« Il y a deux sortes de justice : vous avez l’avocat qui connait bien la loi, et l’avocat qui connait bien le juge » (Coluche). Et, pourtant Coluche ne connaissait pas encore le premier procureur de la Cour pénale internationale, l’argentin Luis Moreno Ocampo qui défraie aujourd’hui la chronique des faits divers crapuleux. À jet continu, le feuilleton des turpitudes du magistrat déverse chaque jour un nouvel épisode, encore plus sordide que le précédent, et cela depuis le 30 septembre 2017. Cette enquête intitulée Les secrets de la Cour est le fruit de six mois d’investigation menée par huit médias internationaux membres de l’« European Investigate Collaborations » (EIC comprenant MediapartDer SpiegelNRC HandelsbladThe Sunday TimesEl MundoLe SoirANCIR et The Black Sea).

Incroyable mais vrai pourrait être le titre de cette saga judicaire. Présentée hier comme un parangon de vertu1, la CPI y apparaît aujourd’hui sous un jour plus contrasté. C’est le moins que l’on puisse dire !

Des signaux faibles inquiétants parvenaient déjà aux oreilles sensibles et réalistes des Cassandre depuis de longs mois en provenance d’une petite ville aux Pays-Bas, La Haye2. L’affaire Laurent Gbagbo apparaissait déjà comme révélatrice d’une justice internationale qui n’est ni indépendante, ni impartiale. Ce qui est le moins que l’on puisse attendre d’une juridiction internationale de ce niveau. Il importe de revenir à la genèse de la création de la Cour et à ses limites objectives avant d’étudier les dérives d’une structure aux prises avec certains de ses démons. Enfin, la CPI n’aurait-elle pas été instrumentalisée par la France dans l’affaire ivoirienne au mépris des valeurs dont elle entend être le porte-parole ?

LA COUR CONFRONTÉE À SES LIMITES

Si la création de la Cour pénale internationale à Rome est de bon augure en tant qu’espoir d’une société internationale régulée, elle n’en comporte pas moins des limites tenant au principe de réalité.

La promesse de Rome : le rêve devient réalité

« Ce passage de l’état de nature à l’état civil produit dans l’homme un changement très remarquable, en substituant dans sa conduite la justice à l’instinct » nous rappelle Jean-Jacques Rousseau en 1856. Il faut attendre l’année 2002 pour que soit créée la cour pénale internationale (CPI) à Rome par un traité signé par 120 États. Elle constitue une structuration importante de la communauté internationale autour de la notion de respect des droits de l’homme et de sanction de ses éventuelles violations par une juridiction internationale indépendante et impartiale. Il n’existe pas de paix sans justice3. Impatients d’appréhender cette révolution copernicienne de la justice internationale, les experts s’emparent du sujet pour en faire une exégèse complète article par article4. En termes d’approche du droit positif, le résultat est particulièrement impressionnant. Comme le souligne le professeur Serge Sur, la nouvelle juridiction internationale, qui est porteuse d’un dessein historique, s’inscrit durablement et de manière irréversible dans le paysage du droit international même si elle n’est qu’une étape, un moment dans un processus de longue haleine. Fait impensable, il y a encore quelques années, les auteurs de crimes les plus odieux, et en dépit de leur qualité (chefs d’Etats, par exemple), pourront être poursuivis, jugés, voire condamnés. Fini le temps de l’indifférence de la communauté internationale face à ses démons !

La normalité de La Haye : la réalité a ses limites

« L’histoire et le sens du progrès ne marchent toujours pas dans le même sens pour tous »5. A l’expérience, on s’aperçoit rapidement que la Cour pénale internationale atteint rapidement ses limites en raison de sa « compétence limitée et de ses résultats mitigés »6. A l’instar de la Société des nations (SDN), elle pèche par trois insuffisances : absence d’universalité (l’absence de participation de la Chine, de l’Inde, du Pakistan, d’Israël, de la Russie et, surtout des États-Unis constitue un sérieux handicap), flou de l’incrimination (le concept d’atteintes graves au droit humanitaire manque de clarté) et absence de puissance coercitive (elle suppose un minimum de coopération des États, quid des États faillis ?, quid du président soudanais ?7…) contribuent à affaiblir la puissance supposée de la Cour8. Ce fameux état de droit dont se gargarisent nos bonnes consciences n’est en qu’à ses premiers balbutiements à La Haye. Souvenons-nous que « quand il n’y a pas de bonnes solutions aux problèmes, alors les démons se réveillent » !9 Le principe de réalité rattrape la justice internationale10. La plus grave critique provient de ceux qui accusent la Cour d’être soumise aux pressions de certains Etats qui l’utiliseraient ou l’instrumentaliseraient à des fins politiques éloignées du seul impératif de justice qui est sa raison d’être11 alors même que de nombreuses personnes incriminables vivent aujourd’hui encore dans l’impunité la plus totale. Tel n’est pas le moindre des paradoxes d’une justice internationale à vocation universelle en théorie mais dont l’universalité n’est que théorique dans la pratique.

Comme toute justice, la justice pénale est avant tout une justice rendue par des hommes et des femmes et non par des robots, ce qui la rend faillible.

LA COUR AUX PRISES AVEC SES DÉMONS

Les révélations incontestables de l’enquête conduite par un collectif de médias internationaux sonnent comme un coup de tonnerre dans le ciel de la capitale des Pays-Bas. Elles conduisent l’actuel procureur de la Cour à actionner toutes sortes de paratonnerres.

