Côte d’Ivoire: La rébellion des «longs boubous» et apatrides.

Tuesday, 19 September 2017 08:10 Written by  Bailly ferro Published in Politique Read 2229 times
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Il y a quinze ans, des détonations de fusil et des rafales de kalach et autres armées sophistiquées retentissaient et endeuillaient la Côte d’Ivoire. Au lieu des «Zinzins» et «Bahéfoués» annoncés qui auraient entrepris de renverser le pouvoir Gbagbo afin d’obtenir leur intégration dans l’armée régulière, c’étaient des porteurs de «longs boubous», si l’on en croit tous les propagandistes de la Case (emblème du RDR), et les apatrides ou prétendus tels de la sous-région, qui s’étaient unis derrière Soro Kigbafori Guillaume, le prête-nom. Ils déclenchaient dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002 une rébellion armée à l’effet de porter au pouvoir leur porte-étendard, Alassane Dramane Ouattara, «Ivoirien un jour pair et non Ivoirien un jour impair», selon Aimé-Henri Konan Bédié. Objectif atteint le 11 avril 2011 à l’issue du plus long coup d’État au monde.

«Il y a 10 ans, un Dioula n'avait pas le droit de porter un boubou dans ce pays. C'est grâce à Ouattara que cela est possible aujourd'hui», affirmait, le 13 mai 2017 et en en langue locale malinké, Amadou Soumahoro, alors secrétaire général intérimaire du RDR pour rappeler à l’ordre les soudards mutins. «Alassane nous a donné la liberté de mouvement, de nous habiller dans la tenue de notre choix et de faire nos prières dans la sérénité», a déclaré Adama Tounkara, le député-maire de la commune abidjanaise d’Abobo, le 3 septembre 2017.

Ce n’est pas tout. La loi n° 2013-653 du 13 septembre 2013 portant dispositions particulières en matière d’acquisition de la nationalité ivoirienne par déclaration sur la nationalité a permis aux requérants de bénéficier de la nationalité ivoirienne «par déclaration» en lieu et place de la procédure de naturalisation, en vigueur, jusque-là. Ainsi, environ douze mille présumés apatrides, c’est-à-dire des personnes nées en Côte d'Ivoire de parents étrangers et âgées de moins de 21 ans révolus à la date du 20 décembre 1961 qui ont souscrit, ont été déclarées «ivoiriennes» de plein droit. Quinze ans plus tard, le visage de la rébellion armée, de héros quand il tirait les marrons du feu est devenu paria et indésirable en raison de ses ambitions et velléités présidentielles. Jugé trop pressé par les uns et opportuniste par les autres, il est devenu une brebis galeuse qui n’est plus en odeur de sainteté. Il n’y a qu’un seul capitaine dans le navire auquel il ne faut pas porter ombrage.

 

Par Bailly ferro