L’ancien président de Côte d’Ivoire Laurent Gbagbo, en détention provisoire depuis 2011 à la Cour pénale internationale à La Haye, affirme dans un entretien exclusif à Mediapart que la France de Jacques Chirac, puis de Nicolas Sarkozy, a systématiquement saboté sa présidence. Refusant une trop grande indépendance du pouvoir d’Abidjan, Paris n'a cessé d'œuvrer à son renversement.

La Haye (Pays-Bas), envoyée spéciale.– Les récentes mutineries de militaires en Côte d’Ivoire sont venues rappeler que le président Alassane Ouattara était arrivé au pouvoir, en 2011, en recourant aussi à des combattants mercenaires, dont certains avaient été engagés dès 2002 dans un coup d’État raté contre Laurent Gbagbo. Dans le processus qui a conduit Alassane Ouattara à être déclaré élu à la présidence ivoirienne, il y a eu un acteur majeur : la France. Pour beaucoup de citoyens d’Afrique francophone, son implication dans la crise politico-militaire qu’a traversée la Côte d’Ivoire de 2002 à 2011 est évidente, même si elle a toujours cherché à cacher ou à faire oublier son rôle.
Détenu depuis six ans à La Haye par la Cour pénale internationale (CPI), Laurent Gbagbo est poursuivi pour « crimes contre l’humanité », des crimes qui auraient été commis en 2010 et 2011 : « meurtre, viol, autres actes inhumains ou – à titre subsidiaire – tentative de meurtre et persécution ».
L'ancien président ivoirien a une vision très précise de cette responsabilité française. Il l’a récemment détaillée dans des circonstances singulières : il a accepté que je lui rende visite dans sa prison, le 15 mai 2017. À la fin de nos échanges, il a donné son accord pour l’utilisation dans un article de certains de ses propos, qu’un de ses proches, présent aussi ce 15 mai, a relus avant publication (lire la Boîte noire en pied de cet article).

Le contexte entourant cette visite était également particulier. Chaque nouvelle audience du procès ouvert contre l’ancien président en janvier 2016, il y a donc bientôt déjà un an et demi, montre que la thèse de l’accusation s’effondre. En outre, il est de plus en plus question pour lui d’une possible libération, en raison de sa santé fragile, de son âge – 72 ans – et surtout de la durée de sa détention provisoire, qui a dépassé les normes admises par la Cour européenne des droits de l’homme.
Lors de cette entrevue du 15 mai, Laurent Gbagbo, élu en 2000, a dit n’avoir aucun doute : la France a cherché, pendant toutes ses années à la présidence, à l’écarter du pouvoir. À l’époque, il l’avait déjà plusieurs fois laissé entendre. Peu après le départ de Jacques Chirac de la présidence française, en 2007, il avait par exemple déclaré : « Depuis que Jacques Chirac est parti, je dors d’un sommeil profond et je me réveille tranquillement, sans penser que la nuit on peut attiser des militaires à droite et à gauche. »
Aujourd’hui, il assure « avoir su depuis le début » que Paris était derrière la tentative du coup d’État du 19 septembre 2002. Lorsque cette opération armée, menée par des ex-soldats ivoiriens pro-Ouattara, a eu lieu, Laurent Gbagbo était en visite officielle en Italie, où il s’était entretenu avec le président du Conseil, Silvio Berlusconi. Ce dernier l’avait mis en garde, raconte-t-il : « Il m’a dit : “Ne fais pas confiance à Chirac, il te plantera un coup de couteau dans le dos.”
La nuit suivante, la Côte d’Ivoire était attaquée. »
À l’époque, la ministre de la défense Michèle AlliotMarie avait refusé d’appliquer l’accord de défense liant la France à la Côte d’Ivoire et prévoyant l’intervention de l’armée française en cas d’agression extérieure contre la Côte d’Ivoire. Elle avait justifié cette décision en soutenant qu’il s’agissait d’un conflit entre Ivoiriens. Pourtant, les assaillants étaient partis du Burkina Faso, qui les avait appuyés sur le plan financier et logistique.
Par la suite, cette rébellion armée, qui a pris le nom de Forces nouvelles, a entretenu un état de guerre permanent et occupé 60 % du territoire ivoirien jusqu’en 2011, avec le soutien actif du président burkinabè Blaise Compaoré. Des militaires français n’ont jamais compris pourquoi le gouvernement français avait refusé d’aider l’armée ivoirienne à déloger cette rébellion, qui non seulement tenait la moitié du pays mais aussi y faisait régner la terreur. Une telle action militaire n’aurait pris que quelques jours.
Mais « cette décision politique de dire “Oui, on soutient le gouvernement Gbagbo, et on va rétablir la paix et la stabilité au nord de la zone de confiance” n’est jamais venue. […] La France a souscrit à cette partition du pays avec au nord les Forces nouvelles et au sud le gouvernement du président Laurent Gbagbo », a relevé en 2012 Georges Peillon, ancien porteparole de Licorne, opération militaire française en Côte d’Ivoire.
C’est parce qu’il était « de gauche » que le pouvoir français a tenté de le renverser, affirme aujourd’hui Laurent Gbagbo, qui a longtemps lutté pour la restauration du multipartisme en Côte d’Ivoire, obtenue en 1990. « Une partie de la droite [française], et surtout Villepin [qui est en 2002 secrétaire général de la présidence de la République avant de devenir ministre des affaires étrangères – ndlr], ne voulait pas que je sois président », dit-il, ajoutant : « Les Français m’ont toujours préféré dans l’opposition. »
« J’était trop indépendant »
L’ex-président précise que ses ennuis ont réellement commencé quand le socialiste Lionel Jospin a quitté ses fonctions de premier ministre en France et a été battu à l’élection présidentielle de mai 2002. C’est en effet seulement quelques mois plus tard qu’a eu lieu l’attaque du 19 septembre 2002. Si « la gauche » lui « a foutu la paix » au début, des cadres du Parti socialiste l’ont cependant fortement combattu par la suite. L’ex-ministre Henri Emmanuelli a été l’un des rares à être restés pour lui un fidèle ami, tout comme Guy Labertit, qui a été le « Monsieur Afrique » du Parti socialiste.
« J’étais trop indépendant » vis-à-vis de la France, avance aussi Laurent Gbagbo pour expliquer l’acharnement des autorités françaises contre lui. Il rappelle qu’il a dû un jour répondre à Chirac qu’il n’était pas un de ses sous-préfets. C’était en 2006 et il avait précisément déclaré : « Je ne suis pas président de la République pour travailler sous la dictée de quelqu’un. Je ne suis ni gouverneur, ni sous-préfet, ni préfet. Je suis un chef de l’État élu par son peuple. »
Pour illustrer cet esprit d’indépendance qui aurait déplu à Paris, l’ex-chef d’État évoque plusieurs mesures, prises très vite après sa prise de fonctions, dont l’adoption d’un « budget sécurisé » : il s’agissait pour l’État ivoirien de ne compter que sur ses ressources propres pour se financer. La France et l’Union européenne avaient à ce moment-là suspendu leurs prêts à la Côte d’Ivoire, après le rejet de la candidature d’Alassane Ouattara, pour défaut de nationalité ivoirienne, à des élections législatives.
Les Français « voulaient nous étouffer. Avec le budget sécurisé, l’idée, c’était : on ne demande rien à personne. Bien sûr, si certains voulaient nous aider, nous acceptions. Mais il n’était pas question de réclamer quoi que ce soit », explique Laurent Gbagbo. Ce dernier a aussi cherché à équiper l’armée ivoirienne en s’adressant à d’autres pays que la France. « Lorsque je suis arrivé à la présidence, nous avions des officiers très bien formés, mais qui n’avaient pas d’outils de travail. Kadhafi – qui jouait sur plusieurs tableaux à la fois – nous a procuré cent kalachnikovs : elles ont été les premières armes de la police. Ensuite, je me suis adressé à Eduardo Dos Santos », président de l’Angola, qui a lui aussi accepté de fournir des armes à la Côte d’Ivoire.
Mais « si on se passe des Français, c’est comme si on les agresse. Pour eux, c’est la France qui doit dicter la voie à suivre à la Côte d’Ivoire », constate l’ancien chef de l’État. « J’ai pensé que les réformes que je voulais engager auraient amené les Français à dire : “C’est un homme d’État, laissons le travailler.” »
Seulement, Paris voulait qu’Alassane Ouattara, au profil plus conciliant, arrive au pouvoir. Les Français « ont imposé Ouattara en 1989 à Houphouët-Boigny [président de la Côte d’Ivoire de 1960 à 1993 – ndlr]. L’objectif, dès cette époque, c’était de l’amener à la présidence », analyse Laurent Gbagbo. Allié fidèle des Français en Afrique de l’Ouest, Blaise Compaoré a soutenu ce projet : « Compaoré m’a dit : “Tu es mon ami, mais il faut Ouattara comme président.” » Blaise Compaoré « a toujours agi pour le compte de la France », selon l’ex-chef d’État. C’est d’ailleurs l’armée française qui a exfiltré Blaise Compaoré du Burkina Faso, fin 2015, alors qu’il était menacé par un important mouvement de contestation.
Début 2003, la France a poussé la Côte d’Ivoire à signer l’accord dit de Linas-Marcoussis, qui a enlevé à Gbagbo une partie de ses prérogatives présidentielles et l’a obligé, notamment, à faire entrer des représentants des Forces nouvelles dans le gouvernement. « Je me suis retrouvé avec des ministres totalement illettrés, qui ne savaient ni lire ni écrire ! », se souvient-il. Le président a fait par la suite de nombreuses concessions à ses adversaires, acceptant par exemple que l’opposition politique et armée devienne majoritaire au sein de la « commission électorale indépendante » chargée d’organiser les élections.