Le coup de tonnerre : Les facéties du procureur Ocampo

Sur la base d’une fuite de 40 000 documents officiels obtenus par l’« European Investigate Collaborations », une série de dysfonctionnements majeurs au sein de la CPI est révélés, pour la plupart en relation avec les dérives de son premier procureur, l’argentin Luis Moreno Ocampo (2003-2012). La liste des turpitudes que nous allons présenter n’est malheureusement pas exhaustive. Citons les pêle-mêle : (1) pendant qu’il traquait les plus grands criminels de la planète, le premier procureur de la Cour pénale internationale (CPI), l’argentin Luis Moreno Ocampo, a détenu des sociétés offshore implantées au Panama et dans les îles Vierges britanniques, deux des plus opaques paradis fiscaux au monde et cela en violation des statuts de la Cour qui interdisent aux procureurs d’avoir une autre activité professionnelle et alors même que l’argentin s’était bâti dans le passé une solide réputation de militant anticorruption12 ; (2) le procureur aurait défendu les intérêts d’un homme d’affaires milliardaire, soutien de potentiels criminels de guerre en relation avec la chute du colonel Kadhafi en Libye13 ; (3) après avoir quitté la Cour en 2012, le procureur rejoint un cabinet new-yorkais à l’occasion duquel il s’ingère dans les affaires de la CPI pour obtenir la levée des charges de crime contre l’humanité qu’il avait lui-même initiés contre le président kényan14 ; (4) implication active dans le dossier des Yézidis pour le compte d’une banque d’investissement de New-York15 ; (5) la duplicité du procureur Ocampo sur le dossier kényan qui conduit à un véritable déni de justice16 ; (6) Angelina Jolie, George Clooney, Pierre Omidyar – fondateur d’eBay –, le Qatar toujours lui dès qu’il y a un mauvais coup… Au cours de son mandat, le premier procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno Ocampo, a laissé Hollywood, la Silicon Valley et certains États utiliser la CPI pour nourrir leur propre vision du monde. Au risque de gager l’indépendance de la Cour17… plus d’autres révélations qui pourraient parvenir dans les semaines à venir… et mettre encore plus en question la crédibilité de la Cour pénale internationale et sa légitimité dans la poursuite des criminels de haut vol sur une base non discriminatoire.

Le paratonnerre : le désarroi de l’institution

Les révélations sur la CPI affaiblissent une institution déjà très critiquée. Mais le directeur de l’ONG Human Rights Watch, Ken Roth, continue, contre vents et marée, de défendre « le seul outil » à même d’empêcher une impunité totale. L’ONG américaine de défense des droits humains Human Rights Watch(HRW) fait partie des principales associations, qui ont poussé à la création de la Cour pénale internationale (CPI), et qui continue de soutenir l’exigence d’une justice internationale servant à dissuader les autocrates et autres chefs de guerre de massacrer leurs populations, et à punir ceux qui ont commis des crimes18. Tout ceci est bien bon mais ne parvient pas à effacer le discrédit qui pèse sur l’institution en tant que telle. Désormais, l’affaire est prise au sérieux à La Haye. Le 6 octobre 2017, le bureau de la procureure, Fatou Bensouda annonce l’ouverture d’une enquête interne, chargeant au passage son prédécesseur. D’ores et déjà, une porte-parole est suspendue, soupçonnée d’avoir travaillé sous fausse identité en 2015 pour un cabinet d’avocats new-yorkais afin de pousser la cause des Yézidis, une minorité confessionnelle attaquée par l’EIIL en Irak19. D’autres mesures seraient prises dans les semaines à venir. Fait plus grave encore, la France de Nicolas Sarkozy fait désormais l’objet de toutes les attentions pour ses ingérences en Côte d’ivoire mais aussi sur le fonctionnement normal de la CPI.

C’est aujourd’hui du continent africain que les plus gros nuages s’amoncellent sur l’avenir de la Cour pénale internationale (retraits en cascade), nuages qui atteignent la France.

3ème PARTIE : LA COUR VICTIME DE LA FRANCE ?

Pour prendre toute la mesure des révélations consternantes concernant l’affaire Gbagbo, il convient de se replacer dans le contexte du quinquennat de Nicolas Sarkozy à l’époque du début des mal nommés « printemps arabes ». À trop tirer sur la corde, la France pourrait rendre des comptes à la Haye.

Le changement de régime : un marqueur de la Sarkozie à son apogée

Souvenons-nous des conditions dans lesquelles le président de la République, Nicolas Sarkozy est conduit, par une interprétation extensive des termes de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU du 17 mars 2011 (en particulier le membre de phrase : « à prendre toutes les mesures nécessaires »)20, à contribuer activement à faire la guerre contre les troupes gouvernementales mais aussi à prêter main forte à l’élimination du colonel Kadhafi alors même qu’il aurait été plus sage de le traduire devant la Cour pénale internationale ! En un mot à faire du changement de régime l’alpha et l’oméga de sa politique étrangère. Un grand principe du droit veut qu’on ne se fasse pas justice soi-même surtout dans la patrie autoproclamée des droits de l’homme !

Que dire de la manière peu diplomatique et peu orthodoxe dont la France est intervenue en Côte d’Ivoire sous mandat de la résolution 1975 du 5 avril 201121 pour chasser manu militari le président Laurent Gbagbo du Golf Hôtel à Abidjan afin de le remplacer par Alassane Ouattara, proche de Nicolas Sarkozy ? Pour se rendre exactement compte de la brutalité de l’intervention militaire française commandée directement depuis l’Élysée – il n’est pas ici question de mettre en cause nos militaires qui n’ont fait qu’obéir aux ordres du pouvoir politique -, il suffit de se reporter à la description très détaillée qu’en livre l’ambassadeur de France à Abidjan dans ses Mémoires parue en 201622. Deux citations de cet ouvrage méritent d’être retenues.

