Bâtie sur un site de 4,5 hectares avec une superficie d’environ 36 000 mètre carré, le Centre hospitalier universitaire (Chu) d’Angré d’un coût de 34 milliards, a été inauguré,  ce vendredi 15 décembre 2017. Il faut rappeler que cet hôpital est un  don du Président Laurent Gbagbo. Ce,  grâce à un fonds spécial du déchet toxique. Il attendait offrir aux populations ivoiriennes un hôpital ultramoderne avec des  équipements utra-modernes. Le projet du Centre hospitalier universitaire d’Angré a démarré depuis 2009 sur financement du fonds d’indemnisation des victimes de déchets toxiques. Le Chu d’Angré à la base était un Chr avant de migrer en Chu suite à la volonté du Président Laurent Gbagbo de renforcer les infrastructures sanitaires du pays. Ce Chu comprend entre autres, un cabinet dentaire, un amphithéâtre et une  salle de travaux dirigés, un bâtiment d’hospitalisation et de Chirurgie  et une morgue et hospitalisation-médecine…

Enise Kamagaté

Le journaliste-écrivain et analyste politique ivoirien André Silver Konan a été invité à prononcer une conférence inaugurale, le jeudi 14 décembre 2017, à l’Université catholique d’Afrique de l’ouest (UCAO) d’Abidjan, à l’occasion de la rentrée académique de l’Institut supérieur de la communication (Iscom). Ci-dessous sa déclaration liminaire.

Interrogé pour donner le nom de trois journalistes de télé publique, une étudiant n’a pu donner que le nom que d’une journaliste et un autre celui d’un ancien journaliste. Dans un amphithéâtre de deux cent étudiants, nous n’avons pu avoir le nom d’un troisième journaliste de la RTI. Aucun étudiant parmi vous, n’a pu donner le nom d’un seul journaliste de télé privée en Côte d’Ivoire. Enfin, un étudiant a pu trouver le nom de trois journalistes de la presse publique, tous de la génération partie à la retraite dont deux sont d’ailleurs enseignants ici à l’UCAO. Cet exercice que je vous ai fait faire, à l’entame de cette conférence inaugurale n’est pas vain, vous saurez pourquoi tout à l’heure.

Mon commentaire

Je vais vous faire part de mon propre commentaire, en rapport justement avec le thème qui nous réunit ici, à savoir « Etat de la liberté des médias en Côte d’Ivoire ». Etant entendu que, pour nous, il faut comprendre par médias, tout l’ensemble de la presse audio, visuelle, numérique et imprimée.

Si presque tous, vous ne connaissez pas le nom de nombreux journalistes de la télé publique, l’explication est simple. Vous ne regardez pas la RTI. Si vous n’avez pas pu donner un seul nom d’un journaliste de télé privée en Côte d’Ivoire, la raison est aussi toute simple : nous sommes dans un pays encore marqué par un monopole des médias publics. La Côte d’Ivoire est l’un des rares pays d’Afrique de l’ouest où la libéralisation de l’espace audiovisuel n’est pas encore une réalité, en dépit des déclarations publiques de bonnes intentions des dirigeants. La vérité est qu’au-delà de la transition vers le numérique brandie comme explication, les pouvoirs publics ont peur de l’émergence de télés politiques privées qui viendraient mettre un terme à la pensée unique prônée depuis toujours par et dans les médias d’Etat. Mais cette peur ne se justifie pas, pour deux raisons.

Première raison : les pays d’Afrique de l’ouest qui ont libéralisé leur espace audiovisuel depuis plusieurs années, ne subissent pas de révolution populaire (puisque c’est ce dont nos dirigeants ont le plus peur), depuis tout ce temps. Pour dire que le ciel de la démocratie n’est tombé sur la tête d’aucun dirigeant dans ces pays.

Deuxième raison et je vais poser une autre question. Répondez sans avoir peur, nous sommes entre nous, d’abord entre intellectuels, ensuite entre communicateurs et/ou futurs journalistes. Un journaliste ne saurait avoir peur de sa propre opinion. Pour mettre tout le monde à l’aise, j’aimerais que ceux qui pensent que le pays marche comme ils le souhaitent, en matière de liberté et de démocratie, lèvent la main et que ceux qui pensent que le pays ne marche comme ils le souhaitent, toujours en matière de liberté et de démocratie ou qui n’ont pas d’opinion à exprimer sur la question, ne lèvent pas les mains.
J’ai posé cette question, ce n’est pas pour faire de la politique mais juste vous démontrer qu’en dépit du monopole total des médias d’Etat, en Côte d’Ivoire, l’opinion publique politique n’est pas totalement acquise aux autorités en place. A preuve : dans cet amphithéâtre, aussi surprenant que cela puisse paraître (parce que je m’attendais quand même à avoir des mains en l’air), personne n’a levé la main, pour marquer son adhésion à la politique conduite par le pouvoir, en matière de liberté et de démocratie. En clair, les reportages institutionnels de la RTI ne suffisent pas à former l’opinion politique du grand public en Côte d’Ivoire.
Pour ces deux raisons, il est à la fois vain et inconséquent de maintenir l’état actuel de caporalisation des médias. Surtout que cette caporalisation fait perdre des points, au pays, au classement mondial de la liberté de la presse.