En novembre 2004, les relations entre la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo et la France de Jacques Chirac se sont considérablement détériorées. Le 6 novembre a eu lieu ce qu’on appelle aujourd’hui le « bombardement de Bouaké » : des avions ivoiriens pilotés par des Biélorusses ont tué neuf soldats français, à Bouaké. Chirac a aussitôt accusé son homologue ivoirien d’avoir été le donneur d’ordre. Ce dernier a nié toute responsabilité, sans être cru.
Trois jours plus tard, le 9 novembre, dans un contexte de grande confusion et après ce qui a ressemblé à un nouveau coup d’État raté, l’armée française a tiré sur une foule de manifestants non armés devant l’hôtel Ivoire, à Abidjan, tuant plusieurs dizaines de personnes. L’État ivoirien n’a jamais porté plainte à propos de cette fusillade, contre l’avis de collaborateurs de Laurent Gbagbo. Ce dernier dit aujourd’hui avoir plutôt « compté sur le temps pour que les gens y voient plus clair ».
Peut-être ce moment est-il arrivé : ces dernières années, l’enquête de la justice française sur le bombardement de Bouaké s’est orientée vers l’hypothèse d’une implication voire d'une responsabilité française. Début 2016, la juge chargée de l’enquête, Sabine Kheris, a ainsi demandé que les anciens ministres Dominique de Villepin, Michel Barnier, Michèle Alliot-Marie soient renvoyés devant la Cour de justice. Laurent Gbagbo se réjouit d’avoir pu être entendu par la magistrate, venue spécialement à La Haye, et d’avoir pu aussi rencontrer l’avocat des familles des soldats français, lui aussi persuadé de son innocence.
« Je ne suis pas en prison. Je suis otage »
En 2007, Laurent Gbagbo a conclu un nouvel accord de paix avec le chef des Forces nouvelles, Guillaume Soro. L’élection présidentielle qui devait avoir lieu peu après a cependant été plusieurs fois retardée. Laurent Gbagbo a été accusé de chercher à repousser au maximum cette échéance pour se maintenir au pouvoir. Les pressions politiques, venues essentiellement de Paris, ont fini par faire oublier que les rebelles n’ont jamais respecté les différents accords signés, dont celui de Linas-Marcoussis, qui fixaient leur désarmement comme préalable à l’organisation de la présidentielle. Les Forces nouvelles ont toujours refusé de se séparer de leurs armes.
Le scrutin a finalement été programmé pour la fin de l’année 2010. Nicolas Sarkozy, ami d’Alassane Ouattara, était alors président de la France depuis 2007. Laurent Gbagbo a vite vu que les choses allaient mal tourner : « J’ai compris que Sarkozy voulait utiliser les élections comme prétexte. On nous a par exemple imposé l’entreprise Sagem » pour assurer une grande partie des opérations techniques liées à l’organisation du vote. L’Élysée a en effet fortement insisté pour que Sagem Sécurité, société française, soit choisie par le gouvernement ivoirien. Ensuite, « Sarkozy a répété à Ouattara : “Tu vas gagner.” Puis ils ont levé des mercenaires dans la sous-région en leur promettant que s’ils arrivaient à enlever Gbagbo, ils auraient 12 millions de francs CFA chacun ».
La crise éclate début décembre 2010, après le second tour de la présidentielle. À l’issue d'un processus douteux, la commission électorale indépendante annonce des résultats provisoires donnant Alassane Ouattara victorieux, avec plus de 54 % des suffrages. Mais le Conseil constitutionnel décide, le lendemain, d’annuler pour fraudes massives les résultats dans sept départements du Nord, sous contrôle rebelle depuis 2002. Et il proclame la victoire de Laurent Gbagbo avec 51,45 % des suffrages, contre 48,55 % à son rival. Le représentant de la mission des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) et la communauté internationale, dont la France, prennent le parti d’Alassane Ouattara. Dès lors, le conflit est inéluctable.
Auparavant, Laurent Gbagbo avait plusieurs fois signifié son souhait de voir l’armée française quitter la Côte d’Ivoire, où elle dispose d’une importante base. Il l’avait en particulier fait savoir à une délégation envoyée par Nicolas Sarkozy à Abidjan pour revoir l’accord de défense liant les deux pays. Il se souvient avoir déclaré : « Cette ère [de présence militaire française en Côte d’Ivoire] est finie. » « J’ai cru que la sagesse l’emporterait. Je ne pensais pas qu’ils iraient jusqu’à bousiller le pays », commente aujourd’hui l’ancien président.
Pendant les cinq mois de crise postélectorale de 2010-2011, l'escalade des violences fait officiellement trois mille morts dans le pays. Face aux combattants de Ouattara, Laurent Gbagbo s’appuie sur les forces de défense et de sécurité, elles-mêmes soutenues par des groupes d’autodéfense (notamment dans l’Ouest), mais aussi sur le mouvement dit des « Jeunes patriotes »de Charles Blé Goudé, fidèle devenu ministre et jugé aujourd’hui dans le même procès que lui à La Haye. Mais la France, allant au-delà du cadre d’une résolution de l’ONU dans lequel elle était censée agir, a fait un usage inédit de la force, qui a stupéfié beaucoup d’Ivoiriens : début avril 2011, des hélicoptères français ont pilonné pendant plusieurs jours la résidence officielle du chef de l’État ivoirien, où ce dernier se trouvait avec ses enfants, ses petits enfants et des dizaines de collaborateurs. Plusieurs de ces derniers restent aujourd’hui persuadés que l’intention des Français était d’éliminer physiquement Laurent Gbagbo.
Le 11 avril 2011, après une dernière nuit d’intenses bombardements, une opération au sol menée par l’armée française a abouti à son arrestation. La résidence était alors en feu et en ruine. Ailleurs dans le pays, l’armée française a aussi joué un rôle important auprès des troupes levées par Alassane Ouattara pour prendre le contrôle de l’ensemble du territoire – avec, à la clé, la perpétration de massacres.
Six ans après, Laurent Gbagbo est donc toujours en détention provisoire. Il a d’abord passé huit mois dans le nord de la Côte d’Ivoire, dans des conditions éprouvantes et en dehors de tout cadre légal. Il est depuis novembre 2011 au centre de détention de Scheveningen de la CPI, à La Haye. Comme les six autres prisonniers (tous africains) de la CPI, il est détenu dans une cellule de 10 m2 et est soumis à des contrôles stricts. Il n’a pas vraiment été surpris de se retrouver là : depuis 2003, ses adversaires le menaçaient de l’amener devant la justice internationale, rappelle-t-il. Blaise Compaoré avait en effet déclaré en marge des « négociations » de Linas-Marcoussis, en janvier 2003 : « Gbagbo finira comme Milosevic, c’est-à-dire devant le Tribunal pénal international. » Quelques semaines après, en février 2003, Chirac avait repris la menace. Nicolas Sarkozy a fait de même en 2010, tout au début de la crise postélectorale.
« Je ne suis pas en prison. Je suis otage », estime Laurent Gbagbo. « Je suis là pour permettre à Ouattara d’être à la présidence » et aux Français de continuer à avoir la mainmise sur la Côte d’Ivoire, assure-t-il. Il n’en revient pas que Alassane Ouattara ait été obligé de faire appel à des aides extérieures pour assurer le fonctionnement de l’État ces dernières années. « J’ai toujours payé les fonctionnaires. L’État ivoirien a largement les moyens de fonctionner », affirme-t-il.
Il le répète : « Pour qu’il y ait développement, il faut résoudre le problème de l’indépendance » des pays d’Afrique francophone. Aujourd’hui, « deux points fondamentaux bloquent cette indépendance : la défense et la monnaie. L’armée française maintient son assise sur nous », et la monnaie, le franc CFA, reste contrôlée par la France, détaille Laurent Gbagbo.
Il confie avoir cherché le moyen de quitter la zone franc, mais « il ne fallait pas faire sortir la Côte d’Ivoire seule, sinon [le pays] se serait fait attaquer aux frontières ». C’est ce qui était arrivé à la Guinée, en 1960 : deux ans après avoir obtenu son indépendance, elle avait créé sa banque centrale et sa monnaie, le franc guinéen. Mais lorsque ce dernier avait été mis en circulation, les services secrets français avaient injecté de la fausse monnaie dans l’économie du pays, la faisant plonger aussitôt durablement. Dans les années 2000, Laurent Gbagbo s’est rendu compte que les autres dirigeants des pays d’Afrique francophone n’étaient pas prêts à envisager un départ de la zone franc (lire ici notre série sur le franc CFA).
Pour comprendre ce qu’est la Françafrique, « il faut lire le chapitre 12 du texte originel de la Constitution de 1958 », insiste Laurent Gbagbo, pour qui « les Français continuent leur politique coloniale ». Selon ce chapitre qui porte sur la « communauté », c’est la France qui définit et conduit la politique étrangère de ses colonies, ainsi que leur défense, leur monnaie, leur politique économique et financière, leur politique des matières premières stratégiques, leur justice, leur enseignement supérieur, leur organisation générale des transports extérieurs et communs, ainsi que des télécommunications. Pour l’ancien président ivoirien, « c’est là qu’est l’esprit de la Françafrique ». Et gare à celui qui ne le respecte pas. « J’étais condamné à être attaqué… », dit l’ancien président ivoirien.

