectares de terre cultivables, missions à l’étranger à n’en plus finir pour… rapporter quelles expériences de gestion de l’entreprise, ou du pays ? Rien.

Ce qui choque ici, c’est que ce sont des tares relevées par chaque parti politique et son leader, quand ces derniers étaient dans l’opposition. Les années se succèdent ainsi ; de même, les leaders au pouvoir (Pdci, Fpi, Rdr) ; mais les problèmes et tares dénoncés sont resté intacts. L’on a même le sentiment que nous allons de mal en pis. Quoi de plus attristant et désolant en effet que d’entendre les mêmes masses qui, hier, ont crié, « A bas Gbagbo », hurler aujourd’hui « Gbagbo kaffissa — Gbagbo revient ! » Et j’entends encore Alpha Blondy chanter à Yamoussoukro devant Bongo et Houphouët-Boigny, en 1986 :

« Vive le Présidennnnt ! A bas le Président.

Vive le Généraaaalll. A bas le général. »

Désolante métamorphose
Désillusions ! Voilà par quoi se caractérise le tableau social ivoirien. Ici tout semble aller de déception en déceptions, tant les attentes sont restées insatisfaites, à la grande et muette stupéfaction des masses tétanisées par tant de désinvoltures injurieuses. Les voix enchantées des prophètes de l’abondance et du bonheur qui, hier, ont suscité l’euphorie de ces masses, ont fait place maintenant aux édits secs, musclés et sans concession du chef-dieu- charismatique au pouvoir illimité et tranchant comme coutelas de grand criminel. Ah ! Comme m’obsèdent, dans ma retraite loin du pays, les images tristes de ces masses désœuvrées dans les rues d’Abidjan, tandis que paradent le cortège rutilant des princes de nos finances violées. Et ces colonnes de hères de Cocody-danga, ces sans-abris au regard de bêtes traquées par des politiques assoiffées d’argent et de prestiges vains ! A quand la fin de ce cauchemar, cet effroi tourbillonnant dessus nos têtes apeurées ? A qui le tour ?

Mais où donc est notre chef ? Ce chef si proche de nous hier, devenu à présent plus inaccessible que Jéhovah-Dieu caché quelque part dans un coin douillet du paradis céleste d’où il contemple la tragédie humaine ! Qu’est devenu notre guide, ce leader si tendre d’hier ? Il est devenu soudain un Magistrat brutal, inflexible face aux suppliques des démunis. Où est notre frère, notre père sauveur d’hier ? Quoi ? Est-ce vraiment lui, ce héros-nôtre devenu soudain étranger à nos cris de désespoirs, ce roi-roc et myope, iroko sourd à son peuple et administrant maintes humiliations et supplices inouïs aux faibles ?

Non, chers concitoyens ! Et on doit pouvoir le dire nettement et respectueusement au chef, sans intention aucune de l’offenser, sauf l’aider à redresser la barre : le tableau de ces habitants de Cocody-Danga, se retrouvant soudain dehors, sans plus de maison, à cette période de pluies orageuses et en pleine année scolaire, est difficilement supportable et explicable.

Sur notre Terre Ivoire, se joue ainsi le même théâtre céleste : au chef et à ses fidèles apôtres, les félicités du royaume de l’abondance et des jouissances claniques ! Aux masses en peine, le crachat de leur mépris ajouté aux « Immondices » de la misère et du désespoir — prête-moi tes mots, Améa Jean.

Et le peuple dans tout cela ? Que devient-il ? Ignoré d’une élite de cols blancs ayant perdu tout idéal, trahi par les proses d’abdication infecte de ses écrivains loufoques et parvenus, ignoré de son chef, il ne s’en remet plus qu’à une main providentielle pour le « délivrer du mal » ! Ah ! Quel « brave-tchê » nouveau pourrait-il venir délivrer ce peuple de ces héros d’hier subitement devenus bourreaux et Exécuteurs de tant de Hautes Œuvres malsaines ? Mais surtout, et en attendant cet autre Godot, quel traitement réservé aux problèmes auxquels l’on avait promis mille et une solutions ?