En effet, quand bien même ce classement s’est nettement amélioré (et j’expliquerai pourquoi), ces dix dernières années, la Côte d’Ivoire fait toujours partie des pays qui n’offrent pas un libre accès aux médias.
2009 : la Côte d’Ivoire est classée 104è au tableau de la liberté de la presse, sur 170 pays.
2011 : 118è
2012 : 159è, un record ! Qui peut nous expliquer pourquoi ? Vous le comprendrez aisément, la crise postélectorale est passée par là.
2015 : 86e
2016 : 86è
2017 : 81è

Le champion africain en matière de liberté de la presse en 2017 est la Namibie. Classement mondial : 24è, soit 57 points entre elle et la Côte d’Ivoire. 57 points. La Namibie est suivie du Ghana 26è, du Cap Vert 27è, de l’Afrique du Sud 31è, du Burkina Faso 42è. Tenez-vous bien, le Burkina Faso est classé avant les Etats-Unis 43è, et après la France 39è et le Royaume-Uni, 40è. A la tête du classement mondial se trouve la Norvège et au bas de ce classement, la Corée du Nord, précédée de l’Érythrée. En Afrique, la Côte d’Ivoire vient après les pays que j’ai cités plus tôt, mais aussi après le Botswana, la Mauritanie, Madagascar, le Sénégal, le Niger, la Guinée-Bissau et le Bénin.

Mais pourquoi la Côte d’Ivoire a ce rang peu honorable ?

Bien sûr, j’ai relevé plus haut la caporalisation des médias publics qui est l’un des facteurs. Mais il y a aussi les violations qui touchent directement à la fois l’intégrité déontologique, physique et constitutionnelle du journaliste. Je vais donner juste trois faits récents qui vont accréditer ma position que je développerai.

12 février 2017 : six journalistes et directeurs de publication des journaux suivants : Notre Voie (proche du FPI – tendance Affi N’guessan), Le Temps (proche du FPI, tendance Aboudramane Sangaré), Soir Info et L’Inter (indépendants) sont arrêtés, détenus à la gendarmerie, puis libérés deux jours plus tard. Le parquet les accusait d’avoir divulgué de fausses informations et d’avoir incité des soldats à la révolte. Rappelez-vous, c’était l’époque des mutineries et ces médias avaient déclaré qu’un accord financier avait été trouvé entre les mutins et le gouvernement. Nous sommes tous dans ce pays, et chacun sait qu’en dépit des négations, de l’argent a été versé aux mutins.

23 avril 2017 : Un journaliste politique est suspendu de ses fonctions au quotidien L’Expression (proche du RDR) après un article paru à la « une » de son journal, qui avait pour titre : « Président l’heure est grave – Attention à la bombe sociale !»

07 octobre 2017 : un journaliste du site d’informations ‘’ IMatin.net ‘’ est battu par des hommes en tenue militaire commis à la sécurisation du déguerpissement des environs de l’abattoir de Port-Bouët.
Que retenir de ces trois faits, qui ne sont pas exhaustifs ? Eh bien, que certaines personnes veulent réduire au silence des journalistes qui essayent soit de dévoiler des informations tenues secrètes et que le public a le droit de savoir (au nom du droit du public à l’information et au nom du devoir d’information du journaliste), soit d’interpeller le pouvoir sur des situations que vivent des Ivoiriens. C’est comme si on disait aux journalistes : « Circulez, il n’y a rien à voir ici, fermez vos grandes gueules, il n’y a rien à dire ici ».

En cela, le pouvoir du RHDP a juste changé de style, comparé à celui du FPI. Il y a dix ans, vous étiez encore très jeunes, c’était le déchirage des journaux, alors proches de l’opposition. C’était stupide, mais des partisans du pouvoir le faisaient quand même. Ils arrivaient dans un kiosque à journaux, ils arrachaient les journaux proches de l’opposition, les déchiraient et s’en allaient. Il y avait le saccage ou l’incendie des rédactions jugées non favorables au pouvoir de Laurent Gbagbo. C’étaient des méthodes violentes, voyantes. Aujourd’hui, les méthodes sont moins voyantes, donc plus sournoises. C’est une subtile chape de plomb qui pèse sur la presse, avec le pouvoir RHDP.

Et on en revient à notre exercice du départ. Pourquoi aucun parmi vous ne connait de journalistes presse célèbres de la nouvelle génération ? Parce que pour être célèbre dans la corporation des journalistes, il faut toucher du doigt les problèmes de la majorité, or la chape de plomb empêche bien de journalistes d’aller au fond des faits. Ils ont peur, comme de nombreux Ivoiriens d’ailleurs qui ne sauront pas dire pourquoi ils ont peur de parler, de qui ou de quoi ils ont peur. Les gens l’ignorent, mais plusieurs journalistes sont en exil depuis l’avènement du pouvoir RHDP et ce n’est pas un exil en rapport avec la crise postélectorale. Non, ces journalistes sont souvent issus de rédactions pourtant favorables au pouvoir, mais ils ont préféré partir à cause de la chape de plomb mais aussi de menaces directes qu’ils ont reçu. Qui menace les journalistes ? Qui les empêche de dire, d’écrire ce qu’ils voient ou entendent ? Très peu de journalistes exerçant dans une rédaction nationale pourront vous le dire avec précision, ils préfèrent se réfugier dans le silence de l’autocensure.