Boite noire
Après avoir fait une demande de visite auprès de la CPI, je suis allée voir Laurent Gbagbo le 15 mai 2017 au pénitencier de la CPI à La Haye. L’ancien président, que je n’avais jamais rencontré auparavant, a accepté de me recevoir en tant qu’auteure du livre France Côte d’Ivoire, une histoire tronquée (Vents d’ailleurs, 2015). À la fin de notre entrevue, il m’a donné son accord pour que j’utilise, pour un article, certains des propos qu’il avait tenus au cours de nos trois heures d’échanges. Selon notre accord, j’ai fait relire, avant publication, à l’un de ses proches présent aussi ce 15 mai les passages que j’avais sélectionnés.
Lorsque l’on fait une demande de visite à la CPI, l’on s’engage préalablement à « ne révéler aucune information aux médias ». Le public a pourtant le droit de savoir ce qui se passe derrière les barreaux du centre de détention de la CPI, cette dernière étant financée par ses États membres, donc par de l’argent public. La France est ainsi le troisième pays qui contribue le plus (après le Japon et l’Allemagne) à son budget, qui a été fixé à 144 587 300 euros pour 2017.
Une fois à la prison de la CPI, où sont actuellement détenues six personnes, il faut franchir plusieurs portes et dispositifs de sécurité. Les consignes : ne rien avoir dans ses poches, hormis quelques pièces de monnaie pour pouvoir éventuellement utiliser un distributeur de boissons, installé dans l’une des salles où se font les visites. Les prisonniers, eux, ne disposent au quotidien que de petits montants pour l’achat de leurs produits tropicaux et pour des appels téléphoniques à leurs proches. La salle où Laurent Gbagbo a été autorisé à me recevoir est un petit réfectoire, où sont installés des canapés, un évier et le fameux distributeur de boissons. J’ai pu aussi apercevoir l’ancien ministre de Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, incarcéré depuis mars 2014 et jugé dans le même procès que lui, ainsi que l’Ougandais Dominic Ongwen, en détention depuis janvier 2015 et jugé depuis fin 2016.