La première est ainsi libellée : « Au plus fort de l’action et alors que des décisions doivent être prises, il arrivera que Jean-David Levitte, Nicolas Sarkozy, Alassane Ouattara et moi-même nous retrouvions ensemble au téléphone de manière croisée et simultanée, ce qui permettra de formuler en quelques minutes questions et réponses. Levitte me fera alors remarquer :’ça va plus vite que par télégramme !’ »… et pour les connaisseurs on pourrait rajouter ça ne laisse pas de traces écrites.

La seconde se lit ainsi : « Je réponds généralement à des questions particulières de Stéphane Gompertz qui se montre très concerné par le sort de nos compatriotes ». Stéphane Gompertz, brillant diplomate ancien élève de l’École normale supérieure et de l’École nationale d’administration qui a été ambassadeur en Éthiopie et en Autriche, est alors directeur d’Afrique et de l’Océan indien (DAOI) au Quai d’Orsay. Au moment de la crise ivoirienne, il suit la situation dans le pays heure par heure en étroite coopération avec le cabinet du ministre, Michèle Alliot-Marie puis Alain Juppé, avec le conseiller diplomatique de l’Élysée, Jean-David Levitte et le conseiller Afrique, André Parant (actuel secrétaire général adjoint du Quai d’Orsay). C’est donc un homme parfaitement au fait du déroulement des opérations ayant conduit à la mise à l’écart de Laurent Gbagbo le 11 avril 2017 grâce à la présence de chars français et au bombardement de l’hôtel du Golf par des hélicoptères français.

Dans la foulée de ses exploits ivoiriens, Jean-Marc Simon qui fut conseiller Afrique du ministre des Affaires étrangères sous la première cohabitation et directeur de cabinet de plusieurs ministres de la Coopération et ambassadeur en RCA, au Nigéria, au Gabon et en Côte d’Ivoire, est élevé, par la grâce de Nicolas Sarkozy, à la dignité d’ambassadeur de France.

L’influence de la Cour : un travers de la Françafrique au Quai d’Orsay

Que découvre-t-on à la lecture des documents publiés sur l’ingérence française dans le suivi du dossier ivoirien par la CPI ?23 Que du côté de La Haye et de Paris, c’est l’effervescence pour écarter durablement Laurent Gbagbo de la scène ivoirienne. Qu’écrit Stéphane Gompertz dans un courriel daté du 11 avril 2011 à plusieurs officiels français, au Quai et à l’Élysée, une diplomate française du nom de Béatrice Le Fraper du Hellen, très proche de l’ancien procureur (très sang bleu Quai d’Orsay) ? Ceci : « Un collaborateur français (du procureur) vient de m’appeler. Le procureur souhaite que Ouattara ne relâche pas Gb (pour Gbago) et qu’un État de la région renvoie au plus vite à la CPI au plus vite ». Notons que cette requête ne repose juridiquement sur rien : ni compétence juridique, ni mandat d’arrêt pour traduire devant la CPI Laurent Gbago pour crimes contre l’humanité. Nous sommes loin des critères d’indépendance et d’impartialité imposés par le statut de la Cour. On s’interroge sur le point de savoir si les diplomates français s’ingèrent dans les procédures de la CPI comme ils le feraient (ou ils le font) dans les procédures françaises avec les membres du parquet français. Ceci donne à réfléchir. Nous attendons avec impatience les suites qu’envisagent de donner le Quai d’Orsay (sur le plan disciplinaire) et le parquet (sur le plan pénal) à cette affaire sauf à ce que la déraison d’État ne conduise tout simplement à classer l’affaire sous quelques piles de dossier croustillants.

Pour mémoire, rappelons qui est Béatrice Le Fraper comme nous l’indique le site officiel de l’ambassade de France à Malte où elle occupe les fonctions d’ambassadeur depuis 2015 ? À tout le moins, nous devons convenir qu’elle est une experte reconnue et respectée des droits de l’homme.

« Née le 28 juin 1961, Son Excellence Madame Béatrice le Fraper du Hellen est titulaire du Diplôme de l’Institut d’études politiques. Conseiller des Affaires étrangères hors classe, elle est Chevalier de l’Ordre National du Mérite et Chevalier de la Légion d’honneur. Après un premier poste à l’Ambassade de France au Bénin, elle devient, en 1988, chargée des Droits de l’Homme à la Direction des Nations Unies et organisations internationales du Ministère des Affaires étrangères. Nommée en 1991 déléguée de la France à la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies à Genève, Béatrice le Fraper du Hellen préside notamment la Conférence portant adoption de la Déclaration de l’ONU sur la Protection des Personnes contre les Disparitions Forcées. A la Direction des Affaires juridiques du Ministère des Affaires étrangères de 1996 à 2000, elle est chargée des négociations du Statut de Rome de la Cour Pénale Internationale et des stratégies d’arrestations de criminels de guerre. Conseiller à la Représentation permanente auprès du Conseil de l’Atlantique Nord à Bruxelles de 2000 à 2004, elle devient ensuite Sous Directrice des droits de l’Homme et des affaires humanitaires au Ministère des Affaires étrangères. En 2006 elle rejoint la Cour pénale internationale de La Haye en tant que Conseiller spécial du Procureur et Directrice de la coopération, chargée entre autres des arrestations de personnes poursuivies. En juin 2010, Madame le Fraper du Hellen est nommée Chef du pôle Droits de l’Homme et Conseillère juridique à la Mission permanente de la France auprès des Nations unies à New York. Le 8 janvier 2015, elle prend les fonctions d’Ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République de Malte »24.

