Pétition pour amnistie générale : Le Forsci prêche dans les camps de réfugiés au Ghana

Wednesday, 07 March 2018 09:49 Written by  Kanigui Sékongo Published in Politique Read 265 times
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Deux mois après son passage au Ghana pour y rencontrer les exilés ivoiriens dans ce pays de l’Afrique de l’ouest, Pulchérie Gbalet, présidente du Forum des organisations de la société civile ivoirienne (Forsci) a repris son bâton de pèlerins (du 2 au 4 mars 2018) pour rencontrer une nouvelle fois, ces derniers dans le but de leur exposer son initiative de signature d’une pétition en vue d’une amnistie générale après la grave crise post-électorale que la Côte d’Ivoire a connue, entre 2010 et 2011. Au camp d’Ampain, plus grand camp des exilés qui accueille plus de 6.000 Ivoiriens, Gbalet a exposé le bien-fondé de sa mission. «Nous sommes venus vous rencontrer afin de vous exposer cette pétition pour une amnistie générale. Notre pays a traversé la crise et jusqu’aujourd’hui, il n’a pas trouvé la paix. La justice qui a cours est la justice des vainqueurs, pendant que d’autres Ivoiriens qui ont souffert pendant cette crise réclament cette justice en vain. Pour éviter que nous soyons perpétuellement dans cette situation, nous préconisons une amnistie, afin que le pays tire un trait sur tout cela et que le pays retrouve son unité d’antan», a expliqué Mme Gbalet devant une assistance d’une centaine d’exilés. Tour à tour, ceux-ci ont exprimé leurs réserves et souhaité plus d’éclairage sur le projet. Car pour eux, la réconciliation en terre ivoirienne ne sera pas avec un seul, mais entre deux. Ce qui suppose la présence de l’ancien président Laurent Gbagbo, dont ils souhaitent la libération, ainsi que celle de nombreuses personnes, injustement détenues à Abidjan et à l’intérieur du pays. «Si vous voulez que votre message soit entendu, nous vous recommandons de signer cette pétition, pour que nous société civile ayons un moyen de pression sur les autorités actuelles. Plus nous sommes nombreux à demander une amnistie générale, plus le pouvoir sera dans l’obligation de donner une suite favorable à notre requête. C’est ensemble que nous pouvons réussir ce pari», a laissé entendre la présidente du Forsci, qui avant son départ du camp, a fait don de vivres aux réfugiés.

Forsci: porter la voix du peuple

 Après quoi, cap a été mis sur le camp d’Egyiekrom, où 4.000 Ivoiriens sont réunis. A la salle de jeu de ce camp des réfugiés, la délégation du Forsci a pu s’entretenir avec les exilés, avec à leur tête le président du camp, Jean-Michel Dayoro. Sur ce site, le message de Pulchérie Gbalet a été le même face à un auditoire qui a écouté religieusement son hôte. Là aussi, les uns et les autres se sont montrés réservés. Car pour eux, la pétition est certes une belle initiative, mais ils ne trouvent pas en Ouattara, le chef de l’Etat ivoirien, un homme politique capable de donner une suite favorable à une telle initiative. «Vous savez que Ouattara n’écoute personne. Les chancelleries sont muettes devant ses agissements. Comment allez-vous vous y prendre pour faire changer les choses», a demandé un réfugié. En réponse, Mme Gbalet a estimé cela ne coûte rien d’essayer. Selon elle, face à la démission des partis politiques, la société civile restait l’unique alternative pour porter la voix du peuple ivoirien et qu’il fallait aussi faire confiance au Forsci pour faire aboutir le combat de la libération des prisonniers et des leaders (Gbagbo et Blé Goudé) incarcérés et jugés à la Cour pénale internationale.

 

Kanigui Sékongo