PAR FANNY PIGEAUD
ARTICLE PUBLIÉ LE MERCREDI 7 JUIN 2017

En savoir plus sur...https://www.mediapart.fr/journal/international/030617/hold-laurent-gbagb...

Police universitaire Côte d’Ivoire. En avril 2011, le Président  a décidé de la fermeture des universités publiques de Côte d’Ivoire pour réhabilitation en raison des dommages postélectorales et de la vétusté des bâtiments. Les travaux de réhabilitation d’un coût colossal ont été confiés à la Société des Infrastructures Modernes pour le Développement de la Côte d’Ivoire (SIMDCI).

Suite au conseil des ministres du 05 Mars 2013, de la volonté du gouvernement d’assainir le milieu estudiantin par la protection des biens et des personnes est née la Police Universitaire, avec pour rôle la protection des autorités académiques et administratives, du maintient de l’ordre sur le campus, du contrôle des entrées et des sorties sur le campus, de la surveillance des administrations, de l’anticipation sur tous les mouvements au sein du campus par la sensibilisation, la sécurisation des infrastructures et équipements, la protection des aires et de l’environnement.

  • RECRUTEMENT

Dans le courant du mois d’Octobre 2012, quelques semaines après la remise des clefs des Universités par le Président de la République Alassane Ouattara au Pr , Présidente de l’Université Félix Houphouët Boigny, nous sommes informés de la mise en place d’une Unité de sécurité au sein des différentes Universités. Nous nous rendions le vendredi 12 Octobre pour un dépôt des dossiers. Nous sommes contactés le Dimanche 14 Octobre pour un entretient.

Fac similé d'un courrier pour intervention, adressé au vice-président de la RépubliqueFac similé d’un courrier pour intervention, adressé au vice-président de la République

Au cours de cet entretien Mr , Ex Directeur financier et du Patrimoine du Ministère de l’Enseignement Supérieur sous le Ministre CISSE IBRAHIM BACONGO, nous rassure des meilleures conditions de travail avec des avantages et des primes de salaires conséquents, quoi de plus normale pour une jeunesse diplômée et sans emploi depuis quelques temps. Le recrutement s’est fait avec le baccalauréat vu que nous évoluons dans un milieu Universitaire.

 

  • FORMATION

En Février 2013, nous avons été contactés pour une formation théorique au sein de l’Université. Cette formation théorique a été exécutée par le formateur Mr BAMBA, un ancien FDS de retour des USA avec un Certificat de Formateur d’Agent de Sécurité. Elle a durée une semaine avec la promesse qu’une formation militaire aurait lieu à l’Ecole de Police quelques temps après la phase pilote.

Durant cette formation, nous avons appris les B.A.BA sécuritaires, la sensibilisation et la maitrise de soi quelque soit la situation qui adviendrait.

  • PROMESSES

Nous avons été recrutés avec  le niveau supérieur au baccalauréat vu le faite que nous devions travailler dans un environnement Universitaire. Aussi, dans le but de faciliter la communication avec l’administration, les enseignants et les étudiants et ainsi créer un climat de confiance. Selon Mr Méité, le salaire allait refléter notre niveau de recrutement, des avantages et des primes afin de nous permettre d’avoir une vie descente et qu’il remplirait toutes les commodités administratives. De plus, des stages de formation au Maroc et en Afrique du Sud permettraient notre immersion vu que la police Universitaire serait une première en Afrique de l’Ouest. Il nous a aussi rassuré que le Ministre de l’Enseignement en son temps, Mr CISSE Ibrahima Bacongo qui nous a recrutés à pour la plus grande part de l’effectif, afin de servir ses intérêts politiques, pesait de tout son poids pour notre entrée prochaine à l’Ecole Nationale de Police.

