Scandale: Ouattara rencontre Bensouda à New York pour tenter de faire échouer la libération de Gbagbo en l'accusant de faux complots

Wednesday, 20 September 2017 08:06 Written by  Michèle Laffont Published in Politique Read 2995 times
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Alassane Ouattara, aux Etats unis pour participer à la 72e assemblée générale de l’ONU à New York, rencontrera en marge Fatou Bensouda, selon une source digne de foi.
La rencontre entre le Président ivoirien et la procureure en chef de la Cour pénale internationale aura lieu le jeudi 21 septembre prochain dans un grand hôtel New yorkais, à la mi-journée, toujours selon notre source.
Au menu de leur rencontre, les récentes attaques armées en Côte d’Ivoire dont Ouattara pense que des pro-Gbagbo en sont les principaux instigateurs.
Le Président ivoirien qui a publiquement accusé des proches du Président Laurent Gbagbo, notamment son gendre Stéphane Kipré, président de l’Union des nouvelles générations, et Damana Pickas, vice-président du Front populaire ivoirien, donnera ses preuves dont personne n’a jamais vu la teneur, à la procureure en chef de la Cour pénale internationale.

Il entend selon certaines indiscrétions, lui remettre les preuves de l'implication des partisans du président Gbagbo dans les récentes attaques armées en Côte d'Ivoire contre son régime.
Le but de la manœuvre est évident : faire échouer la libération provisoire que la CPI s’apprête à accorder à Laurent Gbagbo, laquelle sauf coup de théâtre, devrait vraisemblablement intervenir avant la fin de l’année. Toute chose que le président ivoirien veut l’éviter à tout prix. Selon une source proche du palais, cette éventualité serait son pire cauchemar.
Raison pour laquelle il veut l’empêcher à tout prix, d’où la rencontre cruciale avec Fatou Bensouda jeudi prochain à New York.
L’idée est de convaincre la procureure de la CPI que Laurent Gbagbo, depuis sa cellule, commanditerait des attaques armées contre son régime via ses proches. Et que sa libération serait une grave menace pour sa sécurité.
Le cas des mandats visant Guillaume Soro et certains anciens chefs de guerre devrait aussi être évoqué lors de cette rencontre.

Pas sûr que la manœuvre d’accuser Gbagbo marche cette fois car la violence en Côte d’Ivoire, tout le monde s’en est rendu compte, est le fait des proches du pouvoir. Quand Soul to Soul, directeur du protocole de Guillaume Soro, se fait prendre en flagrant délit avec une dizaine de tonnes d’armes dans sa résidence de Bouaké, il n’est pas du tout inquiété.
Quand les soldats mutins lourdement armés qui tirent de Bouaké à Abidjan sur le pouvoir, ils sont grassement payés à des millions pour qu’ils retournent dans leurs casernes.
Quand les voyous microbes assassinent au couteau ou à la machette les populations et même les policiers, ils ne sont pas inquiétés. Sans oublier les policiers et CRS qui ont fait de la répression sanglante des des étudiants sur le campus, leur jeu favori.
Mais la plus grave menace du régime semble aujourd’hui être Guillaume Soro, le véritable chef de l’armée ivoirienne, qu’on dit très proche des soldats mutins de Bouaké.
En effet, la guerre larvée entre le chef de l’Etat et le président de l’assemblée nationale a atteint de telles proportions que tout le monde redoute à tout moment une très grave déflagration avec des conséquences incalculables sur la stabilité du régime.
La menace contre le régime Ouattara, comme on le voit, n’est pas à chercher du côté de Gbagbo où de ses proches. Elle se situe au cœur même du régime.
La chambre d’appel de la Cour pénale internationale s’en est rendu compte quand elle a renversé la décision de refus de libérer Gbagbo de la chambre de première instance, en lui intimant l’ordre de reconsidérer sa position dans les plus brefs délais.

Michèle Laffont
Correspondante permanente aux Pays Bas