Menace sur la liberté d’expression

Mais plus grave encore, en mai dernier, le gouvernement a tenté d’étendre la sphère de l’autocensure à tout le monde. Je dis bien, tout le monde, c’est à dire, vous, vos enseignants, vos parents, vos amis, tout le monde.

En effet, une nouvelle loi que nous avons combattue et qui a d’ailleurs été retirée à l’assemblée nationale, disait : « Est puni d’un emprisonnement d’un an à cinq ans et d’une amende de 300 000 à 3 000 000 de FCFA, quiconque par voie de presse ou par tout autre moyen de publication : incite au vol et au pillage, au meurtre, à l’incendie et à la destruction (…), à toutes formes de violences exercées à l’encontre de personnes physiques et morales (…) ; incite à la xénophobie, à la haine tribale, à la haine religieuse, à la haine raciale et à la haine sous toutes ses formes ».
Le postulat de protection des individus contre le vol, le meurtre, la haine, etc. est beau et juste, j’y suis favorable, mais quelque chose ne vous a pas échappé dans cette phrase ?
Ce petit amendement de quelques lignes s’il passe un jour, constituera un recul historique pas seulement de la liberté de la presse, mais surtout de la liberté d’expression. En effet, il pose trois problèmes. Un : il vise quiconque, donc tout le monde et pas seulement des journalistes. Deux : il vise « tout autre moyen de publication », donc vos murs, nos murs Facebook, les groupes Whatsapp, même vos affichages dans vos quartiers. Trois : le contenu qu’on donne « à la haine sous toutes ses formes » est malicieux. C’est un long serpent de mer juridique comme « l’offense au chef de l’Etat » qui fait partie des facteurs qui continue de plomber notre classement au tableau de la liberté de la presse. La justice a souvent arrêté des journalistes pour « offense au chef de l’Etat », mais ceci est une hérésie de droit.

En effet, ce qui serait offensant pour moi, n’est pas forcément offensant pour le chef d’Etat et pire, un procureur ne peut pas décréter qu’un article est offensant pour le chef de l’Etat, puisque le sentiment d’offense est personnel.

Pour conclure, je dirais que nous sommes au 21è siècle, la Côte d’Ivoire est classée 81è au tableau mondial de la liberté de la presse, c’est un bon prodigieux comparé à notre classement, il y dix ans. Certaines personnes peuvent en être fières, eh bien moi non. Parce que je suis de ceux qui pensent que l’Africain de notre génération doit radicalement se défaire de son art de se contenter de peu !

Suspendu, pour raisons de congés judiciaires, le procès de Laurent Gbagbo et Blé Goudé à la Cour pénale internationale (CPI) reprendra, son cours en mi-janvier 2018. Si pour de nombreux observateurs politique ne procès tend vers sa fin, il n’en est en réalité pas question. Pour Me Dadjé Rodrigue, Avocat des pros-Gbagbo, il faudra attendre encore un an pour connaitre le verdict final.

 

 Selon Me Dadjé Rodrigue, le procès de Laurent Gbagbo et Blé Goudé à la CPI pourrait durer encore une année avant l’annonce du verdict. Ainsi, les pro-Gbagbo ou encore certains observateurs qui avait prédit la fin de ce procès pour 2018 devront encore attendre au moins un an.

 

« Les juges veulent avoir une idée claire pour mieux apprécier les choses. « Si les juges sentent le besoin de confronter le Général Kassaraté ou un autre  à Mangou, ils le feront pour l’heure, je crois qu’ils estiment qu’il y a trop de contradictions entre les dépositions de Mangou et Detho Letho. Il faut compter un an encore pour espérer voir ce procès s’achever», a déclaré un des avocats de Défense des Pro-Gbagbo.

 

Christ Boli 

Le procès de Michel Gbagbo, pour « divulgation de fausses nouvelles » a été renvoyé au vendredi 12 janvier 2018. Ainsi en a  décidé, ce vendredi 15 décembre 2017,  le Ministère public du tribunal de première instance du Plateau. Ce nouveau renvoi est intervenu à la demande de Maître Dadjé Rodrigue, avocat de Michel Gbagbo.