A lire aussi : Les grandes (in)justices de l’ère Ouattara (acte 3) : Un handicapé ivoirien arnaqué par un Français, la justice complice ?

  • LES CONDITIONS DE TRAVAIL

Dans le courant du mois de Mars 2013, nous sommes contactés de nouveau pour la phase pilote qui aurait duré 2 mois. Nous devions être sur le site à 07 H pour le briefing et nous pouvions ensuite regagner nos postes jusqu’à 08 H souvent, la descente pouvait s’effectuer après 18 H 30, voir 19 H. Il s’en suivait les débriefings qui pouvaient durer jusqu’à 20 H 30 – 21 H 30 pour les équipes de jour.

Une citation à comparaîtreUne citation à comparaître

Les équipes de nuit devaient se présenter à 17 H et se faire relayer jusqu’à 08 H  suivi du débriefing qui pourrait durer jusqu’à 09 H.

Nous travaillons tous les jours sans repos. Certains de nos camarades ont commencé à tomber malade successivement. L’effectif de départ a été réduit de 150 à 100 agents. Nous avons évolué dans ce climat sans salaire, ni prime pendant 2 mois, certains ont préféré abandonner. Nous étions au bout du supportable, les agents dormaient sur les sites car ils manquaient de moyens de transport et même de quoi manger. Cela a conduit les agents de l’ à une journée de grève.

Ayant constaté notre absence sur le site, le Président de l’Université Nangui Abrogoua a informé sa hiérarchie. C’est ainsi Mr  a dépêché des agents de l’Université Félix Houphouët Boigny pour assurer la sécurité du site. Le lendemain nous sommes conviés à une rencontre sur notre lieu de travail avec Mr . Lors de cette rencontre, Mr  affirme nous comprendre et selon lui les primes et les salaires tardent parce que le montant n’avait pas encore été arrêté ; que les salaires seraient payés après la formation à l’Ecole de Police suivi des rappels. Aussi il nous a rassuré que nous recevions les primes dans les brefs délais et que le Ministre  a négocié pour que ces primes nous soit reversées par la SIMDCI.

Quelques jours après cette rencontre nous avons reçu la prime de 100.0000 FCFA des mains du comptable de la SIDMCI. Certains d’entre nous ont été sanctionnés pour motif de retards et d’absences. Nous sommes passé à 2 groupes de travail sur les différents sites c’est-à-dire 24 H de travail et 24 H de repos. C’est dans ce cadre que nous avons évolué avec des réquisitions obligatoires qui pouvaient durer entre 06 H et 10 H.

Les mois passaient et les conditions de travail demeuraient toujours très difficiles avec des cas de maladies, d’hospitalisations et de décès, quelques recrutements d’agents se faisaient pour remplacer les départs, les abandons et les cas de maladies et aussi d’augmenter les effectifs vu la fin de la phase pilote.

Les violences des 20 et 21 Février qui ont opposés les étudiants à la Police Universitaire ont faits des dizaines de blessés parmi nous dont des blessés graves.

Ces blessés n’ont bénéficiés d’aucun suivi si ce n’était que les premiers soins. Certains ont passés plusieurs semaines à la maison et dans les hôpitaux sans être pris en charge.

Aussi, les primes tardaient à venir, les paiements étaient de plus en plus espacés voir incertains pour certains mois. Nous avons ainsi passé 3 mois sans prime et sans communication des responsables, cela a conduit à la création d’un syndicat et d’une grève.

Le Mercredi 27 Août 2014, une grève illimitée est entamée durant cette grève, le DGA de la Police Universitaire, Mr Yeo Amedé est convoqué par la Police Nationale de la localité qui tente une conciliation. Le DGA promet que les salaires seront payés début septembre avec des contrats qui seront signés. Dans le courant du mois de septembre, les arriérés de salaires sont reversés en totalité pour certains et d’autres n’en recevront que la moitié et voir celui d’un (01) mois. Une dizaine d’agent sont remerciés sans prime de licenciement, ni certificat de travail, ni bulletin de salaire et aucune déclaration à la CNPS. Il a proposé aux radiés six (06) mois de travail sans salaire, ni prime de transport avant d’être intégré,  tout ceci pour le simple fait de la création d’un collectif syndical. Certains ont préférés ne plus travailler et d’autres ont acceptés cette proposition.

Le courrier de l'Inspecteur du travailLe courrier de l’Inspecteur du travail

Au début de l’année 2015 nous sommes informés que nous aurons des comptes bancaires à la BOA (). Quelques uns qui eu la chance d’avoir un compte bancaire à ECOBANK ont pu garder leurs comptes bancaires pour les autres banques, ils n’en voulaient pas. Les virements étaient devenus réguliers, les effectifs de la Police Universitaire ont augmentés et nous sommes passés à 3 équipes de travail sur les sites et cela pendant un an avec le sport obligatoire une fois par semaine sous peine de ponctions de 5000 FCFA par séance de sport. Les ponctions pleuvaient dans tous les sens :

  • Insubordination de la hiérarchie
  • retard
  • absence, maladie

A lire aussi : Les grandes (in)justices sous l’ère Ouattara (acte 2) : Sanogo, la victime qui se retrouve en prison

Après un (01) mois de travail, l’on pouvait pour certains se retrouver avec des salaires allant de 100.000 FCFA à 0 FCFA. Souvent, la banque oubliait de nous virer nos salaires, selon eux. Il fallait main et pied pour avoir une partie du salaire, le plus souvent c’était peine perdue car les réclamations n’étaient jamais traitées et n’ayant pas de quoi manger et se déplacer, certains agents abandonnaient, désistaient et se faisaient remplacer. Nous avons vu beaucoup de nos camarades prendre la route de la Libye pour essayer gagner l’Italie à la recherche d’une vie meilleure car pour eux mieux vaut accepter d’être esclave ailleurs que de continuer à l’être dans son propre pays avec de surcroit un diplôme BAC +…