Pour ce qui est de la suite de l’histoire, il n’y a rien à ajouter de plus si ce n’est que Laurent Gbagbo a bien été traîné devant la CPI et que le déroulement de la procédure démontre que le dossier du nouveau procureur tel qu’il existe en 2013 est trop faible pour pouvoir envisager un procès. Mais, l’intéressé n’est toujours pas libéré au titre de la présomption d’innocence, principe cardinal du droit français. Il est inculpé en 2014 pour crimes contre l’humanité en compagnie de Charles Blé Goudé. Sa santé est source de préoccupation. Quant aux crimes commis pendant la guerre par les troupes d’Alassane Ouattara et son actuel premier ministre, Guillaume Soro (800 civils massacrés dans l’ouest du pays), aucun mandat n’a, à ce jour, été émis par la CPI. Du bon usage de la justice à géométrie variable et du deux poids, deux mesures25.

La France devant la CPI : un nouvel usager ?

L’affaire Lafarge26 connaît de nouveaux développements avec la demande formulée par l’ONG Sherpa, partie civile dans l’enquête sur les activités du cimentier en Syrie, visant à entendre comme témoins l’ex-ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius et deux anciens ambassadeurs. Rappelons que le parquet a ouvert en octobre 2016 une enquête préliminaire sur la base d’une plainte de l’ancien ministre des Finances, Michel Sapin pour infraction au code des douanes. Pour ne pas être en reste, Sherpa estime « qu’il n’est pas question seulement de financement de terrorisme mais aussi partiellement de complicité de crime de guerre et de crime contre l’humanité »27. Rien de moins ! Des graves inconvénients de la diplomatie économique (concept aussi farfelu que dangereux car il doit arbitrer entre valeurs et intérêts) portée par Laurent Fabius telle le Saint-Sacrement qui pourrait lui revenir à la figure comme par effet boomerang ! Peut-être pourrait-il un jour devoir répondre de ses actes devant la CPI et reprendre la cellule occupée par Laurent Gbagbo, le jour où ce dernier sera libéré, faute de preuves irréfragables ?

« Il se passera du temps avant que la justice des hommes ait fait sa jonction avec la justice ». Quelle vérité dans cette réflexion de Victor Hugo ! Il en va tout autant pour la justice nationale que pour la justice internationale. Ni l’une, ni l’autre ne sont infaillibles. Sans parler des dérives inhérentes à une justice internationale qui joue le rôle de moulin à prières des droits de l’homme et d’encensoir du droit humanitaire. L’éthique n’est pas le droit. Elle est une manière d’éluder le droit qui devrait constituer son unique boussole28. Ce « CPIgate » tombe au plus mauvais moment pour une juridiction qui prête le flanc à la critique depuis sa création et dont le bilan est loin d’être convaincant pour le moment. Sophocle répond en partie à notre interrogation existentielle sur les vertus et les vices de la CPI lorsqu’il écrit : « Je n’ai que mépris pour le mortel qui se réchauffe avec des espérances creuses ».

D’un certain point de vue, le mantra de la paix par le droit qu’incarne en partie cette juridiction n’entre-t-il pas dans cette catégorie des « espérances creuses » ? Que dire de tous ces ministres, hauts fonctionnaires français qui, de compromis en compromissions, écornent l’éthique, voire le droit, en agissant comme s’ils étaient les représentants de Républiques bananières que nos plus hautes autorités n’ont de cesse de stigmatiser dans les enceintes internationales ? Quid de la moralisation de la vie publique, cap et boussole du quinquennat jupitérien ? Décidemment, rien ne va plus à la Cour pénale internationale.

Guillaume Berlat

16 octobre 2017

Un véhicule de convoyage de fonds de la Société de Transport Abidjanais (Sotra) de type fourgonnette a été attaqué par des bandits ce lundi matin, indique une source sécuritaire.

Selon la source, le braquage s’est déroulée à 8 H à sa sortie du dépôt 8 à Port-Bouët (Sud d’Abidjan) derrière warf non loin de l’aéroport d’Abidjan. Les gangsters emporté la recette journalière, selon des témoins.

 

« Les bandits puissamment armés ont tiré sur le véhicule avant que celui-ci ne s’immobilise. Ils se sont emparés de la recette avant de s’enfuir », explique la source sécuritaire.

 

Tigane Jean Bavane

Trois proches du président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire Guillaume Soro dont l’ancienne ministre de la Communication, Affoussiata Bamba-Lamine, porte-parole de l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), ont été « mis sous surveillance par la Direction de la surveillance du territoire (DST) », a appris samedi ALERTE INFO auprès de leur entourage

Il s’agit de Mme Bamba-Lamine, Moussa Touré, chef du service communication de M. Soro et du porte-parole d’une amicale regroupant des anciens responsables de l’ex-FN, Félicien Sekongo.

Cette surveillance intervient à la veille du retour de M.Soro à Abidjan, après neuf semaines de « vacances parlementaires ».

Annoncé Samedi, Guillaume Soro rentrera dimanche en raison de « deux séances de travail » à Paris, a indiqué M.Touré à ALERTE INFO.

Le 09 septembre, Souleymane Kamaraté dit « Soul To Soul », le directeur du protocole du président de l’Assemblée nationale, a été arrêté, après la découverte en mai d’une cache d’armes de « plus de six tonnes » dans sa résidence, lors d’une mutinerie à Bouaké (Centre ivoirien).

Alerte info

«Même sous Gbagbo que nous avons combattu durement, les proches de Guillaume Soro n’ont pas été autant harcelés. » a dit Moussa Touré, Chef du service communication de Guillaume Soro. Ce proche collaborateur de Soro Guillaume est amer. Il a, selon ses proches, failli être arrêté samedi dernier. Hier, certains partisans du Président de l’Assemblée nationale n’ont pu avoir accès à l’aéroport pour l’accueillir. En plus de Soul To Soul qui est à la Maca. Et aussi de certains proches de leur mouvance qui ont été débarqués de leurs postes. Tout cela le rend amer. « Même sous Gbagbo, on ne nous maltraitait pas comme cela »

 

(Abidjanshow )

Entre le chef de l’Etat ivoirien et le président de l’Assemblée nationale, l’heure de vérité approche : chacun devra abattre ses dernières cartes et sortir de l’ambiguïté.