Michel Gbagbo en présence de Maître Dadjé 

Maître Dadjé  a motivé sa requête pour des raisons de santé et a obtenu ce renvoi. Pour rappel, Michel Gbagbo  est poursuivi en même temps que Laurent Despas, Directeur et propriétaire du site d’information en ligne Koaci.com. Tous deux ont été interrogés par la Brigade de recherches de la gendarmerie et le Procureur de la République, Adou Richard. Ce, suite à une interview que Michel Gbagbo a accordée au site d’informations générales Koaci.com. Une interview publiée le 3 mai 2016 à travers laquelle, Michel Gbagbo a soutenu qu’au moins « 250 prisonniers politiques étaient encore détenus dans les prisons et 300 autres ont été inculpés suite à la crise postélectorale de 2011 ». Sans oublier de mentionner au cours de cette même interview, les personnes portées disparues. Par ces propos, Michel Gbagbo venait d’apporter un démenti aux déclarations d’Alassane Ouattara qui a soutenu de son côté qu’il n’y avait plus de détenus de la crise postélectorale dans les prisons. Mais la version des faits de Michel Gbagbo, dénonçant l’existence de prisonniers politiques proches de Laurent Gbagbo, lui a valu d’être poursuivi pour « diffusions de fausses nouvelles ». Conjointement à Laurent Despas, Directeur du site d’information en ligne Koaci.com qui a publié ladite interview.

Marcel Dezogno

La détention de l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, à la Cour pénale internationale (Cpi), à la Haye, continue de susciter des réactions tant du côté de la Communauté internationale que de ses amis proches. Les dernières publications de Médiapart n’ont pas laissé indifférent l’ancien délégué Afrique du Parti socialiste français, aujourd’hui adjoint au maire de Vitry sur Seine et compagnon de longue date du célèbre prisonnier. Dans l’entretien qu’il a bien voulu nous accordé, lors d’une manifestation de la diaspora togolaise à Bastille, Guy Labertit revient sur cette incarcération qu’il juge arbitraire et ne manque pas d’indexer l’ancien procureur Louis Moreno Ocampo, l’actuel président, Alassane Ouattara, et l’ex-président français, Nicolas Sarkozy.

Monsieur Guy Labertit, il n’y pas longtemps des médias français ont sorti des dossiers concernant la détention de votre ami Laurent Gbagbo que certains jugent arbitraire. Qu’en est-il aujourd’hui après ces révélations qui menacent la crédibilité de la Cour?

Je suis membre du Parti socialiste et adjoint au maire de la première ville du Val de Marne, Vitry. Ce n’est pas en tant qu’ami de Laurent Gbagbo que j’interviens, mais en tant qu’analyste de la situation. Je constate d’abord que ce ne sont pas les médias français qui ont sorti des choses mais c’est à la charte européenne que les pratiques du procureur Ocampo à la CPI ont été mises à la lumière. A savoir ces trafics financiers avec ses comptes offshores et aussi les conditions dans lesquelles, il a fait procéder à l’arrestation du président Gbagbo en violant, d’ailleurs, tous les principes du droit international avec le soutien diplomatique de la France à l’époque. Je crois que c’est ça qui a été révélé. Aujourd’hui, on voit où en est le procès. On voit que depuis maintenant deux ans, les témoins à charge du procureur ont fini pratiquement de défiler et qu’il n’y a pas une seule charge qui a été retenue pouvant conduire à une condamnation pénale du président Gbagbo. Je considère donc qu’aujourd’hui tout le travail que nous avons fait pour dénoncer les conditions de son arrestation et tout ce qui s’était passé se trouvent parfaitement justifié. Je dis hélas, pour lui, puisqu’il est enfermé injustement depuis six ans et demi. On a eu à faire un grand battage médiatique. Mais, au fond, quand on est devant la justice, devant un procès on se rend compte qu’il n’y a aucune charge. Pourtant, tous les témoins à charge ont défilé à la Haye.

Malgré tout, sa demande de liberté provisoire est toujours rejeté, et il est maintenu en détention . Que compte faire l’Union européenne et la France ?

Je ne suis pas habilité à parler de ce que fera l’Union européenne ou même la France. Ce que je sais en tous cas, c’est que les plus hauts responsables d’Europe et de France, y compris le Président Emmanuel Macron sont parfaitement au fait de cette situation, et c’est à eux de faire leur choix politique. Je crois que le développement des faits, le regard de l’histoire montre que les positions que j’ai défendues depuis pas mal d’années, se trouvent confortées par la réalité et la vérité. C’est tout ce que je puis dire. Maintenant, que les responsables politiques au plus haut niveau prennent eux-mêmes leur responsabilité. Je sais aussi que certains chefs d’Etats d’Afrique ont clairement exposé leur gêne vis-à-vis de cette Cpi. D’ailleurs, l’Union africaine, globalement, a pris une décision de délibération disant qu’il fallait s’en retirer. Chaque Etat devant prendre ses responsabilités, ça c’est une chose. Deuxièmement, au niveau des puissances européennes et notamment de la France, qui a quand même contribué à la création de cette situation, il est temps que les nouvelles autorités, puisqu’on parle d’un monde nouveau, prennent leur responsabilité sinon, on pourrait être tenté de croire qu’au fond, c’est la même politique dans de vieilles marmites qui est exécutée par des gens qui se présentent comme étant d’un monde nouveau.