En Décembre 2015, nous sommes repassé de trois (3) équipes à deux (02) équipes de 24 H, nous travaillions 24 H et 24 H de repos avec sport obligatoire le week-end de 8 H jusqu’à 11 H et le lendemain on reprenait le service à 07 H 30 mns. Les réquisitions continuaient de plus belles, les agents ont des maladies en cascade, les sites devenaient vides mais la direction ne cédait pas, elle encourageait plutôt ceux qui venaient au travail, les autres étaient systématiquement ponctionnés. Ceux qui contestaient ou qui demandaient une quelconque amélioration étaient ponctionnés et jetés sur des sites isolés et difficilement accessible. C’est ainsi qu’en Décembre 2017, nous avons demandé une intervention de l’Inspection du travail pour améliorer nos conditions de travail et nous permettre d’avoir un changement. L’inspection de travail ayant entamée la conciliation, nous avons été contraint à la démission pour certains car nous avons été empêché de regagner nos postes suite à laquelle nous avons constaté une suspension de salaire et pour d’autres mutations sans salaire jusqu’en ce jour, ce qui conduit à un licenciement abusif.

Police universitaire de CocodyPolice universitaire de Cocody

L’inspection du travail ayant constaté ces abus parce que les employeurs ayant reconnu que nous ne sommes pas déclarer à la CNPS, pas de bulletins de salaire, ni de gratification, aucun certificat de travail, l’inspecteur a alors demandé une transmission de nos dossiers au Tribunal de Travail car ces derniers n’ont pas voulu payer les droits et les dommages et intérêts après nous avoir reconnu comme étant des agents de la Police Universitaire.

Nous sommes à ce jour à l’étape du Tribunal de Travail pour demander le paiement de nos droits et les dommages et intérêts liés à notre licenciement abusif et malheureusement pour cette procédure perdue, on ne sait pas pourquoi.

Conclusion

Après cinq (05) ans de travail à la Police Universitaire sans droits et avec des devoirs, sans amélioration des conditions dans lesquelles nous avions travaillé. Aussi durant ces années passées à la Police Universitaire, nous n’avons pu rentrer en possession de nos droits conformément aux dispositions légales du droit du travail et des abus :

  • non déclaration à la CNPS
  • non délivrance de certificat de travail
  • non paiement sur bulletin de salaire
  • pas de gratifications
  • quatre (04) années passées sans congés
  • aucune indemnité de transport

Aussi, les dommages pour un licenciement abusif pour avoir demandé à rentrer en possession de nos droits. Et le malheur est de savoir que cette société continue encore et encore d’exploiter abusivement des Ivoiriens dans leur propre pays sur toute l’étendue du territoire nationale nuits et jours et sans être inquiétée.

ivoiresoir.net

La polémique suscitée par la presse sur la probable candidature du Président Alassane Ouattara à l'élection Présidentielle de 2020, n'est pas une surprise pour les Diplomates présents sur les bords de la lagune Ebrié.

 

Des indiscrétions ont fusé à l'occasion d'un cocktail d'adieu célébrant le départ définitif d'un Chef de missions Diplomatiques en Côte d'Ivoire. Cette cérémonie qui mobilisait des personnalités politiques et diplomatiques a été l'occasion d'évoquer plusieurs sujets sensibles.

 

Au cours des échanges entre homologues, des Chanceliers Africains et leurs pairs Européens ont porté des regards critiques sur la situation politique et sociale du pays et plus particulièrement sur la prochaine élection Présidentielle.

 

Face aux différentes réactions de certains barons de la coalition au pouvoir après la sortie du Président ADO dans les médias sur son ambition de se représenter, l'un des Émissaires plénipotentiaires rétorque : « ils s'attendaient à quoi quand ils aidaient Ouattara à mettre en place une Nouvelle Constitution ? »

 

Selon eux, cette situation de troisième mandat du Président ADO qui alimente la polémique en Côte d'Ivoire, ne serrait pas survenue si Bédié avait pesé de tout son poids au sein du RHDP pour dissuader ADO de doter le pays d'une nouvelle Constitution.

 

Pour ces derniers, les accords de « Marcoussis » avaient préconisé une simple révision de l'ancienne Constitution et cela aurait suffi pour mettre fin à toute velléité de troisième mandat du Président sortant.

 

Le Président du PDCI aurait mieux fait de penser à l'alternance, au lieu de privilégier ses intérêts personnels au détriment de ceux de ses militants qui espéraient un retour prochain de leur formation politique à la tête de l’État en 2020.

 

 

Affaire à suivre...

www.echos-confidentiels.info 07/06/18

"Quand j’arrivais à Cotonou, Pol était déjà dans le coma. Je suis arrivée ici le dimanche 3 juin2018.
Mais avant de prendre la route, j’ai pris soin de l’appeler. Je l’ai eu au téléphone. Il m’a dit qu’il se sentait de plus en plus mal. Et lorsque je suis arrivée, on m’a dit qu’il a été évacué dans une clinique. Puis après, les médecins ont fait des tests. À la suite de ceux-ci, ils ont conclu qu’il avait l’ictère (Symptôme résultant de la gravité d’une ou de plusieurs pathologies).
Vu son état, il a été décidé qu’on ne pouvait pas le garder dans cette clinique. Il a aussitôt été transféré au CNCH (Centre National Hospitalier Universitaire) de Cotonou, qui est équivalent aux CHU, en Côte d’Ivoire.

Lors de son transfert, il se débattait même pour sa survie. Il arrachait les perfusions.
Sur place, plusieurs autres analyses ont été faites, et les médecins ont révélé qu’il souffrait de plusieurs maladies à la fois : tension, l’hépatite, diabète…. Et puis, il a commencé à plonger dans un coma. Il était toujours dans le coma lundi 4 juin2018 et même le mardi 5 juin 2018.
Il était 15 heures de l’après-midi.

