Laurent et Simone Gbagbo...: AU PIÈGE DU COUPABLE IDÉAL, Par Ferro Bally

Tuesday, 14 November 2017 08:07 Written by  FERRO M. Bally Published in Politique Read 602 times
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La nébuleuse internationale et, pour paraphraser Amadou Soumahoro, ex-secrétaire intérimaire du RDR, son «pipi» ivoirien, le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP, coalition aujourd’hui au pouvoir), ont dressé de Laurent Gbagbo et de son épouse Simone Ehivet (photo) l’image de monstres.

Blaise Compaoré, l’ex-président burkinabé devenu Ivoirien par la force des situations politiques, a comparé son homologue ivoirien à Slobodan Milosevic, baptisé «le boucher des Balkans» par la presse occidentale.

Le procès des «On m’a dit»
En compagnie de Charles Blé Goudé, leader de la Galaxie patriotique, Laurent Gbagbo est détenu depuis bientôt six ans à la prison de Scheveningen, à La Haye. Il comparaît devant la Cour pénale internationale (CPI) pour «quatre chefs de crimes contre l’humanité»: meurtre, viol, autres actes inhumains et persécution lors de la crise post-électorale ivoirienne (décembre 2010 à avril 2011).

La liste des témoins de l’Accusation est en train de s’épuiser et le moins que l’on puisse dire, c’est que Gbagbo est en prison pour rien. Certains des témoins, nourris au lait de la propagande et des préjugés, se sont contentés des a priori, des Oui dire et des «On m’a dit» sans étayer leurs allégations par des preuves tangibles et irréfutables.

D’autres ont été simplement mis au rang des «hostiles» par le Bureau de la procureure Fatou Bensouda. Ils ont démonté toutes les accusations qui ne reposent sur rien de probant.

Mieux, de Philippe Mangou, chef d’état-major des Armées, à Firmin Détho Létoh, commandant des Forces terrestres, en passant par Brédou Mbia, directeur de la Police nationale, Edouard Kassaraté Tiapé, commandant supérieur de la Gendarmerie nationale, et Georges Guiai Bi Poin, commandant de l’Ecole nationale de Gendarmerie et du Centre de commandement des opérations de sûreté (CeCOS), les accusations s’effondrent comme château de cartes.

Tous ces généraux des Forces de défense et de sécurité (FDS, forces régulières sous Gbagbo) qui ont tous, à l’exception de Guiai Bi, fait allégeance à Ouattara depuis avril 2011, ont battu en brèche tout le dossier de la procureure.
Il n’y a jamais eu de Plan commun à l’effet de maintenir coûte que coûte Gbagbo au pouvoir en procédant systématiquement à l’extermination des partisans d’Alassane Ouattara, surtout qu’ils ont tous dénoncé le criard sous-équipement des armées en munitions et en matériels de guerre durant leurs comparutions.

«Notre mission était de sécuriser les populations», ont-ils tous défendu. C’est pourquoi eux tous ont reconnu que Gbagbo a refusé de répondre favorablement à la demande du CEMA Mangou qui proposait de faire de la commune d’Abobo, aux mains d’une branche de la rébellion armée appelée Commando invisible, zone de guerre.
Les FDS n’ont donc ni réprimé, le 3 mars 2011, la présumée marche des femmes ni bombardé, le 17 mars, le marché Siaka Koné de ladite commune.

«Nous avons fait des tests pour déterminer s’il y avait des traces de sang. Nous avons vu des taches suspectes sur le t-shirt, et nous avons donc effectué des tests pour déterminer si c’était du sang, et tous les tests étaient négatifs»
Les experts en ADN et en balistique sollicités par la CPI abondent dans le même sens, trahissant manipulation et montage pour atteindre des objectifs. La fin ne justifie-t-elle pas les moyens ?
«Nous avons fait des tests pour déterminer s’il y avait des traces de sang (sur le corps des sept femmes prétendues tuées à la marche du 3 mars 2011 à Abobo, ndlr). Nous avons vu des taches suspectes sur le t-shirt, et nous avons donc effectué des tests pour déterminer si c’était du sang, et tous les tests étaient négatifs», a déclaré le lundi 29 mai 2017, le Néerlandais Atte Kloosterman, scientifique médico-légal et expert en ADN, avant de poursuivre: «Une personne qui porte un t-shirt, on s’attend à ce qu’il y ait des traces d’ADN sur son propre t-shirt. Nous avons donc sécurisé l’objet en question et nous n’avons pas pu extraire d’ADN sur ces portions du t-shirt à des fins d’analyse ADN».
Donc, nous sommes en présence d’un tee-shirt qui porte des traces qui ressemblent à du sang sans être du sang.

« il n’y a rien qui puisse confirmer qu’il y a eu des explosions d’obus de 120 mm »
«Sur la base des informations, je peux confirmer que les faisceaux sont compatibles mais il n’y a rien qui puisse confirmer qu’il y a eu des explosions d’obus de 120 mm», a soutenu Fitzgerald Finch, expert en balistique, prenant le contrepied de supposés enquêteurs de l’ONU qui affirmaient que sur le terrain, au moment des faits, six tirs au mortier auraient été initiés «à partir d’un camp militaire des forces loyales à Laurent Gbagbo», ayant entraîné la mort d’au moins 25 civils et fait une quarantaine de blessés.
Avant même la comparution des témoins de la Défense à compter de janvier 2018 (probablement), il faut se rendre à l’évidence que Fatou Bansouda a juridiquement perdu le procès à La Haye. C’est le message clair que la Justice ivoirienne envoie à la CPI.

D’un, le tribunal militaire d’Abidjan a purement et simplement acquitté, le 16 mars 2015, le Commandant Gnahoua Dabley et le MDL-chef Kamana Tanoh Brice-Eric «pour des faits non établis» dans la farce du marché d’Abobo.

De deux, deux ans plus tard, soit le 28 mars 2017, devant la Cour d’Assises d’Abidjan, Mme Simone Ehivet Gbagbo bénéficiait d’un non-lieu dans les accusations, les mêmes que celles à la CPI, de crime contre l’humanité lors de la crise post-électorale 2010-2011.
Cerise sur le gâteau du montage orchestré pour démolir Gbagbo. Ouattara l’a inculpé pour crimes économiques: vol aggravé, détournements de deniers publics, concussion, pillage et atteinte à l’économie nationale. Premières réponses à ces accusations: Laurent Gbagbo a été déclaré «indigent» par la CPI.

…Aucune trace d’avoirs attribuables à Laurent Gbagbo dans aucun pays africain ou occidental ni dans aucun paradis fiscal.
En dehors de son seul compte bancaire saisi à Abidjan, les investigations de l’enquêteur financier de la CPI sont formelles: aucune trace d’avoirs attribuables à Laurent Gbagbo dans aucun pays africain ou occidental ni dans aucun paradis fiscal.
Le ridicule ne tue pas heureusement, mais le coupable idéal de toute la manigance internationale que l’on a livré à la vindicte mondiale est en train de donner des migraines à ses accusateurs comme si l’arroseur finira par être arrosé. Et alors, rira bien qui rira le dernier.

Par FERRO M. Bally