Propos recueillis par Paulin Gessler à Paris

Affaire « divulgation de fausses nouvelles » : Michel Gbagbo devant le juge ce vendredi 15 décembre

Poursuivi pour « diffusion de fausses nouvelles », Michel Gbagbo comparaît, ce vendredi 15 décembre 2017, devant le tribunal de première instance du Plateau. Cette information a été est confirmée par Michel Gbagbo dont le dossier judiciaire est instruit depuis le mercredi 25 mai 2016. Au terme du renvoi d’accusation, il est poursuivi en même temps que Laurent Despas, Directeur et propriétaire du site d’information en ligne Koaci.com. Tous deux ont été interrogés par la Brigade de recherches de la gendarmerie et le Procureur de la République, Adou Richard. Ce, suite à une interview que Michel Gbagbo a accordée au site d’informations générales Koaci.com. Une interview publiée le 3 mai 2016 à travers laquelle, Michel Gbagbo a soutenu qu’au moins « 250 prisonniers politiques étaient encore détenus dans les prisons et 300 autres ont été inculpés suite à la crise postélectorale de 2011 ». Sans oublier de mentionner au cours de cette même interview, les personnes portées disparues. Par ces propos, Michel Gbagbo venait d’apporter un démenti aux déclarations d’Alassane Ouattara qui a soutenu de son côté qu’il n’y avait plus de détenus de la crise postélectorale dans les prisons. Mais la version des faits de Michel Gbagbo, dénonçant l’existence de prisonniers politiques proches de Laurent Gbagbo, lui a valu d’être poursuivi pour « diffusions de fausses nouvelles ». Conjointement à Laurent Despas, Directeur du site d’information en ligne Koaci.com qui a publié ladite interview. Ce procès qui devrait avoir lieu le vendredi 20 octobre 2017, avait été reporté sine die par une ordonnance de vacation.

Marcel Dezogno

Trois mois après la nomination d'Henriette Diabaté à la tête du Rassemblement des républicains (RDR), la mise en place de la nouvelle direction du parti au pouvoir se poursuit. Les noms des secrétaires généraux adjoints ont été dévoilés mercredi. Cette liste de 56 personnalités comprend plusieurs proches de Guillaume Soro.

Nommé mi-novembre vice-président du parti chargé de la région du Tchologo, le président de l’Assemblée nationale voit donc cinq membres de sa garde rapprochée le rejoindre : Sidiki Konaté (chargé des relations avec les communautés), Alain Lobognon (chargé de la prospection et de l’innovation), Affoussiata Bamba Lamine (citoyenneté et intégration), Celestine Tazere Olimbe (société civile) et Issiaka Fofana, l’ex-DG de la Lonaci limogé en juillet (relations avec les groupes sociaux professionnels). Tous ont déjà occupé des fonctions au sein du RDR.

Plusieurs ministres du gouvernement (Adama Koné, Sidiki Diakité et Ly-Ramata Bakayoko) et quelques conseillers à la présidence (comme Abdourahmane Cissé) font également partie des secrétaires généraux adjoints nommés mercredi 13 décembre. C’est aussi le cas du nouveau directeur général du Conseil café-cacao (CCC), Yves Brahima Koné, et de sa prédécesseure à ce poste, Massandje Touré-Litsé.

De nouvelles nominations attendues

Au total, près de 90 personnalités ont intégré la nouvelle direction du RDR depuis le congrès de septembre. Et ce n’est pas terminé. « Dans les prochains jours, une liste additionnelle d’une trentaine de conseillers spéciaux, avec rang de secrétaire général adjoint, sera publiée. Enfin, une centaine de secrétaires nationaux seront bientôt nommés », explique Mamadou Touré, le porte-parole du parti.

Alors que les tractations en vue de la formation du parti unifié se poursuivent, ces nombreuses nominations ne risquent-elles pas de compliquer la fusion entre le RDR et le PDCI ? « Pas du tout. Les deux partis se restructurent de manière assez similaire, ce qui pourra faciliter la fusion », assure Mamadou Touré.

Début décembre, Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié ont mis en place un comité de haut niveau dont la mission sera de proposer des textes et un chronogramme de mise en place des structures du futur parti unifié. Un comité composé de six personnalités du PDCI, six du RDR, trois de l’Union pour la démocratie et la paix (UDPCI d’Albert Mabri Toikeusse), un de l’UPCI (Union pour la Côte d’Ivoire) et un du PIT (Parti ivoirien des travailleurs) mais dans lequel ne figure pas Guillaume Soro.

Jeune Afrique

 

L'Etat islamique menace de frapper les Etats-Unis

Thursday, 14 December 2017 11:32 Written by

L'Etat islamique (EI) menace de commettre des attentats sur le sol américain après la décision du président Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël, selon un compte du groupe islamiste sur le réseau de messagerie internet Telegram.

 

Dans un message intitulé "Attendez-nous" et "L'EI à Manhattan", le groupe dit qu'il va mener des opérations et présente des images de Times Square ainsi que de ce qui semble être une ceinture explosive et un détonateur.

 

"Nous mènerons encore plus d'opérations sur votre terre, jusqu'à la dernière heure, et nous vous brûlerons dans les flammes de la guerre que vous avez déclenchée en Irak, au Yémen, en Libye, en Syrie et en Afghanistan. Vous n'avez qu'à attendre", poursuit le message. "Votre chien Trump a reconnu Jérusalem comme la capitale d'Israël, nous allons reconnaître les explosifs comme la capitale de votre pays", ajoute-t-il.