Par Thomas Hofnung (chroniqueur Le Monde Afrique)

LE MONDE

Depuis cette nuit de septembre 2002, où un groupe de putschistes tenta, sans succès, de renverser le pouvoir de Laurent Gbagbo à Abidjan, la question n’a jamais cessé de brûler les lèvres de nombreux Ivoiriens, et de les diviser tout autant : Alassane Dramane Ouattara (ADO) était-il de mèche, cette fameuse nuit, avec les hommes dirigés par Guillaume Soro ? Autrement dit, les rebelles faisaient-ils le « sale boulot » pour « ADO », écarté de la course présidentielle en 2002 pour cause de « défaut d’ivoirité » ?

Nombreux sont ceux qui, sur les bords de la lagune Ebrié, sont persuadés de l’existence, depuis le début, d’un deal caché entre ces deux personnalités. Pourtant, la relation entre deux hommes si différents, et que seule une même soif de pouvoir rapproche, est bien plus complexe que cela. A bien des égards, elle s’apparente à un théâtre d’ombres dont l’épilogue approche, comme tend à le prouver à l’arrestation récente d’un proche de Guillaume Soro. Souleymane Kamaraté Koné, son chef de protocole à l’Assemblée nationale, est accusé par la justice ivoirienne d’avoir dissimulé six tonnes d’armement à son domicile de Bouaké et d’en avoir obligeamment fourni une partie à des mutins, il y a quelques mois.
L’impétrant

Rien n’est simple, en vérité, dans cette histoire ivoirienne. Rappelons, pour commencer, qu’à la surprise générale, en mars 2007, Guillaume Soro signait les accords de Ouagadougou avec Laurent Gbagbo, avant de devenir son premier ministre. Le « meilleur » qu’il eût sous son autorité, dit même un jour l’ancien président, avec son sens consommé de l’humour mâtiné de perfidie.
A l’issue de la présidentielle tant attendue de la fin 2010, on se souvient que Guillaume Soro choisit son camp : il remit sa démission de premier ministre à Laurent Gbagbo, avant d’être immédiatement nommé… premier ministre par Alassane Ouattara. Et si Laurent Gbagbo avait gagné le scrutin à la régulière, quel choix Guillaume Soro, un animal politique à sang froid, aurait-il fait ? Peut-être bien que l’impétrant serait toujours à la tête du gouvernement.

Durant la crise post-électorale, les rôles furent bien répartis entre les deux hommes : à Alassane, le gouvernail politique, les tractations avec la communauté internationale pour tenter de débloquer la situation. A Guillaume, l’action concrète pour s’extirper de la « cage dorée » de l’hôtel du Golf, où se terraient Ouattara et ses partisans, et pour bouter Gbagbo hors de la résidence présidentielle de Cocody où il s’était retranché. La force, « c’est Guillaume qui gère », disait alors un proche d’ADO. A la tête de ses « com zones » (chefs rebelles), il parvint à ses fins, mais avec l’aide providentielle des forces françaises et de l’ONU à Abidjan pour capturer le président sortant et mettre ainsi fin à la pire crise qu’avait connue le pays en un demi-siècle d’indépendance.
Pas du sérail

En vertu de ses bons et loyaux services, Guillaume Soro attendait, après la réforme constitutionnelle de 2016 un poste de vice-président, pour mieux se positionner comme le dauphin putatif d’ADO. Il attend toujours. Et commence sérieusement à s’impatienter. Mais Guillaume Soro le sait : aux yeux des caciques du Rassemblement des républicains qui brûlent d’ambition de succéder au président actuel, il n’est qu’un accident de l’Histoire, qu’ils voudraient bien archiver définitivement. Soro n’est pas du sérail ni issu d’une vieille famille de l’aristocratie du nord du pays. Bref, il n’est pas du même monde.

Le pouvoir, Soro doit aller le chercher « avec les dents », et en se salissant les mains. Ses hommes sont responsables de nombreuses exactions et, à ce titre passibles de poursuites devant la Cour pénale internationale (CPI). Au fond, il n’est guère surprenant qu’il ait gardé des stocks d’armements sous le boisseau, à Bouaké ou à Korhogo. La peur qu’on inspire, c’est aussi une arme politique.
Après des années de clair-obscur, l’heure de vérité, donc, approche entre Alassane Ouattara et Guillaume Soro. Il faudra bien que chacun abatte ses cartes, et sorte de l’ambiguïté, forcément à ses dépens. Et l’on verra alors que la complicité supposée entre les deux hommes n’était peut-être que duplicité.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/10/20/alassane-ouattara-et-gu...

Deux ans après, le coup d’État manqué au Burkina recèle toujours sa part de mystère. Notamment sur l’implication présumée de certaines personnalités politiques et militaires ivoiriennes.

 

Le coup d’État manqué au Burkina Faso n’a pas encore révélé tous ses mystères. Durant cette semaine de septembre 2015 qui a fait vaciller leur pays, les Burkinabè s’interrogeaient déjà sur le possible soutien extérieur dont auraient pu bénéficier les putschistes. Leurs soupçons se sont vite dirigés vers la Côte d’Ivoire, terre d’exil du président déchu Blaise Compaoré. Les liens des anciens dignitaires du régime de ce dernier avec Abidjan ne sont un secret pour personne. Aujourd’hui, ces craintes sont loin d’avoir été dissipées.