Apparemment rien de visible à l’horizon, ou plutôt pas grand’chose : quelques couches de chaux sur la façade d’immeubles urbains donnant sur les grandes artères (pour créer l’illusion d’une politique de réhabilitation des bâtiments — la détestable culture du faux que voilà !), reprofilage peu réussi de quelques routes, quelques grands chantiers réalisés, et d’autres en marche — oui, il y a, malgré tout, des réussites incontestables. Mais que d’attentes insatisfaites ! Que de rêves crevés aussi ! Les plus cruciales de ces attentes restent intactes comme la dignité entêtée d’une vierge incorruptible et intraitable : l’Ecole, la discipline, la misère galopante, la corruption, les détournements de fonds, le désordre, la médiocrité des presses d’Etat, l’environnement mental, la criminalité, la sécurité intérieure, etc. En somme, l’essentiel. Que de gâchis, d’offenses à nos rêves de bonheur et de justice d’hier !

Et le plus désolant, est le discours de satisfaction des dirigeants. Tout se passerait donc bien ici, dans l’Eburnie nouvelle. Exactement comme sous l’ancien régime, l’on nous gavait de ces mêmes pestilences verbales. Et c’est cela, être sous-développé : porter ses tares sur soi, comme un manteau de Nessus. Signer un pacte avec l’immobilisme ou le régressif. Rester fidèle au manque. Reproduire les insuffisances décriées. On le voit : c’est un état mental rétrograde, caractérisé par une culture stupéfiante de l’improductivité et de la gestion absurde. Ernest Tigori les appelle à bon escient, « les sociétés absurdes. »

C’est à ce type de société qu’il faut s’atteler à mettre fin, chers concitoyens. La tâche est des plus difficiles, car ce modèle de société a prospéré comme une plante vénéneuse. Tel un virus d’une autre espèce, il s’est inscrit dans le corps social et le cerveau des élites et des masses qui l’entretiennent ; il a dévoré les espérances, la faculté de croire encore. Il a tué nos facultés de rêver.

Rêver : la clé de notre survie
Rêver. Mais qui, à part quelques poètes et graphomaniaques isolés et entêtés, rêve encore dans notre pays ? Salut donc à toi Assalé Tiémoko qui continue de se déchaîner tel un éléphant blessé par des chasseurs imprudents. Salut à toi Ferro Bailly, admirable ‘‘gbagbophile’’ qui, jamais, n’a renoncé à défendre ses convictions, au contraire de nombre de ces scribes d’Etat qui, hier, professaient amour indéfectible au Messie de Mama, contre belle rétribution salariale. Salut aussi à toi André Sylver Konan, revenu (il était temps) à la posture qui fit ta renommée : le journalisme critique et éveilleur des consciences. Salut surtout à Guillaume Soro pour la qualité de son discours et son agir politiques. Guillaume Soro : une étincelle et un son dans un ciel obscur, frileux et aphone.

Non, nous ne sommes pas condamnés à rester sous-développés. Nous le sommes moins encore à subir sans espérance, ces attentes sevrées de réponse que nous sert le binôme Pdci-Rdr. Nous ne sommes pas obligés de rester figés dans ces types de gestion brutale qui, vraisemblablement, a échappé au contrôle et à la vigilance du grand chef pour devenir aujourd’hui ce qu’elle (cette gestion) est, et que nous voyons : une machine étatique distributrice de misères et de frayeurs intolérables.

Il urge donc de nous faire sortir de cet état de « servitude volontaire » (La Boétie) et de ‘‘peur sur la Cité’’. Voilà la mission qui t’attend, Guillaume Kigbafori. Mon flair de poète et ma sapience de philosophe de la Cité m’informent que c’est cet appel vers toi que ces masses désolées t’envoient sur les réseaux sociaux, et que rapportent si timidement (en réalité, pas du tout) les médias d’Etat ! Je ne doute pas que tu seras à la hauteur de la tâche, et que tu sauras donner corps aux espérances de ce peuple qui a tant besoin de changements. Car oui, la Côte d’Ivoire de demain ne sera possible que si nous acceptons de prendre rendez-vous avec la nécessaire, l’inévitable et historique rupture.

Et, en toute lucidité, dans ce pays nôtre, qui d’autres que Guillaume Soro et ses compagnons de génération, soutenus par une nouvelle classe politique, peut-il s’engager dans une telle entreprise risquée, mais hautement salutaire ?

De North Carolina (Usa)

Tiburce Koffi »

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