L’ancien président zimbabwéen Robert Mugabe, 93 ans et évincé du pouvoir en novembre, s’est envolé pour Singapour afin d’y subir un contrôle médical de routine, a annoncé jeudi son ancien porte-parole, George Charamba.

Robert Mugabe et son épouse Grace, dont la soif de pouvoir a provoqué la chute de son mari, n’ont pas été vus en public depuis l’annonce par le président de sa démission le 21 novembre après 37 ans de pouvoir sans partage.

« Il est à Singapour, cela fait partie des voyages à l’étranger auxquels il a droit en tant que président à la retraite », a déclaré à l’AFP M. Charamba, qui est devenu le porte-parole du nouveau président Emmerson Mnangagwa.

Il a rappelé que Robert Mugabe se rendait régulièrement à Singapour « pour y rencontrer ses médecins ». « Il n’y aucune raison de l’humilier ou de l’ostraciser », a affirmé George Charamba.

Le pousser à la démission avait pour seul objectif « de le soustraire des griffes de la cabale dans laquelle il avait été entraîné », a-t-il dit, ajoutant: « cela a été fait, si bien que son héritage en sort grandi ».

Le principal défi du nouveau chef de l’Etat Emmerson Mnangagwa, consiste à relancer l’économie, en crise depuis une funeste réforme agraire lancée au début des années 2000.

Plus de 90% de sa population est officiellement au chômage et le pays manque cruellement de liquidités.

Dans un souci de ramener de l’argent frais au Zimbabwe, le président Mnangagwa a lancé un ultimatum de trois mois aux entreprises et aux particuliers pour rapatrier tous les capitaux illégalement sortis du pays.

M. Mnangagwa est vivement critiqué pour avoir nommé des militaires et des membres de la vieille garde de Robert Mugabe dans son gouvernement, des mesures qui pourraient refroidir les ardeurs des investisseurs.

Lorsqu’elle décide d’ouvrir une enquête sur des violations graves des droits de l’homme, la Cour pénale internationale (CPI) basée à la Haye rédige un rapport de situation qui analyse les formes de violence sur le terrain et identifie les principaux responsables des crimes d’une crise donnée. 

Cependant, dans le procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé en cours à la CPI, un document diplomatique français qui a récemment fuité révèle que le 11 avril 2011, soit cinq mois avant l’ouverture d’une enquête, le Procureur de la CPI Luis Moreno Ocampo avait demandé que Laurent Gbagbo, Président de la Côte d’Ivoire, un pays d’Afrique de l’Ouest, soit maintenu en détention jusqu’à ce qu’un pays renvoie l’affaire à la CPI. Le courriel a été envoyé par le directeur Afrique au ministère français des Affaires étrangères Stéphane Gompertz, avec copie à vingt diplomates français de haut niveau qui étaient ainsi au fait des manœuvres politiques en cours pour écarter de son pays Laurent Gbagbo, un Président très populaire. 

La Côte-d’Ivoire a connu une crise électorale de cinq mois à la suite du second tour de l’élection du 28 novembre 2010[i] entre le Président sortant Laurent Gbagbo, historien, socialiste et père fondateur du multipartisme en Côte d’Ivoire, et Alassane Ouattara qui a été Premier ministre sous le régime dictatorial de Félix Houphouët-Boigny de 1990 à 1993, puis a poursuivi une carrière dans la diplomatie internationale à la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest et au Fonds monétaire international. 

Encore aujourd’hui, il est difficile de dire qui a remporté les élections, mais à l’époque Laurent Gbagbo avait été déclaré vainqueur par le Conseil constitutionnel du pays et avait officiellement prêté serment en qualité de Président. Il avait également demandé un nouveau dépouillement des votes, que les Nations Unies ont refusé. Le Président Jacob Zuma, qui avait été mandaté à l’époque par l’Union africaine au sein d’un Groupe d’experts de haut niveau pour servir de médiateurs dans la crise ivoirienne, affirmait que Gbagbo avait remporté les élections. Pourquoi il n’a pas par la suite fait pression en faveur d’une solution pacifique à la crise demeure un mystère. Une intervention militaire de l’ONU et de la force française Licorne, ainsi que des rebelles des Forces Nouvelles de Ouattara a chassé Gbagbo du pouvoir le 11 avril 2011 et l’a mis en état d’arrestation. 

Quelques heures après l’arrestation de Gbagbo, le courriel compromettant du ministère français des Affaires étrangères avait été envoyé. L’objet du courriel révèle également une instruction aux diplomates français de nier toute implication de la France dans l’opération de délogement.

Commentant les fuites à la CPI, l’avocat en droit pénal international Joseph Bemba a déclaré à la radio française RFI : « c’est grave. Si c’est le cas, cela veut dire que la CPI n’a pas agi strictement dans le cadre du droit mais après des tractations politiques ». Le canadien Christopher Black, avocat en droit pénal international, a déclaré : « évidemment, s’il est authentique, ce courriel est explosif. Il montre que l’arrestation de Gbagbo avait des motivations politiques, que les charges retenues contre lui sont donc fabriquées ; la défense devrait demander l’arrêt du procès, appeler à la libération immédiate de Gbagbo et ouvrir une enquête sur cette criminalité ». 