 

Le 8 octobre, le site d’information français Mediapart a en effet publié des extraits de l’ordonnance du juge d’instruction François Yaméogo, chargé de l’enquête au tribunal militaire de Ouagadougou. On y apprend notamment que le général Gilbert Diendéré a affirmé, lors de sa déposition, avoir reçu de l’argent et du matériel de maintien de l’ordre de la part de Vagondo Diomandé, le chef d’état-major particulier du président ivoirien Alassane Dramane Ouattara (ADO). Avec ces nouvelles déclarations, la question se pose : le plus haut niveau de l’État ivoirien a-t-il apporté son soutien politique et opérationnel aux putschistes burkinabè ?

 

Crise de 2015

Retour sur les faits. Le 19 septembre 2015, Ouagadougou est quadrillée depuis trois jours par les militaires du Régiment de sécurité présidentielle (RSP). L’ancienne garde prétorienne de Blaise Compaoré a pris le pouvoir par la force et installé son patron historique, le général Gilbert Diendéré, à la tête de l’autoproclamé Conseil national pour la démocratie (CND).

 

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Comme il le confie à certains de ses interlocuteurs, la situation est « un peu compliquée » pour Diendéré. Il se sent isolé et doit motiver ses hommes. Il ordonne alors à un hélicoptère MI-17 de l’armée de l’air d’effectuer un discret aller-retour à la frontière ivoirienne. À son bord : un équipage de quatre militaires qui ignorent tout de leur mission et le capitaine Gaston Ouédraogo, le chef du service administratif et financier du RSP.

 

L’appareil se pose à 500 km de la capitale burkinabè, à Niangoloko. Sur place, des gendarmes sécurisent la zone, tandis que deux 4×4 ivoiriens font leur apparition. Ils transportent des caisses de grenades lacrymogènes et une valise d’argent. L’hélicoptère redécolle rapidement après avoir récupéré sa précieuse cargaison. Retour au palais de Kosyam. « Les caisses de grenades lacrymogènes et la valise ont été chargées dans le 4×4 d’un officier du RSP, raconte un militaire présent ce jour-là. Le capitaine Ouédraogo est monté dedans, puis il a filé directement à l’état-major particulier de la présidence [les bureaux de Diendéré], situé à quelques centaines de mètres. »

 

Proches de l’ancien président Blaise Compaoré

Au juge Yaméogo, Diendéré assure que de l’argent a été donné à deux responsables politiques pro-Compaoré : Léonce Koné, vice-président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), et Hermann Yaméogo, le patron de l’Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD). À leur tour interrogés par le magistrat, ces deux hommes auraient reconnu avoir reçu la somme de 50 millions de F CFA (environ 76 000 euros) « d’une puissance étrangère ». Contacté par JA, Koné reconnaît avoir perçu de l’argent, « mais pas de l’étranger ».

 

C’est « totalement faux », confirme-t-il. En outre, Diendéré a dit au juge d’instruction avoir reçu 84 millions de F CFA après en avoir fait la demande au général Diomandé, destinés selon lui aux militaires du RSP. Au sein du régiment putschiste, très peu semblaient informés de l’existence de cette « aide », encore moins qu’elle serait venue de Côte d’Ivoire. « Nous n’avons jamais vu la couleur de cet argent, assure un ex-officier du RSP sous le couvert de l’anonymat. Nous avons même dû donner de notre poche pour aider certains soldats, car les banques étaient fermées. » Plusieurs sources évoquent pourtant des sommes allant jusqu’à 500 millions de F CFA.

 

Le discret  Diomandé

Évoluant dans l’ombre de leurs patrons respectifs depuis des années, Diendéré et Diomandé se connaissent bien. Très discret, voire effacé, ce dernier est l’un des militaires les plus proches d’ADO. Lorsque Ouattara était Premier ministre, de 1990 à 1993, il était son aide de camp. Écarté des premières sphères du pouvoir dès l’arrivée d’Henri Konan Bédié à la présidence, il est rappelé par le général Robert Gueï au lendemain du coup d’État de 1999.

 

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Mais ses origines ouest-ivoiriennes –  il vient de la région de Man, comme Gueï – ne le protègent pas de la défiance qui s’abat rapidement sur les pro-Ouattara. Interpellé à la suite du prétendu « complot du cheval blanc », en 2000, il est torturé avant d’être relâché. Lorsque la rébellion contre Laurent Gbagbo s’installe dans le nord du pays, en 2002, Diomandé reste à Abidjan. À l’arrivée des Forces nouvelles dans la capitale économique, en 2011, il apporte son aide, en partageant notamment son expertise militaire avec Guillaume Soro lors des derniers combats.

 

De nombreuses sources diplomatiques et sécuritaires écartent la possibilité d’une initiative personnelle de Diomandé

Sitôt installé à la présidence, ADO le nomme commandant du Groupement de sécurité du président de la République (GSPR) avant d’en faire, fin 2013, son chef d’état-major particulier. Le général devient à la fois conseiller et exécutant du président. « Il ne prend aucune initiative et répond aux ordres », explique un proche du pouvoir. Diendéré assure ne pas savoir si les fonds destinés aux putschistes burkinabè provenaient directement de Ouattara, mais de nombreuses sources diplomatiques et sécuritaires écartent la possibilité d’une initiative personnelle de Diomandé. « S’il a agi, c’est qu’ADO ou son frère [Téné Birahima Ouattara] le lui a demandé », dit un diplomate.

 

« Coup de pouce » ivoirien ?

Ministre des Affaires présidentielles, Téné Birahima Ouattara, gère notamment les questions sécuritaires et une partie des fonds de la présidence. Cet homme, qui n’apprécie guère d’être dans la lumière, connaît bien le Burkina Faso et Gilbert Diendéré. « Du temps de Compaoré, il faisait régulièrement des missions officieuses à Ouaga. C’est un personnage extrêmement discret et précautionneux. Il dormait à l’hôtel Laïco et ne voulait ni escorte ni voiture officielle. Il voyait quelques personnalités puis repartait », raconte un ex-proche de Blaise Compaoré. Sollicitée, la présidence ivoirienne a refusé de commenter l’affaire. Mais, dans l’entourage du chef de l’État, on dément formellement ces accusations. « Le président n’est pas mêlé à cette histoire et il n’a permis à aucun de ses collaborateurs de s’impliquer », assure un proche.