Comme je vous le disais, il était toujours dans le coma lorsque j’arrivais à Cotonou. Nous n’avions pratiquement pas eu le temps d’échanger. Par ailleurs, quand je suis arrivée l’état dans lequel je l’ai trouvé, était vraiment indescriptible.
Bon, j’étais impuissante(en pleure).

Tout ce que je pouvais faire, ce n’était que de demander pardon à Dieu, pour le ramener à la vie parce que je le voyais partir.
Je voyais qu’il partait, qu’est ce que je pouvais faire d’autre ?

Et jusqu’à deux heures moins onze du matin (dans la nuit du mardi à mercredi 6 juin 208 , il a tout d’un coup réouvert les yeux avant de les refermer, pour toujours….. C’était fini Mais quand il mourrait, il a commencé à couler les larmes. C’est comme cela qu’il est mort".

Reine Dokoui.

NB: Madame Reine Dokoui sera à Abidjan le week-end, pour donner officiellement la triste nouvelle à la famille de son époux.
Repose en paix Doyen.

Dans une interview accordée à Dnews, Cissé Bacongo, principal conseiller juridique du président Alassane Ouattara, membre du comité d’experts chargé de rédiger la constitution de 2016, s’était fermement exprimé contre la possibilité constitutionnelle et juridique, pour le chef de l’Etat actuel, d’être éligible, en 2020. Retranscription de cet entretien enregistré quelques jours avant l’adoption de la nouvelle constitution. Devoir de mémoire Bacongo 3è mandat Ouattara.

En Afrique, on sait que quand un chef d’état est en exercice, saute le verrou de l’âge limite de la candidature à une présidentielle avant la fin de son mandat, c’est un peu comme s’il brûle d’envie de se maintenir au pouvoir et des Ivoiriens pensent que si le chef de l’état l’a fait, c’est parce qu’il a envie de rester au-delà de 2020.

Je crois que les Ivoiriens se méprennent sur la personne ou la personnalité du président Alassane Ouattara. Notre président a montré et continue de montrer qu’il est un homme de parole. Il l’a dit et redit et n’arrête pas de le dire publiquement, pas seulement entre quatre murs en chuchotant à quelques oreilles, mais il le dit de façon ouverte, il ne sera pas candidat en 2020.

Donc vous le confirmez encore ?

Cela dit, ceux qui font des gorges chaudes sur cette question, qu’ils aillent regarder l’article 183 de la nouvelle constitution qui va être votée. Cet article, est la réplique mot pour mot, de l’article 133 de la constitution actuellement en vigueur dit, que la législation actuellement en vigueur reste applicable sauf si elle est contraire à la nouvelle constitution.
La législation qui est actuellement en vigueur, à laquelle se réfère l’article 183 de la constitution qui va être votée. Cette législation comprend la constitution actuellement en vigueur, elle comprend toutes les lois, tous les décrets, tous les textes pris à son application. Et la constitution actuellement en vigueur, à laquelle se réfère l’article 83 prévoit en son article 35, que le président de la république est élu pour 5 ans renouvelable une seule fois.
Dès lors que la constitution actuelle dit que le président de la république est élu pour 5ans renouvelable une seule fois, et que la constitution qui va être votée dit que le président de la république est élu pour 5 ans renouvelable une seule fois et que l’article 85, 83 de la constitution qui va être votée dit que l’article 35 demeure en vigueur, d’où vient l’idée que le président de la république va pouvoir se présenter ou bien va chercher à se présenter ?

Vous confirmez qu’au-delà de 2020

C’est la loi qui le dit, c’est la constitution que le président de la république lui-même a voulu donner à la Côte d’Ivoire ou a décidé de donner à la Côte d’Ivoire, c’est cette constitution qui dit. Lors de la rencontre avec les partis du RHDP, mon aîné Henri Konan Bédié et moi, nous ne serons pas candidats en 2020. Il l’a dit, je l’ai dit, et je vous le redis. Il l’a dit à plusieurs reprises mais comme les ivoiriens ne veulent pas écouter ce qu’on leur dit, mais ils écoutent plutôt ce qu’ils veulent entendre à travers ce qu’on dit, là on a un problème.

Peut-être que c’est parce que les ivoiriens n’ont plus trop en la parole des politiques ?

Je ne sais pas si les ivoiriens sont dans cette position vis à vis du président de la république. Il leur a donné des raisons suffisantes pour qu’on croit en lui. Tout ce qu’il a dit qu’il va faire, tous les engagements qu’il a pris jusqu’à présent, il les a respectés ou en tout cas a donné des signes de les respecter.

Propos retranscrits par Prince Beganssou

Des membres de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI), plus grand syndicat estudiantin, qui observent une grève pour exiger entre autres, la réhabilitation des cités universitaires, ont bloqué lundi matin, des entrées l’université de Cocody (Est Abidjan).

Ces membres de la Fesci ont érigé des barricades aux entrées de l’université de Cocody (la plus grande du pays), faisant face de l’école de police et le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Cocody et refoulaient les étudiants.

Ce mouvement fait suite à un arrêt des cours lancé le 28 mai, à l’issue duquel la Fesci dit n’avoir “rien” obtenu des autorités.

Le 28 mai, le syndicat a lancé une grève de 24 heures, dite de “boycott du système éducatif”, pour protester contre “les promesses non tenues” du gouvernement.

Il s’agit de “la réhabilitation des cités dont les travaux devraient débuter en 2018, la livraison des cités universitaires de Korhogo (Nord) et Man (Ouest) prévue en début d’année, l’établissement de la connexion internet dans toutes les universités publiques et cités universitaires, la suppression des frais annexes dans les lycées et collèges”.

La Coordination nationale des enseignants-chercheurs et chercheurs de Côte d’Ivoire (CNEC), principal syndicat des enseignants des universités publiques, qui exigeait au même moment, la “démission” du président de l’université de Cocody, professeur Abou Karamoko pour sa “mauvaise gouvernance” et le manque d’infrastructures à l’université entre autres, a levé vendredi son mot d’ordre de grève, après une semaine d’arrêt.

Edwige Fiendé

Ci-dessous le dernier ordre rendu par la Chambre de première instance I dans l’affaire Le Procureur c. Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, établissant le calendrier pour la suite de la procédure.