Le procureur Luis Moreno Ocampo a confirmé au magazine allemand Der Spiegel, membre du réseau European Investigative Collaborations (EIC) qui a révélé les fuites à la CPI, que ses courriels avaient été piratés. 

Malgré la confirmation de l’authenticité des fuites de courriel, aucune mesure n’a été prise par une ONG ou une organisation des Nations Unies pour dénoncer la violation grave de la procédure régulière. Human Rights Watch, qui a même envoyé un témoin au procès à la CPI, a déclaré qu’elle n’avait aucun commentaire à faire[ii]. L’ONG Justice Monitor a également indiqué qu’elle n’avait rien à déclarer, dans la mesure où elle ne fait que suivre le procès (bien qu’elle ait arrêté d’écrire des dossiers sur ce procès, sans expliquer pourquoi elle n’assure plus le suivi du procès de plus haut niveau de la CPI). 

Si l’affaire était biaisée dès le départ, les informations recueillies par la CPI étaient également trompeuses. En effet, un rapport du Greffe de la CPI relatif aux Représentations adressées à la cour par les victimes, daté du 29 août 2011 et rédigé par Silvana Arbia et Didier Preira, indiquait qu’ils n’étaient pas en mesure de donner à la Chambre des assurances ou même des estimations concernant la représentativité des informations collectées au cours de l’exercice. Par exemple, aucun réfugié – dont des milliers avaient fui le pays après l’attaque militaire des rebelles des Forces Nouvelles de Ouattara – n’y figurait. 

Quant aux crimes commis pendant la guerre par les rebelles des Forces Nouvelles de Ouattara, tels que le massacre de 800 civils en un seul jour à Duékoué, le 29 mars 2011, qui est le plus grave incident de la crise révélé à l’époque par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), la CPI n’a émis aucun mandat d’arrêt contre leurs auteurs. 

Qui est Laurent Gbagbo ? Lorsque Gbagbo est devenu Président en 2000, il avait derrière lui 30 ans de lutte pacifique et avait vu la réalisation, en 1990, du premier point de son programme, un système multipartite. En 2008, alors que je travaillais sur un documentaire sur des bédéistes africains en première ligne de la défense de la liberté d’expression, les Résistants du 9ème Art, j’avais aussi des images du magazine satirique ivoirien Gbich!. Le rédacteur en chef adjoint Mendozza Y Caramba, m’a raconté une anecdote : un jour, il a reçu un appel téléphonique annonçant l’arrivée du Président Gbagbo. Mendozza, dont la bande dessinée Les Habits neufs du Président était très critique à l’égard de Gbagbo, se mit à rire en pensant d’abord que c’était une blague. Mais 10 minutes plus tard Laurent Gbagbo est arrivé dans leurs locaux ; il a fait l’éloge de leur travail et les a complimentés, en dépit de leur satire mordante contre lui. J’étais impressionnée. J’avais déjà entendu une anecdote similaire au sujet d’un autre président africain célèbre, Nelson Mandela, que j’ai décidé d’utiliser dans le film. Mandela avait appelé Jonathan Zapiro, qui a été un dessinateur à l’avant-garde de la lutte anti-apartheid, et lui avait dit « excellent travail, vous faites votre travail », même si Zapiro, maintenant que le parti de Nelson Mandela, le Congrès national africain (ANC) est au pouvoir, l’attaquait férocement avec ses caricatures. Mais je n’ai pas oublié que Gbagbo a eu le même esprit que Mandela. 

Le Président sud-africain Thabo Mbeki, qui était médiateur dans la crise en 2004 et en 2010, a écrit l’article intitulé What the World Got Wrong on Côte d’Ivoire (En quoi le monde s’est trompé en Côte d’Ivoire) dans lequel il rappelle comment l’ambassadrice des États-Unis à Abidjan, Wanda L. Nesbitt, avait déjà prévenu son gouvernement en 2009 que si certaines conditions de base n’étaient pas remplies – la réunification territoriale et fiscale du pays, la restauration de l’administration nationale dans le nord et, en particulier, le désarmement total des rebelles des Forces Nouvelles implantés dans le nord depuis 2002 – aucune élection démocratique ne pourra être organisée. Plus récemment, Mbeki a souligné la décision illégale de la CPI qui n’a pas abandonné les poursuites contre Gbagbo, bien que deux juges sur trois aient déclaré à la phase préliminaire qu’il n’y avait pas suffisamment d’éléments de preuve à charge pour entamer un procès.[iii] 