 

S’ils ne dédouanent en rien Guillaume Soro, ces nouveaux éléments font en tout cas sourire son entourage. « Nous savions depuis le début que la présidence avait décidé de donner un coup de pouce à Diendéré », affirme Sindou Meïté, l’un de ses conseillers. Le président de l’Assemblée nationale – dont les relations avec Alassane Ouattara se sont fortement dégradées ces derniers temps – était jusqu’ici la seule personnalité ivoirienne directement suspectée par la justice burkinabè d’être mêlée au putsch.

 

En novembre 2015, il était directement mis en cause par la publication de deux conversations téléphoniques présumées qu’il aurait eues avec le général Diendéré et Djibrill Bassolé pendant le coup d’État à Ouaga, dans lesquelles il soutiendrait ouvertement les putschistes. Ces soupçons avaient été renforcés par la découverte de 400 gilets pare-balles et d’argent liquide lors d’une perquisition de la gendarmerie dans sa villa à Ouaga 2000, très peu de temps après l’échec du coup d’État.

 

Écoutes téléphoniques

Mais Soro n’a pas été le seul à décrocher son téléphone. Nombreuses ont été les personnalités ivoiriennes à appeler le général Diendéré, comme l’ont prouvé d’autres écoutes téléphoniques captées par les services de sécurité burkinabè. Dans l’une d’entre elles, un homme présenté comme le général Soumaïla Bakayoko, à l’époque chef d’état-major de l’armée ivoirienne, conseillait ainsi à Diendéré « de mener l’action » pour faire basculer le rapport des forces. « Monte un truc bien. Quoi que ce soit, je ne sais pas [sic] », dit-il à son homologue burkinabè, avec lequel il a tissé des liens pendant la rébellion ivoirienne, dont il a aussi été le chef d’état-major.

 

« Bakayoko s’y rendait tous les mois pour rencontrer Compaoré, Diendéré et Bassolé », prétend un militaire français

Pour Bakayoko et les rebelles nordistes, Ouagadougou était alors une base de repli. « Bakayoko s’y rendait tous les mois pour rencontrer Compaoré, Diendéré et Bassolé », rappelle un militaire français. « La collusion entre les ex-responsables du régime Compaoré et les anciens rebelles ivoiriens est évidente. Ils se tiennent tous les uns les autres », poursuit un diplomate occidental. Très proche du couple Diendéré, le lieutenant-colonel Koné Zakaria, ancien commandant de zone (comzone), s’est lui entretenu avec Fatou, l’épouse de Gilbert, dans les dernières heures du putsch. Les deux se donnent du « mon fils » et du « la vieille ». « Ne vous en faites pas, ici vous avez beaucoup de soutiens la vieille ! […] Que ce soit en hommes, que ce soit d’autres… On ne peut pas tout dire. Mais c’était ma première fois de voir le général Bakayoko couler une larme [sic] », assure alors Koné Zakaria.

 

Kaboré a mis de l’eau dans son vin

Plus de deux ans après les faits, ces nouveaux éléments sur le soutien supposé d’Abidjan aux putschistes burkinabè peuvent-ils semer le trouble dans des relations qui commençaient à s’apaiser entre la Côte d’Ivoire et le Burkina ? « Les deux pays n’ont pas d’autre choix que de s’entendre. L’affaire du putsch a jeté un froid, bien sûr, mais depuis tout cela s’est tassé », pense un diplomate occidental en poste à Abidjan. Pour un homme d’affaires ivoirien proche du président Roch Marc Christian Kaboré, il y a peu de risques que la tension monte. « Ça fait un moment que les Burkinabè savent ce qui s’est passé pendant le putsch avec certains Ivoiriens. Aujourd’hui, le silence de Ouaga montre bien que c’est de l’histoire ancienne », estime-t-il.

 

Un temps agacé par ce soutien, Kaboré a rapidement mis de l’eau dans son vin. Réputé pour son pragmatisme et son sens du consensus, le chef de l’État burkinabè a joué l’apaisement avec Abidjan. Il a ainsi enterré le mandat d’arrêt international qui visait Guillaume Soro, laissant à la justice ivoirienne le soin de traiter ce cas explosif – ce qu’elle n’a toujours pas fait. En privé, Kaboré ne cache pas sa lassitude face au dossier du putsch. Il aimerait pouvoir le solder dès que possible, car il estime qu’il monopolise trop l’attention de ses compatriotes, en plus de compliquer les relations avec ses voisins.

 

L’exil de Blaise Compaoré sur les bords de la lagune Ébrié n’arrange en rien la situation. Pendant longtemps, l’entourage de Kaboré était convaincu que l’ex-président complotait contre eux depuis Abidjan. Le chef de l’État burkinabè s’est jusqu’à présent montré patient. Reste à savoir jusqu’à quand.

 

À quand le procès ?

Initialement prévue le 6 octobre, l’audience de confirmation des charges contre les Burkinabè Gilbert Diendéré et 106 autres inculpés, civils ou militaires, impliqués dans l’affaire du putsch manqué de 2015, débutera le 22 octobre. Cette phase de mise en accusation durera trois semaines et doit confirmer ou infirmer les charges retenues (attentat à la sûreté de l’État, trahison, crimes contre l’humanité, etc.)