– La Chambre y déclare que la présentation des éléments de preuve du Procureur est désormais close;
– Elle ordonne à la Défense de M. Gbagbo et M. Blé Goudé de déposer, au plus tard le 20 juillet 2018, leurs soumissions sur les questions pour lesquelles, à leur avis, les éléments de preuve présentés par le Procureur ne sont pas suffisants pour soutenir une condamnation;
– Elle ordonne aussi au Procureur et au RLV de déposer, au plus tard le 27 août 2018, leurs réponses respectives, selon les mêmes modalités;
– Elle décide enfin de tenir une audience, le 10 septembre 2018 et plus si nécessaire, au cours de laquelle les parties et participants seront autorisés à illustrer ou compléter leurs observations écrites, ainsi que de répondre aux observations et à toute question que pourrait avoir la Chambre.

Les choses pourront-elles s’accélérer à partir de septembre 2018, et conduire vers la fin du procès ?

Alice O, avec CPI

En prévision ou en présence de crises sérieuses dans tout pays, les regards sont forcément fixés sur ses intellectuels. Car, nul doute qu'ils sont les dispensateurs du savoir, de la connaissance. Ainsi, dégagés de toutes compromissions politiciennes, sociales et financières, lorsque la société, leur, est à la croisée des chemins, pour une raison ou une autre, la portée curative de leurs seules voix, en appelant fermement au respect du bon ordre, garde jalousement sa dimension messianique.

 

Qu'en est-il de la Côte d'Ivoire ? Nos soi-disant intellectuels vers lesquels devraient résolument se porter nos regards, en présence de ces convulsions dictatoriales qui étreignent ce Monsieur, ne sont-ils pas tous, hors-service ? Y-a-t-il un seul parmi eux dont la responsabilité pourrait être clairement dégagée dans les répétitifs piétinements de notre loi fondamentale par Dramane OUATTARA ?

 

Sera-ce le plus constitutionnaliste des constitutionnalistes de notre ère, parce que consacré, sur toute l'étendue du continent africain, et même au-delà, le grand Maître Francis Vangah WODIÉ dont la voix sauvera cette nation ? Lui qui, emprisonné par ses mauvais sentiments que sont l'orgueil, les rancœurs, la jalousie, sait faire la différence entre ses personnes politique et scientifiques, et qui a osé franchir le rubicon en épaulant, volontiers, un putschiste invétéré Dramane OUATTARA dans l'achèvement de son coup d'état en 2010-2011 ? 

Que vaudrait encore l'art de WODIE qui a goulûment  mangé du fruit de l'arbre interdit du jardin ivoirien en acceptant, entre autres, de se substituer impudiquement, et surtout, ANTICONSTITUTIONNELLEMENT à YAO N’dré à la tête de la juridiction suprême en charge de la constitutionnalité, et surtout, des élections ? Lui, WODIÉ, qui a été incapable, jusqu'à ce jour, de «sauver ses propres meubles», en prenant ultimement à témoin le peuple ivoirien sur les vraies motivations de son départ précoce de la tête de cette institution ? 

Que peut et vaut-il encore pour ce pays lorsqu'il s'invite dans le débat sur le suicidaire 3ème mandat de l'imposteur Dramane OUATTARA ? Ne fait-il pas partie de ceux qui ont rapports difficiles avec le respect de la constitution dont il parle si légèrement ?

 

Par ailleurs, sera-ce, ce plus «jeune» agrégé dans l'histoire de notre pays, le dénommé Yao N'dré, l'orfèvre en droit constitutionnel, bonifié de ses grades et qualité d'ancien président du Conseil Constitutionnel, qui nous sauvera par son «arbitrage» scientifique éclairé ? Par quelle alchimie parviendra-t-il à  se débarrasser de cette souillure malodorante de l'historique parjure dont il s'est imbibé ?

 

Enfin, et plus sérieux, la presse locale ferait même état, ces derniers jours, des grognements du père de l'Acte fondateur de cette merde de 3ème République. 

Oui, il nous revient qu'un certain OURAGA Obou, lui aussi, dorénavant mort-vivant, marmonnerait, quelques grognements depuis son palais dont les sources de financement le regardent dédaigneusement contre les envies suicidaires de son commettant.

 

Ah bon ! Lui aussi ! C'est en cela que j'évite modestement mais résolument d'entrer dans ce faux débat portant une très discutable rétroactivité, non moins de fait, de leur nouvelle constitution sur la limitation des mandats. 

Oui, dans la vie, il faut savoir ce qu'on veut. 

Il est certes, en effet, acquis que l'irrecevabilité de la candidature de Dramane OUATTARA pour un 3ème mandant est hors de question. 

Cependant, si nous voulons une véritable nouvelle Côte d'Ivoire, expurgée de «faux intellectuels» de la classe de ceux qui nous fatiguent actuellement, il nous faut rigoureusement appeler les choses par leur nom.

 

Diantre ! Quel est ce faux débat selon lequel «Les dispositions de la Constitution du 1er août 2000 relatives à la limitation des mandats, ayant été reconduite par celles de la nouvelle, elles s'appliquent… » ? Archi faux !

 

Attendez ! Par quelle magie voulez-vous relever d'une déchéance des dispositions d'une loi ancienne dont vous avez, sans équivoque, consacré l'abrogation, par une disposition  de la loi nouvelle ? Diantre ! OURAGA Obou et ses congénères n'ont-ils pas pris soins de mentionner dans les dispositions finales de leur nouvelle Constitution que toutes les dispositions de la Constitution ancienne de 2000 sont «abrogées» ? 

Cela veut dire quoi ? 

Qu'après coup, certaines dispositions peuvent jouir d'une miraculeuse survivance ?

 

 On est où là ? 

Attendez ! Cela aurait coûté combien à ces concepteurs de nouvelles Républiques, à ces gens du PDCI, à ce SORO, devenu subitement et étrangement un «missionnaire hostile», de mentionner clairement que, s'agissant de la limitation des mandats, les nouvelles dispositions reprenaient, in extenso, les nouvelles, en sorte qu'il serait tenu compte des mandats en cours ? 

En restant dangereusement muet sur un tel sujet

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