Le projet du réseau d’investigation European Investigative Collaborations (EIC), Les Secrets de la Cour, a publié des articles sur un éventuel dîner qu’Angelina Jolie voulait organiser pour servir d’appât et capturer le rebelle de l’Armée de résistance du Seigneur Joseph Kony ; sur les comptes off shore du Procureur Ocampo, très probablement légaux ; et sur un de ses nouveaux clients libyens qui a des liens avec le Général Khalīfa Haftar (que tous les articles qualifient déjà de criminel de guerre, violant ainsi la présomption d’innocence). Les efforts d’Ocampo, après son départ de la CPI, pour faire retirer le dossier du Président Uhuru Kenyatta pour manque de preuves, sont également rapportés par l’EIC comme un manque d’intégrité de la part de l’ancien Procureur ; et pourtant, les journalistes du réseau ne continuent pas ensuite pour mettre en question la légalité de l’arrestation de Kenyatta en premier lieu. La violation manifeste de la procédure établie de la part de la CPI dans le procès Gbagbo en cours, qui devrait selon certains experts exiger la clôture immédiate du procès, n’a été signalée que par le site d’enquêtes français Mediapart et n’a été reprise par aucun des autres grands médias européens du réseau de l’EIC, à telle enseigne qu’on se demande pourquoi on privilégie les rumeurs par rapport aux dernières nouvelles. 

En octobre 2017 la CPI a rejeté pour la douzième fois une demande de liberté provisoire de Gbagbo. Ce qu’Amnesty International (AI) a dénoncé comme une violation de la présomption d’innocence de l’accusé qui a déjà passé sept ans derrière les barreaux pour son procès. Toutefois, AI a minimisé l’importance de l’illégalité de cette détention, suite à la preuve d’une machination révélée pour la première fois par les fuites à la CPI.

 

Le changement de régime survenu en avril 2011 en Côte d’Ivoire, fortement dénoncé à l’époque par la Russie et l’Inde au Conseil de sécurité des Nations Unies, était en réalité une poursuite des précédentes tentatives de renversement de Gbagbo, en 2002 -quand des rebelles franchissant la frontière du Burkina Faso ont occupé la partie orientale du pays- et de nouveau en 2004. 

Étant donné que les rebelles des Forces Nouvelles refusaient de déposer les armes depuis 2002 malgré l’accord de paix qui avait exigé leur désarmement, Gbagbo avait pour projet de libérer le nord des rebelles et de réunifier le pays. Il réussissait à désarmer les rebelles après deux jours seulement d’intervention militaire quand, le 6 novembre 2004, deux avions Sukhoi 25 appartenant aux Forces Armées Nationales de Côte d’Ivoire (FANCI) et pilotés par des mercenaires biélorusses ont bombardé le camp militaire français de Bouaké. L’attaque a causé la mort de neuf soldats français et d’un civil américain, et blessé quarante neuf soldats français. Accusant Gbagbo de l’incident, les français ont détruit toute la force aérienne du pays. Il s’en est suivi une autre tentative française de coup d’État qui n’a été stoppée que grâce au mouvement extraordinaire de résistance pacifique mené par le leader des jeunes Charles Blé Goudé, qui a appelé des millions de personnes à descendre dans les rues[iv]. Les forces françaises ont ouvert le feu sur les manifestants ivoiriens aux mains nues, faisant 67 morts et plus d’un millier de blessés, mais n’ont pas pu mener une intervention militaire à cause des foules qui protégeaient le Palais présidentiel. 

Le 31 octobre 2017, l’avocat Jean Balan, qui représente 22 des familles des victimes françaises du bombardement de Bouaké survenu en 2004, a envoyé une lettre à l’Assemblée nationale française pour attirer l’attention sur ce qu’il considère, après treize ans d’enquête, comme une manipulation orchestrée par la France et qui demande une attention juridique immédiate. Balan a demandé à ce que l’Assemblée nationale française prenne des mesures, étant donné qu’il a le sentiment qu’il y a eu une grave entrave à la procédure, et que bien qu’ils aient établi que l’ancienne ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie avait menti sous serment, aucune autre mesure n’a été prise et l’affaire est toujours pendante, sans aucune date de procès en vue au Tribunal de grande instance de Paris. 

La juge d’instruction Sabine Kheris a demandé que soient également renvoyés devant la Cour de Justice de la République Dominique de Villepin (alors ministre de l’Intérieur), Michèle Alliot-Marie (alors ministre de la Défense) et Michel Barnier (alors ministre des Affaires étrangères). Cette demande aussi est restée pendante jusqu’ici, treize ans après l’incident.

 

[i]Informations sur les élections de novembre 2010 http://www.resetdoc.org/story/laurent-gbagbo-and-the-right-to-difference/ et un film en deux parties sur les élections https://www.youtube.com/watch?v=xwDLCb2UkXE et https://www.youtube.com/watch?v=-_gvhoG0lu8

[ii] Du rôle de HRW dans ce procès https://nsnbc.me/2016/06/23/what-is-human-rights-watch-watching/ 

[iii]Thabo Mbeki parle du cas Gbagbo (commence 10 minutes après le démarrage de la vidéo) https://www.youtube.com/watch?v=ov2dx7Qpn5I&feature=youtu.be 

[iv]https://discoversociety.org/2015/06/03/things-still-fall-apart-the-politics-of-memory-in-cote-divoire/

Translated from English by Maymouna KA