 

La partie immergée des écoutes

Les différents enregistrements téléphoniques mettant en cause des responsables politiques et militaires ivoiriens dans le putsch manqué de septembre 2015 au Burkina Faso ont été captés par le système de surveillance mis en place sous le régime de transition par le Premier ministre Yacouba Isaac Zida et son ex-ministre de la Sécurité, Auguste Denise Barry. Alors que la situation était très instable à Ouaga, Gilbert Diendéré, ses proches et plusieurs militaires du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) avaient été placés sur écoute par les forces loyalistes qui se sont opposées au coup d’État. Cette surveillance téléphonique a rapidement révélé des contacts entre certains d’entre eux et des correspondants ivoiriens. « Quand nous écoutions, nous ne savions pas toujours qui était au bout du fil en Côte d’Ivoire », affirme un officier qui était au cœur de la contre-offensive loyaliste. Mais quelques interlocuteurs ont été facilement identifiés, comme Guillaume Soro ou le général Soumaïla Bakayoko. Plus d’une centaine de conversations auraient été enregistrées durant cette période, mais seules quelques-unes ont été divulguées par le premier cercle d’Isaac Zida et rendues publiques par différents médias ou via les réseaux sociaux.

 

Jeune Afrique

L’interdiction de la commercialisation et de la consommation du porc et des sous-produits dérivés ne concerne que la zone affectée de Ferkessédougou, a précisé jeudi soir à Abidjan, Dr Zoumana Méïté Anlyou, Directeur de cabinet du ministre ivoirien des ressources animales et halieutiques.

‘’Au début du mois de septembre 2017, des mortalités de porcs ont été constatées dans des élevages du Département de Ferkessédougou au Nord-Est de la Côte d’Ivoire’’, a expliqué Dr Méïté au cours d’un point de presse, relevant une ‘’mauvaise compréhension ou lecture’’ du communiqué relatif à la ‘’circulation du virus de la peste porcine africaine’’ publié la veille.

Les résultats des examens réalisés par le Laboratoire National d’Appui au Développement Agricole (LANADA) sur les porcs résiduels, se sont révélés positifs, confirmant ainsi la présence du virus de la peste porcine africaine, a-t-il ajouté.

Cette maladie affecte le capital animal des éleveurs, limite les possibilités d’intensification des élevages et opportunités d’accès aux marchés des animaux et des produits.

C’est pourquoi, a poursuivi le directeur de ce cabinet, ‘’ face à cette situation et en vue de circonscrire et d’éradiquer le virus responsable de cette maladie, des mesures urgentes suivantes sont prises’’.

Il s’agit de ‘’l’interdiction des mouvements, de la commercialisation et de la consommation publique des porcs et des sous-produits dérivés dans la zone affectée’’, du ‘’dépeuplement des élevages affectées ou à risque et abattages sanitaires des animaux sensibles’’ et de la destruction des carcasses et du matériel infecté’’.

La désinfection des porcheries, du matériel d’élevage et des lieux contaminés ainsi que la réactivation des groupements de défense sanitaire d’éleveurs de porcs sur toute l’étendue du territoire national figurent également sur la liste des mesures prises.

Une veille sanitaire a été également instituée sur toute l’étendue du territoire national, notamment dans les régions non touchées pour empêcher toute introduction malveillante dans celles-ci, des matières virulentes à partir des zones infectées et la mise en fonctionnement immédiate des postes de contrôle sanitaire.

Malheureusement, a regretté, Dr Zoumana Méïté Anlyou, ‘’cette information a été mal exploitée par certains organes de presse de la place faisant croire que le Gouvernement interdit la consommation et la vente de porcs en Côte d’Ivoire’’.

‘’Il n’en est rien. Nous tenons à vous rappeler que les mesures prises à travers le Communiqué de presse du 16 octobre 2017 relatif à la circulation du virus de la PPA ne concernent que les localités infectées dans le Département de Ferkessédougou’’ a ajouté le Directeur de cabinet, rappelant que cette même mesure a été appliquée en 2014 lorsque cette maladie est apparue dans le Département de San-Pedro (Sud-Ouest).

‘’Le Ministre des Ressources Animales et Halieutiques rassure donc les consommateurs et les acteurs de la filière que la consommation et la vente des porcs n’est pas interdite en Côte d’Ivoire en dehors du département de Ferkessédougou infecté par la maladie’’, a-t-il insisté, soulignant que la ‘’peste porcine africaine ne constitue pas une menace pour la santé de l’homme’’.

LS/APA

La procureure de la cour pénale internationale s’est exprimée, dans un entretien accordé au confrère ''Fraternité Matin'' du 17 octobre 2017, sur les accusations de complots révélés par Médiapart quant aux conditions de transfèrement de Laurent Gbagbo, à la Cpi.

 

Selon Fatou Bensouda, les allégations relayées par les médias n’atténuent en rien la gravité et la sévérité des accusations de crimes contre l’humanité auxquelles doit répondre Laurent Gbagbo eu égard au rôle qu’il a joué lors de la crise post-électorale 2010-2011. 

Ainsi poursuit-elle, la mission du bureau du procureur dans le cadre de l’enquête suivra son cours et ce dans le but de rendre justice aux victimes. « Le Bureau espère contribuer à faire jaillir la vérité au sujet des crimes et des actes de violence innommables commis après les élections en Côte d’ivoire, ainsi qu’à rendre une forme de justice aux milliers de victimes en cause » a-t-elle ajouté. 

Sans avoir de jugement sur l’exactitude de ces accusations, Bensouda reconnaît le statut de présumé innocent dont jouit l’accusé tant que sa culpabilité n’ai été établie. Il revient par conséquent à son bureau de convaincre les juges de la culpabilité de l’accusé. 

Elle a, par ailleurs, tenu à rassurer sur l’impartialité de la Cour contrairement à certaines appréhensions...

 

Autres Sources

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